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LE SENriME>T COMME PUl>Cn>E DE LA MORALE
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plaisance et de la pitié, qu'inspire le sentiment du beau : ce qui est le propre de ce tempérament, c'est une faculté de svnq^athic très vive et très mobile, un besoin d'expansion, de changement et de gaieté, un heureux naturel qui prend pour de l'amitié sa facile bienveillance, qui se donne à tous sans s'attacher à personne, une générosité de premier mouvement, une indulgence souriante prompte à atténuer en toute occasion la sévérité des principes et des lois : quahtés aimables mêlées de défauts, dont le principal est l'inconstance, et qui peuvent, quand elles ne sont pas dirigées par l'intelligenceou corrigées par l'expérience, dégénérer en un manque choquant de sérieux et en une présomption de
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C'est au tempérament colérique qu'appartient surtout,
tel qu'il a été défini, le sentiment de l'honneur. Le colérique est indiiférent aux (lualllés intrinsèques des choses et aux motifs internes des actions : il ne juge et n'agit que pour l'elTet à produire sur autrui. Uniquement préoccupé de l'apparence, il doit se surveiller sans cesse pour ne pas s'exhiber tel qu'il est : de là ce défaut de naïveté, cet art de l'adaptation et de la dissimulation, et tout ce qu'il y a dans sa conduite de factice, de raide, de guindé. Il procède selon des principes beaucoup plus que le sanguin, qui n'est luù que par des impressions accidentelles ; seulement ces principes ne sont pas, comme chez le mélancolique, tournés vers le sublime ; ils ne vont qu'à cette contrefaçon du sublime qui est le faste ou la pompe. Le colérique paraît raisonnable lorsqu'il résiste à tout entraînement, et il obtient l'estime parce que ses actes, dont le mobile est caché, sont souvent aussi utiles à autrui que des actes de véritable vertu : mais au fond il dépend de ses semblables jusque dans l'idée (pi'll se lail de son bonheur, et la sûreté (le ses calculs est mise en échec par ce goût des choses du
T. IT, p. 241-242, p. 344-245.
Delbo.s.
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dehors qui l'empêclie de garder la mesure, ou par ce besoin de s'imposer qui convertit son orgueil en délire*.
Certes la prééminence revient au caractère mélancolique, à ce pur sentiment de la dignité humaine, capable de se traduire en des règles u iverselles. Cependant.de même que plus tard, Kant ne se bornera pas à définir rigoureusement la moralité de la personne, et qu'il voudra établir la loi du développement historique de 1 humanité à travers les oppositions des volontés et des destinées individuelles, de même ici, après avoir distingué la véritable vertu de ce qui la supplée ou la contretliit. il cherche à comprendre sous une loi d'harmonie providentielle les manifestations diverses de la nature humaine. Pour l'œuvre d'ensemble de l'humanité, ces contrariétés de caractère valent mieux qu'un type uniforme de conduite, diit-il être en parfait accord avec ce que la pins haute morale exige. Les hommes qui agissent d après des principes sont peu nombreux assurément, et cela est en définitive un bien : car il est facile de s'égarer dans la conception ou l'application des principes, et le dommage qui en peut résulter est d'autant plus grand que les principes sont plus généraux et que la personne qui s y soumet est plus constante dans ses résolutions. Ceux qui obéissent à de bons penchants sont plus nombreux, et cela est excellent, car s'ils n ont pas le mérite de s'inspirer de motifs purs et fermement adoptés, ils ont l'avantage de concourir par une sorte de vertu instinctive aux fins de la nature. Il n'y a pas juscjuaux égoïstes, les plus nombreux de tous, qui ne travaillent pour le bien : car ils sont actifs, zélés, prudents, et ils mettent en évidence des qualités que des âmes supérieures pourront leurenq^runter tout en les employant à de meilleurs usages. Enfin l amour de l'honneur, si décevant quand il est l'unique règle, rend, comme mobile auxiliaire, le précieux service de lier les consciences par la pensée du jugement que tous