‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 79 sur 539 · De Vera Religione cap. xxxii · texte numérisé non relu

De Vera Religione cap. xxxii

î. Confesvontim , lil). IV, cap. xv.

avec UD manteau, rharmonie et la cadence de ses mouvements ne seraient point faites sans doute pour offenser les yeux ; car les yeux ne pourraient être offensés que par des mouvements disgracieux... Mais parles yeux il offenserait Tintelligence qui attacherait à ces mouvements une signification. Autre chose donc est le sens, autre chose ce qui nous arrive par le sens; un beau mouvement caresse agréablement le sens ; mais, à travers le sens, c'est l'esprit seul qui est charmé par la beauté qu'il découvre dans le mouvement ^ )»

Ce qui fait la beauté dans les arts, est cela même qui fait la beauté dans la nature. C'est le nombre, c'est Tunité qui se révèle à l'esprit.

a Considérez le ciel, et la terre, et la mer, et toutes les choses qui y brillent au-dessus de nous, ou tous les êtres qui, au-dessous, rampent ou volent, ou nagent; tous ces êti*es ont des formes parce qu'ils ont des nom* bres; ôtez-leur ces nombres, et ils ne seront rien. Autant ils ont de nombre, et autant ils ont d'être. Portez ensuite vos regards sur les formes corporelles que produit l'artiste. N'y a-t-il point dans son art des nombres auxquels il adapte ses ouvrages? Ses mains, les instruments dont il se sert, il meut tout cela jusqu*à ce qu'il soit parvenu à réaliser, autant qu'il en est capable, l'œuvre extérieure qu'il a entreprise en conformité avec la lumière des nombres qu'il porte au dedans de lui, et qu'il ait satisfait, par l'intermédiaire des sens, le juge intérieur qui contemple les nombres d'en haut *. »

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