Ibid., resp. ad arg. Æ 2. Ibid., art. 2. ; ane
49$ LA MORALE DE SAINT THOMAS D’AQUIN de ne | se atésitots tandis que le pécheur d'habitude est Hébreu”
de son acte, qui répond en lui à une sorte de nature.
= L'Écriture n’a-t-elle pas dit : « {ls se réjouissent d'avoir
mal fait ; ils exultent à propos des pires choses » (Prov., IL, 14). :
Or, c’est le poids du vouloir qui détermine le degré du bien ou du mal. L’ HEURES habituelle est donc évidemment plus grave”.
4. — Le fait que la conscience de l’incontinent est plus en éveil, l’autre plus assoupie et parfois presque: morte, n’excuse pas le possesseur de cette dernière. Il y a deux sortes d'inconscience : celle qui précède l'inclination de la volonté et la cause ; celle qui la suit et qui l’a pour cause. La première excuse plus ou moins; la seconde aggrave le cas, prouvant une pire volonté.
Or l’inconscience du passionné est de la première . espèce ; l’inconscience plus grande de l’intempérant est de la seconde. Le passionné est inconscient de ce qu'il doit faire tant que dure la passion; l’intempérant tant que dure l'habitude. L’un cède au cas présent; l’autre à une sorte de principe, jugeant bon, grâce à une habitude perverse, d’obéir sans règle à la concupiscence ; au besoin de l’exciter afin d’en jouir, et bien que ce soit de part et d’autre volontairement, sans quoi il n y aurait pas faute, n'est-il pas clair que la volonté enfoncée dans le mal est plus coupable que celle qu se repent en quelque sorte d'avance ?
Aussi Aristote a-t-il comparé le cas moral de l’incontinent à un accès de fièvre; celui de l’intempérant d'habitude à la phtisie ?.