Contra Julianum Pelagianum, lib. IV, eap. m
soient dignes d'éloge, il faut que la fin à laquelle elles se rapportent, c'esirà-dire Fintention dans laquelle nous agissons, soit non-seulement innocente , mais loua-^ Ue'.D
Négligez ce principe salutaire et vous courez aux plus étranges conséquences.
« On devra dire que les avares ont des vertus vérita» blés, parce qu'ils sont prudents a imaginer les moyens d'amasser des richesses. .. Catilina n'aura été rien moins que vraiment juste, en étendant son amitié à un grand nombre de scélérats, en les couvrant de sa protection, en partageant avec eux tout ce qu'il avait. • . Qu'on le comprenne donc, ce n'est point par l'action, mais par l'intention que les vertus doivent être distinguées des vices. L'action est ce qu'il faut faire; l'intention est la fin pour laquelle on agit. C'est pourquoi, lorsqu'un homme fait quelque action où il semble ne pas pécher, s'il ne la fait pas pour remplir son devoir, il pèche néanmoins.... Isoler la vertu de l'intention^ c'est à l'exemple d'Épicure, ne plus voir dans les vertusqueles servantesde la volupté, ne plus leur assigner d'autre fin que la recherche ou la jouissance du plaisir... Ainsi, les vertus qui ont pour objet les délectations charnelles, ou des avantages et des émoluments purement temporels , ne peuvent absolument pas être de vraies vertus. Et quant aux vertus qui ne se proposent aucun objet, elles ne sont pas non plus de vraies vertus. Les vraies vertus, chez les hommes, ont pour objet Dieu, par qui elles sont données aux hommes.... En un mot, tout ce qui est fait de bien par