DEUXIÈME PARTIE
L'art y a de tout temps exercé ses plus persuasives séductions et des artistes spéciaux, les prêtres, lui ont été préposés. On appelle prophètes, les faiseurs de lois, initiateurs de religions, grands artistes qui ont su de leur voix éloquente enserrer les individus dans une commune pensée, les grouper en nations d'abord et ensuite faire tomber les barrières nationales pour les entraîner à l'universelle fraternité.
Mais en réalité la religion n'est ni un recueil de lois nationales ou internationales, ni un dogme philosophique. Plus haute en dignité que ne la représentent les doctrines courantes, elle sera comprise si l'on songe au sens du mot religion lorsqu'on l'applique à la vie individuelle, dans les expressions « faire, éclairer ou surprendre la religion de quelqu'un». Appliquée ainsi à l'individu, elle désigne le faisceau des opérations de l'esprit sur lesquelles reposent nos jugements et nos actes. De même, appliquée à la société, elle est l'ensemble des faits qui déterminent les rela'tions entre les individus; elle embrasse en un terme commun les principes de harmonie sociale.
Telle est la délinition naturelle du mot religion. Le souffreteux, lorsqu'il y f^fit appel, le prêtre de toute croyance, lorsqu'il enseigne aux hommes a s'entre.secourir,n'enontpas d'autre. VA notre monde moderne, sceptique à l'endroit des dogmes, s'y rattache avec fermeté par le respect dont il entoure indifféremment toutes les religions lorsqu'elles ne mentent pas à elles-mêmes par l'oubli de ces principes.
. ;.Jl