Nouveaux mélanges philosophiques, p
losophie est « une unité de couleur et de situation, et non point une unité réelle ».
Selon une dernière opinion, enfin, « la philosophie est Tassaisonnement sans lequel tous les mets sont insipides, mais qui, à lui seul, ne constitue pas un aliment; — ce n'est pas nier la philosophie, c'est Tennoblir que de déclarer qu'elle n'est pas une science, mais le résultat général de toutes les sciences ^ ».
Ces définitions ont un grave défaut : elles ne tiennent pas suffisamment compte du point de vue historique, qui est pourtant ici de rigueur, puisqu'il s'agit d'une évolution sociale; et elles ne voient pas que, suivant un exemple resté célèbre en politique, il eût fallu diviser le problème en trois parties et demander ce que la philosophie a été, ce qu'elle est actuellement, et, enfin, ce qu'elle sera ou devra être un jour.
Les définitions de JoufTroy et de Claude Bernard eussent été excellentes si elles ne se fussent appliquées qu'au passé de la philosophie, celle-ci n'ayant fourni jusqu'ici que la théorie ou la doctrine de l'indéterminé et de rinconnu, — rien ou presque rien en comparaison du savoir positif et du sort futur qui l'attend elle-même. Et M. Renan non plus ne se fût pas trompé s'il n'eût visé que Tétat actuel de la philosophie. Elle est sans doute aujourd'hui un assaisonnement plutôt qu'un aliment, Taspect problématique des sciences, une aspiration vague à nous en donner- la conclusion ou le résultat général. Quant à la troisième question, qui concerne son avenir, elle resta longtemps