‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 248 sur 539 · Confessionum lib. VU, cap. xii · texte numérisé non relu

Confessionum lib. VU, cap. xii

allant ainsi vers la fin qui leur est assignée dans le gouvernement général de l'univers ; de telle sorte toutefois que le dernier degré de dissolution des natures muablcs et mortelles n'aille pas jusqu'à réduire Tétre au néant et à empêcher ce qui n'est plus de servir de germe à ce qui va naître *. » En tant qu'elles ont de réti*e, ces natures muables et mortelles sont bonnes; en tant qu^elles manquent d'être, elles témoignent qu'elles n'ont pas été engendrées de Dieu, mais faites par lui de rien^. Être, en efiet, est un bien. Or, tous les biens, dès lors qu'ils ne sont pas le bien suprême, soit qu'ils se rapprochent de ce bien suprême, soit qu'ils s'en éloignent, ne peuvent être que par ce suprême bien ^. — Autre démonstration. — aToute nature, en tant que nature^ estbonne. Car, si elle est incorruptible, elle est meilleure qu'une nature corruptible; et si elle est corruptible, puisque, en se corrompant, elle devient moins bonne, sans aucun doute elle est bonne. Mais toute nature est corruptible ou incorruptible. Toute nature conséquemment est bonne, et par nature il faut entendre la substance. Or, toute substance ou est Dieu^ ou est de Dieu, parce que tout bien ou est Dieu ou est de Dieu ^. »

c( Et qu'on ne dise pas : Dieu n'avait qu'à ne pas faire des natures corruptibles. Car, en tant qu'elles sont natures. Dieu les a faites; mais, en tant qu'elles sont corruptibles. Dieu ne les a pas faites, la corruption ne pouvant venir de lui, qui seul est incorruptible... Lorsqu*ou

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