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|)as pour y faire pâoiétrer le grand jour. On les couvrirait d'éloges, leur nom s^ait dans tontes les bouches , leurs li* vres dans toutes les biUiothèques ; mais du petit nombre de ceux qui écouteraient ou liraient leur parole , les trois quarts regretteraient de voir tant de génie se vouer à la d^ense d*une cause perdue.
Il n'y a pas la moindre exagération dans ce portrait de l'Europe littéraire pour ceux qui Font un peu étudiée.
Or, nous pouvons déjà admirer le résultat de l'éloqu^M^e et du génie des Bossnets du socialisme (qu'on me pardonne l'expression). C'est à la puissance de leurs sommations que nous sommes redevables du réveil religieux de la France et de la chute des liens séculaires qui entravaient l'action du sacerdoce catholique en Allemagne. Les scènes de révolte, de pillage et de meurtre par lesquelles le fléau s'est annoncé au delà du Rhin, ont &it rappeler de l'exil ea grande hâte les missionnaires jésuites, rédemptoriens, etc. Et parce que les populations soulevées par le souffle du socialisme se sont apaisées à leur voix et sont redevenues des agneaux , nous voyous en ce moment le fanatisme piétiste et la bureaucratie protestante se remettre de lenrs frayeurs et machiner de nouveau l'expulsion des misâonuaires catholiques. S'ils réussissent , le Christ dira de nouveau à la tempête : Souffle de plus fort, et brise ce que tu n'avais qu'ébranlé I
Le fléau du socialisme est donc l'ange exterminateur des préjugés, des passions, des intérêts infinis qui s'opposent au triomphe du catholicisme dans les classes influentes. C'est lui qui les amènera à brûler de leurs mains ce qu'elles ont adoré, à adorer ce qu'elles ont conspué et brûlé. Nous lui devrons la première condition du salut spirituel et tem* porel de l'Europe, la conversion de la bourgeoisie.
D. Il y en a qui pensent qu'il serait plus facile de la conduire au tombeau que de la ramener à l'Église, et que la mission du socialisme serait de préparer l'avènement de la démocratie chrétienne sur les ruines d'une bourgeoisie irrâigieuse et indifférente.
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B. Cest là rMée des mfantg du tonnerre, qui appellent le feu du ciel sur font ce qui leur résiste (1), et des enfanU de TûbêtracHon , qui croisât possible ane d^nocratie sans aristocratie. Le Père des peuples n'a ni riramear massacrante des premiers , ni les vnes cbiinériqaes des seccmds. n n'abolira pas la loi fondamentale qu'il a donnée à la société ; loi de biârarchie et de subordination, par laquelle il Tcut que les hommes soient procréés et gouvernés les uns par les autres ; loi teUement immuable que, si le goire humain était réduit à trois indiridus issus du même sein , il s'y trouTerait une inégalité d'aptitude et de forces qui en porterait deux à dire h l'autre : Sois notre dief ! et que edui-d dirait à Fun des deux : Sols mon ministre!
Une société sans aristocratie quelconque étant aussi introuTable qu'une famille sans cheft, sans aînés, qu'un corps Tirant sans tête , et Tinflnence des classes élevées sur le gouyemement et l'esprit de la société étant aussi décisive que celle du chef dans le gouvernement de la famille et du corps , on peut dire en toute vérité que Dieu a besoin du concours des classes aristocratiques et bourgeoises pour le salut et la bonne éducation des hommes. Ceci nous ramène au principe de la politique providentielle que nous avons déjà indiqué (liv. I , iii^ fait , ch. 1 ) , principe qu'on peut formuler ainsi :
Les nations dirétiennes sont visiblement l'aristocratie , l'élite de la famille humaine. La conversion du monde infidèle est dans leurs mains. Le jour où elles rentreront dans l'unité catholique et adopteront une politique vraiment chrétienne , les potentats de l'Asie et de l'Afrique ne s'opposeront plus à la libre prédication de l'Évangile^ ou leur opposition sera impuissante (2). Or, de l'aveu de tous nos
(1) s. Luc, IX, 54.
(2) L'opposition des goufernemeoto de l'Asie à la liberté de TÉvaiigile pose priucipalâment sur deux faite : i'égoïsme et Tesprit d'envahiiseiiieAt de la politique européenne, et le spectacle de nos dissidences religieuses. L'idée des princes intidèles, que les apôtres de rÉvangUe ne sont que les émissaires
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missi(xiiiaires , les peuples infidèles n'attendent que cette liberté pour accourir en foule au baptême.
Le centre d'action des nations chrétiennes, c'est TEurope. Elle a aussi sa constitution hiérarchique, des nations^cheii qui exercent la principale influence aur son gooyemement général et forment son aristocratie. Mais Tétude de cette hiérarchie n'est nuU^nent nécessaire pour établir que h ratour de l'Europe à l'unité religieuse et à une politique cbfé* tienne ne peut s'opérer qu'a\>ec le concours des classes in» fluentes et lettrées. D'où il résulte, comme je yods le disais, que la première condition du salut spirituel et temporel de l'Europe, et, par l'Europe, du monde, c'est la conversion de la bourgeoisie.
D. Quant au salut temporel, soit; mais tous me paraissez exagérer l'influence des hautes classes sur le salut des âmes, qui, ce semble, est l'œuvre de la grâce divine, de l'action morale du sacerdoce et de la bonne volonté des individus.
R. Au point où nous en sommes, il me parait que vous devriez comprendre que, pour les nations élevées par le christianisme et placées sous le gouvernement spécial du monarque éternel, le salut temporel est subordonné au salut spirituel, et que Tégarement des âmes y entraine des perturbations sociales.
Le salut étemel des individus dépend sans doute du con-
et les ëclaireurâ des flottes et des armées d^ la nation qui les envoie^ n'est qn^ trop confirmée par la propagande biblique, dont le but visible est la ruine des missions catholiques et Textension indéfinie du commerce et de la puissauce anglaise. Quant à nos divisions raligieu9ea> où ne spot-dles pas connues?— « Lorsque lor^ Macartney dut partir pour s^i célèbre ambassade » S. M. B. fit demander au pape quelques élèves de la Propagande pour la langue chinoise, ce que le pape s'empressa d'accorder. Le cardinal Borgla, alors à la tôle de la Propagande , pria à spa tour lord Maç^rtpey de VQuIoir bieo profiter de la circonstance pour recommanc^er ^ ^^Hin le^ i^Msions catUpliques. L'ambassadeur le promit volontiers , et s^acquitla de sa commission en homme de sa sorte ; mais quel Ait son étonnemeut d'entendre le collao^ ou premier ministre, lui répondre que V empereur s'étonnait fort de voir les Anglais protéger au fond de VAsie "une religion que leurs pères avaient abandonnée en Europe. » Du Pape, 1. Ill, ch. t.
i88 LA PHILOSOPHIE DU CATÉCHISME CATHOLIQUE.
cours des trois causes que vous avez indiquées, et au tribunal de Jésus-Christ nul ne sera admis à faire valoir cette raison : « J^attendais, Seigneur, que les gens de lettres et les grands me donnassent Texemple de la fidélité à votre loi. » Mais il n'en est pas moins vrai que, si l'exemple des hautes classes n'empécbe pas la grâce divine d'arriver aux âmes, il exerce une incalculable influence sur la volonté des individus et l'action morale du sacerdoce. Exposons ici en deux mots, et avec la réserve que commande le sujet, Toi»nion qui m'a toujours paru la plus plausible touchant la prédestination du grand nombre.
Il y a sans doute des élus prédestinés, c'est-à-dire des c\mes tellement prévenues des dons de la grâce, que, quels que soient les obstacles qu'elles rencontrent en elles-mêmes et au dehors, elles en triompheront librement, mais infailliblement, sinon dès la première heure du combat, du moins à la dernière. Dieu seul, qui Ta fixé, connaît le nombre de ces âmes. — Il y a des fils de perdilîon qui, par Tabus opiniâtre de la lumière divine, en ont conçu le mépris, la haine, et ont fait un pacte avec les ténèbres. Dieu seul encore les connaît, et il est permis de croire que le nombre en est petit.
Entre ces deux classes qui seront, pour ainsi dire, l'élite des habitants, l'une de la cité céleste, l'autre de la cité infernale, il y a les grandes masses qui vont où leurs guides les conduisent. Les trois ministres de la paternité divine, pères, prêtres, gouvernants (1), s'accordent-ils à les mener dans les voies de la justice chrétienne ; emploient-ils à cette fin les trois grandes puissances éducatrices : exemple, parole, discipline (2) , il y aura, sans doute, des désordres individuels, domestiques, des scandales, de la tiédeur dans un grand nombre ; mais enfin, entraînée, portée par les forts, la masse entrera au port du salut. Au lieu de cela, les chefs, les aines de la nation donnent-ils aux chefs de fa-
(1) Voy. liv. m, Quatrième commandement.
(2) Liy. 1, Quatrième fait, cli. 2.
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mille lexemple de l'irréligion 9 de rimmoralité , le sacerdoce pourra par des prodiges de zèle retarder les progrès da mal ; mais il perdra tous les jours du terrain, et il ne devra pas attendre que les temples soient vides pour se préparer à lexil et à Téchafaud.
Quiconque voudra considérer ce qui se passe, en petit, dans les paroisses, &i grand dans lés États, et Tinfluence qu'y exerce en bien ou en mal l'exemple des sommités sociales, trouvera probablement que mon opinion sur la pré* destination des masses a les caractères d'un fait, chez les peuples chrétiens. Quant aux nations de l'Asie, toujours rebelles aux sommations de l'Évangile, et chez lesquelles les prodiges du dévouement apostoUque n ont pu arracher à l'idolâtrie que de très-faibles minorités, il est manifeste que la résistance des masses y est le résultat de la pression des gouvernants. — Règle générale : les grands décident du salut des petits. De là ces paroles : Un jugement três^ur attend ceux qui président. La miséricorde sera pour h petit; mais les puissants seront puissamment tourmentés (1).
£n rapprochant ces considérations de celles que nous avons faites dans le premier livre (troisième fait, ch. 1), vous m'accorderez, je pense, les déductions suivantes.
I. D'après les lois générales de l'ordre moral, ce sont les sommités sociales, les dépositaires du pouvoir, du savoir et de la richesse, qui décident en très-grande partie du sort temporel et éternel des multitudes. £t si Dieu a dérogé à ces lois dans l'établissement du christianisme, c'est une exception qui pourrait bien ne pas se reproduire.
II. liCS nations non chrétiennes sont des troupeaux d'enfants soumis à la direction de leurs chefs, et ceux-ci sont encore des enfants qui céderaient infailliblement à l'influence morale de nos gouvernements , si la politique extérieure de ces derniers se montrait désint^essée et chrétienne.
(I) Sagesse, vi, 6» 7.
HE; L'£nrop« ne reyiendra aux prineipes de la politicine ehrétienne qu'autant qu'elle raitr^a dans TuBlté catholique.
lY . L'opposition an eattoUcisme n^existe plus, a^ec quelque puissance, que dans les classes gouvernantes des pays séparés par le schisme et Fhérësie, et, en pays cathoUques, que dans la bourgeoisie la moins éclairée.
y. Le moyen le plus prompt, le plus énergique d'en finir avec l'esprit anticatholique, c'est lé fléau des objections incamées, vivantes et hurlantes dans le socialisme.
On ne voulait pas voir Finearnation de l'étemelle vérité et charité, toujours subsistante, toujours plus éclatante, dans l'Église catholique, à mesure que les siècles s'entassent derrière elle. — On a vu, et si l'on n'a pas bien vu , on verra de plus près ^incarnation de Perreur et de la haine.
On se moquait du salut étemel des âmes et du tableau, peint par Jésus-Christ, des noirs abîmes où il n'y a que rage, pleurs, grincements de dents et feu qui ne s*étetntpas. — Eh bien , voilà l'enfer qui ouvre ses portes et va nous donner une image de ses éternelles horreurs, en déployant ses bataillons altérés de carnage, armés de torches, de poignards, de tous les moyens de destruction. — On ne s'en moquera pas.
N'y a-t-il pas dans ce plan une adorable sagesse ?
D. Cette démonstration du catholicisme par l'antîcatholicisme pur, arrivant en chair et en os, creusant la fosse de ceux qui l'ont appelé , et disant : Me voici ! cette démonstration, dis-je, est d'une grande puissance ; mais triomjAera-t-elle de tant d'obstacles? Votre quatrième déduction ne réduit-elle pas trop le nombre des ennemis du catholicisme?
R. Que le nombre de ces ennemis soit plus grand que je ne le suppose, c'est une circonstance qui n'ôterait rien à la puissance du fléau. Il s'ensuivrait seulement qu'il devrait frapper plus fort pour atteindre le but providentiel. Mais