‹ La philosophie pratique de KantChapitre 129 sur 361 · LES PROLÉGOMÈNES 25 I · texte numérisé non relu

LES PROLÉGOMÈNES 25 I

Même tendance apparaît dans les éclaircissements que fournit Kant sur la détermination des limites de la raison pure, et qui lui sont en grande partie suggérées par le besoin de répondre aux vues de Hume en matière religieuse.

La Critique de la Raison pure ne contient qu'une mention rapide et assez vague des idées théologiques de Hume ' : elle devait d'ailleurs être terminée ou à peu près, lorsque Kant put prendre connaissance de la traduction que Hamann avait faite des Dialogues sur la Religion naturelle ". Dans ces Dialogues, où la pensée propre de l'auteur ne se révèle pas toujours avec une netteté et une consistance parfaites \ ce qui apparaît malgré tout comme essentiel, c'est la discussion rigoureuse delanthropomorphisme impliquédans l'usage de la finalité pour la détermination des attributs de Dieu : contre 1 orthodoxe Cléanthe, suivant qui (( la curieuse adaptation des moyens aux fins dans toute la nature ressemble parfaitement, tout en le surpassant beaucoup, à ce qui se montre dans les produits d'invention humaine : dessein humain, pensée, sagesse, intelhgence » '\ le sceptique Philon fait valoir que l'analogie signalée entre les produits de la nature et les œuvres de l'art humain est beaucoup trop incertaine pour fonder un raisonnement qui ne serait décisif que si l'on affirmait la similitude des causes en vertu de la similitude parfaite des effets ; il se plaît à montrer que la nature est trop diverse en ses opérations pour qu'on puisse étendre à l'explication de phénomènes éloignés de nous le mode d'action qui résulte d'une économie des idées dans l'esprit ' ; il soutient que le monde laisse apercevoir trop

Page 1