‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 305 sur 539 · ma., ibid · texte numérisé non relu

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des facultés inteUectuelles et morales de l'homme. C'était là, la chose deyançaDt le mot, l'espèce de semi-pélagianisme qu'on devait lui reprocher plus tard, et dont lui-même eut si fort à cœur de se défendre.

Effectivement, Célestius et Pelage ayant paru, le langage de l'évéque d'Hippone à l'endroit de la liberté prend un sens encore plus restrictif.

Célestius prétendait qu'Adam, par son péché, n'avait nui qu'à lui-même, et que la mort, pour l'homme, n*était pas une punition, puisque l'homme est né mortel.

Pelage accordait, il est vrai, que la mort est entrée dans le monde avec Adam , mais il entendait la mort purement spirituelle. Suivant lui, la nature n'a pas été viciée par Adam. Le péché a sa racine dans la concupiscence, et non dans l'hérédité. Le péché s'est tourné en habitude, mais leprotoplaste n'a nui à la postérité qu'en tant qu'il lui a donné un mauvais exemple.

En face de ces assertions, Augustin af&rme, au contraire , que le genre humain tout entier a été corrompu dans le premier homme. Et il ajoute non-seulement, comme au début de ses luttes, que la liberté de l'homme a subi un déchet considérable, mais que l'homme n'a plus conservé de liberté que pour le mal. Il suit de là que le secours de la grâce est indispensable à l'homme pour opérer le bien.

a Avouons sans doute que nous avons un libre arbitre pour faire le bien et le mal. Mais c'est pour faire le mal qu'est libre tout homme qui est esclave de la justice et du péché; quant au bien, nul n'est libre, excepté

ili CHAPITRK V.

c^lui qui aura été délivré par Celui qui a dit : « Si mon Fils vous délivre, alors vous serez vraiment libres', d

Coopérante, cette grâce, d'ailleurs, est prévenante et gratuite ; car c'est là une dernière erreur où se réfugient les Pélagiens. Ils professent que, quoique la grâce ne loit pas donnée selon les mérites des bonnes œuvres, elle est donnée cependant suivant les mérites de la bonne volonté, qui précède, chesK celui qui croit et qui prie^.

Augustin répudie de pareilles maximes. Évidemment, ft sous le nom de grâce, ce n'est point la fatalité qu'affirment les catholiques, non plus qu'ils ne veulent pas dire que Dieu fasse acception des personnes ; mais ils tiennent qu'en réalité la grâce de Dieu n'est pas donnée selon les mérites des hommes, et que le premier désir du bien est inspiré par Dieu, de telle sorte que l'homme ne commence absolument pas à se tourner du mal au bien, si cela n'est opéré en lui par la miséricorde spon*^ tanée et gratuite de Dieu ^ y> Ainsi « la foi prie, qui a été donnée à celui qui ne priait pas, et si elle ne lui eût pas été donnée, il ne pourrait pas prier ^. »

U Ih C9nepîi9m et Graiia, lib. I, eap. I.

3. De Gratta et Ubero ÀrbitriOt lib. 1. Cf. De Dûm Perseverantim liber, cap. xi. « Tria iimt, qux maxime adversus Pelagianos Catholica défendit Eceleeia : quorum est unum, gratiam Dei nonsecundum mérita Moxfra iarif quoniam Dei dona ennt^ et Dei gratia cmiferuntur etiam wierita univerea juitorum t alterum eet, in quantacumque jusiitia, tint qualibuêcumque peccatis in hoc corruptibili corpore neminem vivere t tertium est, obnoxium nasci hominem peccato primi hominiSf et vinculo damnatlonh ob$trictum, niti reatus, qui generatione contrahitur, regeiifr«ll0Ne êôlvatitf, »

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