‹ La philosophie du siècle: criticisme-positivisme-évolutionnismeChapitre 29 sur 73 · Revue : La Philosophie positive, t. XXH, p · texte numérisé non relu

Revue : La Philosophie positive, t. XXH, p

véritable, qui était encore dans Tonibre d'un lointain avenir, les hommes s'en sont créés qui étaient hypothéttqueSy mais non arbitraires, transitoires, mais conformes à l'état intellectuel du moment. Ces systèmes furent la théologie et la métaphysique. » Et ailleurs encore * : « Quand on couronne les études littéraires nécessaires par renseignement coordonné et condensé des six sciences, on donne à la fois la méthode et le résultat, révolution de Tesprit humain et son histoire, en un mot, la conception positive du monde; et c'est toute la philosophie. »

Après Topinion du disciple, voici maintenant la conception du maître lui-même. Elle est claire et sobre. Comte caractérisait comme suit, dans le journal Le National, Tétat de la philosophie à Tépoque où parurent ses premiers écrits : « Il existe à Paris seulement, tant au Collège de France qu'à la Sorbonne, quatre chaires consacrées à Thisloire de ce qu'on appelle officiellement la philosophie y c'est-à-dire exclusivement destinées à rétude minutieuse des rêveries et des aberrations de l'homme pendant la suite des siècles, tandis qu'il n'y a pas en France, ni même en Europe, un seul cours pour expliquer la formation et le progrès de nos connaissances réelles, soit quant à l'ensemble de la philosophie naturelle, soit quant à aucune science en particulier. » Dès lors Comte assigne pour but à la philosophie « de résumer, en un corps de doctrine homogène, l'ensemble des connaissances acquises relativement aux

l. Revue : Jm philosophie positive, t. XXIII, p. 309. — Voir aussi WyroubolT, Jm philosophie matérialiste et la philosophie positive; Ibidem, t. XXII, p. 4-10.

différents ordres des phénomènes. » — « La philosophie, ajoute-t-il, doit, étendant l'application du principe de division du travail qui a séparé les spécialités, former de l'étude des généralités scientifiques une section distincte du grand travail intellectuel. Tant que les différentes sciences positives ont été peu développées, leurs relations n'ont pu avoir assez d'importance pour donner lieu à une classe particulière de travaux. Mais aujourd'hui chacune des sciences a pris assez d'extension pour que ce nouvel ordre d'études soit indispensable, afin de prévenir la dispersion des conceptions humaines *. »

Cette conception de la philosophie est précisée .par les quatre propriétés suivantes que Comte lui reconnaît : 1" La philosophie positive fournit le seul moyen rationnel de mettre en évidence les lois logiques de l'intelligence ou l'ensemble des méthodes scientifiques possédées par l'esprit humain. Elle considère les théories scientifiques comme autant de faits logiques qu'il faut observer et étudier par les méthodes générales de la science.

2"* La philosophie positive préside à la refonte du système d'éducation qui, de Ihéologique, métaphysique et littéraire, doit devenir positif ou scientifique. Cette refonte est préparée par l'avènement d'une philosophie qui, créant un ensemble de conceptions positives sur les grandes classes de phénomènes, dispense d'étudier toutes les sciences en détail et d'une façon minutieuse — entreprise chimérique et irréalisable.

3° La philosophie positive contribue aux progrès des

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