‹ La philosophie de VoltaireChapitre 56 sur 196 · LIVRE I. - DE DIEU · texte numérisé non relu

LIVRE I. - DE DIEU

des gens riches , amoureux du repos, cultivant toutes les vertus sociales et surtout Famitié , fuyant Tenabarras et le danger des affaires publiques, menant enfin une vie commode et innocente. Il me paraît qu'ainsi la dispute est finie quant à ce qui regarde la société et la politique.

Pour les peuples entièrement sauvages, on a déjà dit qu'on ne peut les compter ni parmi les athées ni parmi les théistes. Lenr demander leur croyance, ce serait autant que leur demander s'ils sont pour Aristote ou pour Démocri le : ils ne connaissent rien; ils ne sont pas plus athées que péripatéticiens.

Mais on peut insister; on peut dire : Ils vivent en société, et ils sont sans Dieu ; donc on peut vivre en société sans religion.

En ce cas je répondrai que les loups vivent ainsi, et que ce n'est pas une société qu'un assemblage de barbares anthropophages tels que vous les supposez ; et je vous demanderai toujours si, quand vous avez prêté votre argent à quelqu'un de votre société, vous voudriez que ni votre débiteur, ni votre procureur, ni votre notaire, ni votre juge, ne crussent en Dieu.

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