‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 210 sur 230 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

doce, nos instituts religieux d'hommes et de femmes, et qui de là débordent sur nos innombrables associations de bienfaisance, entre autres, ces Conférences de Saint-Vincent de Paul, qu'on peut appeler le tiers ordre de la charité ca-* tholique.

Quel est le résultat social de cette conjuration incessante et universelle contre Fégoïsme? C'est le rapprochement des diverses conditions, Fesprit mutuel de bienveillance, l'absence de ces inégalités excessives et révoltantes, en matière de rang et de fortune, que Ton observe dans les États protestants, notanmient en Angleterre (1). La classe aisée, beaucoup moins tourmentée du besoin de spéculer et de s*enrichir encore, facilite aux classes inférieures les approches de la richesse, et n'attend pas les injonctions du magistrat pour aller au secours des indigents. Le propriétaire opulent, qui habite un château, souffre volontiers des chaumières dans son voisinage, et il ne réduira pas, comme on fait ailleurs , les fermiers et les petits propriétaires à la dure nécessité démigrer ou de mourir de faim , en leur disant : <x Yous ne faites que végéter et entretenir la misère dans le pays ; allez faire fortune ailleurs ; voilà vos frais de voyage : j'ai besoin de vos terres pour agrandir mon parc et augmenter mes troupeaux. »

Il y a de la place pour tous au soleil catholique : si les montagnes d*or y sont moins fréquentes, moins élevées, les abimes du paupérisme y sont aussi moins profonds, moins désespérants. De cette répartition plus large, plus équitable, delà richesse, il résulte, il est vrai, une sorte de médiocrité générale qui trompe les observateurs superficiels et accrédite cette erreur , que le protestantisme a favorisé chez ses sectateurs le développement du bien-être général. — Le bon sens dit que les nations les plus riches sont celles qui ont le moins d'indigents.

(1) « U n*y a pas de contrée au monde où les diverses régions de la société soient séparées par de plus grandes distances. » Études sur VAngl., t; 1, p. 50.

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