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CHAPITRE IL

Que, derrière toutes les objections qui se produisent, il y a une objection

qui tient à se cacher.

D. Quelle est cette objection qu'on pourrait appeler honteuse?

B. Vous avez pu voir, dans le chapitre précédent, que le but commun des objections est de sauver notre at^^onomte, c'est-à-dire le droit de nous gouverner nous-mêmes, de vivre à notre gré. On veut une religion, et on lui fera tous les sacrifices, excepté le sacrifice de soi. Ce qui nous heurte dans le Dieu catholique, c'est qu il nous dit : Que celui qui veut venir après moij se renie lui-même^ embrasse sa croix^ et qu*il me suive, moiy qui me suis fait obéissant jusqu'à la mort ! Et en preuve de ce reniement par lequel nous renonçons à nous conduire par nos propres lumières, Jésus- Christ exige que nous soumettions le gouvernement intérieur de notre àme au contrôle de ceux à qui il a dit : Vous êtes la lumière du monde, le sel de la terre; tout ce que vous lierez et délierez sur la terre, sera lié et délié dans

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le ciel ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les aurez remis y retenus à ceux à qui vous les aurez retenus j etc.

Le gotirerhement dêis âmds, Finspectiôii Ses consciences ! voilà éé que la religion ^tholiqûe ose demander .'et Toui ce qui ameute contre elle tant d'insurgés au dedans et au dehbrs. L'éternelle objection des maii vais' catholiques et des gécteteurs du rationalisme î)iblïque où philosbpiifqùe n'œteïle pas celle-ci : « "Le for de la conscience ne cjoit ^trë ouvert qu'à "Dieu. Celdi qui croit à l'obligation d^y injÈrpduire un inspecteur liumain abdique sa digniié d'homme, et la i*élip:ibn qui commande un tel sacrificë^^est une al)runssantè tjrranme? »

* ï). 'Oui; et si cette objection est celle dont vous voplez parler dans ce chapitre, vous avez tort de dire qu'elle ùent à se cacher.

R. Cette objection n'est encore qu'une comparse^ une figurante, dans le copab^t .contre la ^vaie religion. Croyezle bien : on ne fait appel au gouvernement direct de Diea que pojar se délivrer de son gouvernement indirect par le prêtre ; et on ne vise à se débarrasser de son gouvernement indirect que pour échapper à tout gouyer^empnt divîn et dire : J 'entends être libre dé penser et de faire ce

cœur^ ne s'y

eux (1). Jésus-Christ dit aussi à se^ ministres : Qui vouf itduïe,' m'écoute, et qui vous méprise, 'rh'e ^méprise. Et qut mé méprise, méprise celui qui m a envoyé (2). ^ ti'cJbjecti'oii riière qui pousse pn ayant toutes les autres et qài se cache tantijù'eTÎè peut* dans le fonrf âe f âme, éSt

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(1) IReg.,Vni,7,

UTRE IV. 423

désir de notre divinité propre, un je ne sais quoi qui nous porte à jalouser, puis à nier l'être Très-Haut qui nous dit :

« Je suis celui qui est y l'auteur, le maître absolu de toutes

les existences ; hier vous n'étiez qu'un néant, et si 'aujourd'hui vous êtes quelque chose, c'est qu*^il m'a plu qde Vous fussiez. » Si incontestable qu'elle soit , cette idée de notffe néant et de notre dépendance nous humilie, nous irrité, et nous sommes tentés dé répondre : Nos facultés sont 9f noiis^ nous en tirerons gloire; qui donc peut se dire hotte maUre{\)^ "• " " "*^\'"

Très-peù d'esprits sans doute, même parmi les plus audacieux încréduléïs, osent jeter à Dieu une déclaration 'de guerre aussi franche. Avant d'en venir à cette extrémité, on; parlemente longtemps. On lui dit: « Sois raisonnable, modéré dans tes demandes : règne en maître dans lés cieuxl règne aiissi sur rtinivers matériel, dans lequel tuas établi un sîbël ôrdi'e et que nous sommes impuissants à gouverner. Tu auras des temples somptueux, et toute bouche célébrera tes louanges. Mais laisse-nous un peu' de liberté, ne contrarie pas les penchants que nous croyons teùîr 6.é toi, piuîs^'ils naissent avec nous. En nous ordonnant (le côtaAattreen nous le vieil homme y de crucifier noire chair avec ses convoitises, tu nous donnerais lieu de penser que tû n'es pas le Dieu bon,' le seul qui nous plaise. »

Que sont* ïoûtés les religions dfe Ttinivers, hors la vraie ? Des tranfeactions , des traités de paix par lesquels les hommes ont voulu sauver leurs passions en les imposant à là Divinité et en lui àisaût : Nous ne fadorèrons qu'autant que tu seras a notre 'image. Cela est vraij et des cultes ido-: fâtriques qui ne furent et ne sont encore que l'adoration des passions Humaines', et 'lies cultes ptétetidus chrétîëiiô qui se fondent sur lé principe du libre examen. Qu'est-ée en effet qtié lé partisan dé là Bîble-religion ? C'est un homm'é îftvèslî âti ^roït de îi'accepfer 'd^àiitrè loi religieuse que

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