SUR L'ATHÉISME
Mes frères,
Puissent mes paroles passer de mon cœur dans le vôtre! Pnissé-je écarter les vaines déclamations, et n'être point un comédien en chaire qui cherche à faire applaudir sa voix, ses gestes et sa fausse éloquence ! Je n'ai pas l'insolence de vous instruire; j'examine avec vous la vérité. Ce n'est ni l'espérance des richesses et des honneurs, ni l'attrait de la considération, ni la passion effrénée de dominer sur les esprits, qui anime ma faihle voix. Choisi par vous pour m'éclairer avec vous, et non pour parler en maître, voyons ensemhle, dans la sincérité de nos cœurs, ce que la raison, de concert avec l'intérêt du genre humain, nous ordonne de croire et de pratiquer. Nous devons commencer par l'existence d'un Dieu. Ce sujet a été traité chez toutes les nations ; il est épuisé: c'est par cette raison-là même que je vous en parle ; car vous préviendrez tout ce que je vous dirai ; nous nous affermirons ensemhle dans la connaissance de notre premier devoir ; nous sommes ici des enfans assemblés pour nous entretenir de notre père.