T.pht. VII, Nebridio, Ciip. I
AugustiD ne se contente même pas de découvrir da ns la mémoire l'idée du Dieu de la raison. Faculté maltresse, pour ainsi parler, la mémoire, suivant lui, engendre Tintelligence, puis se trouve unie à Tintelligence par la volonté qui procède de Tune et de l'autre. Comment, dès lors, Tétude de la mémoire, la considération de ses déploiements ne porterait-elle pas Tesprit à la conception du Dieu de la révélation, de la divine Trinité^?
Assurément, on ne saurait agrandir davantage l'analyse, en elle-même, ce semble, assez circonscrite, de cette faculté qui s'appelle la mémoire.
Cependant, des sublimes hauteurs où il s'est placé, Augustin ne laisse pas que de démêler avec une sagacité rare les conditions et les lois de la mémoire.
La mémoire s'exerce, soit spontanément, soit sous l'influence de la volonté. Or, qui ne comprend tout ce que vaut cette influence, qui est attention?
a Je veux, je suppose chanter un cantique que je sais, écrit l'évêque d'Hippone. Avant de commencer, je l'embrasse tout entier d'avance par l'attente. Aussitôt que j'ai commencé, tout ce que j'en laisse tomber dans le passé, enrichit le domaine de ma mémoire; et la vie de ma pensée, dans cette action, se partage entre le souvenir de ce que j'ai dit et l'attente de ce qui me reste à dire. Cependant mon attention est toujours présente : c'est elle qui doit traverser ce qui est futur pour devenir passé. Plus j'avance dans ce chant, plus l'attente diminue, plus la mémoire s'augmente, jusqu'à