Kiilik (1er Uitlteilshiafl, Y, j). oi4-3i
2. Iloflfliiig, Rousseaus /uii/!iiss auf die definili\'e Forin der hantischen Elhik, Kanlsludien, Jl, j). iG.
rautonomie de la volonté. En même temps la liberté transcendantale et la liberté pratique se relient, en un sens que la Critique de la Raison pure n'avait fait qu'indiquer: le véritable monde intelligible, en fonction de la causalité de l'Idée, c'est la société des êtres raisonnables se réalisant sous les lois universelles qu'ils ont instituées. La vieille conception platonicienne prend, par l'intermédiaire de Rousseau, une signification pratique nouvelle.
Mais il y a une autre pensée que Kant doit à Rousseau, plus ou moins librement compris, et qui, mêlée a des impressions ou à des souvenirs de son éducation chrétienne et piétiste, a traversé, même quand il a cru la surmonter, sa doctrine morale ; c'est la pensée d'un antagonisme entre la destinée de l'homme comme individu et sa destinée comme espèce'. A cette pensée est due ce qu'il y a de spécifiquement pratique dans son criticisme, l'opposition de la moralité et de la nature, et par là une bonne part du pessimisme que l'on a relevé dans sa philosophie". Une doctrine morale doit avoir pour but la conciliation des deux destinées différentes de l'homme, non par la méconnaissance du dualisme irréductible de la nature et de la raison ou par le rêve chimérique d'une nouvelle fusion de la raison dans la nature, mais par la constitution du système intégral de la raison pratique. Ce système, sous le nom de loi morale, identifie à l'idée de l'impératif, tel qu'il s'impose à la conscience du sujet individuel, l'idée de la loi de l'humanité telle qu'elle a été dégagée des vues sur la fin de l'espèce. D'où, dans le kantisme, deux tendances qui tra-
1. V. les objections que M. Renouvier a faites, selon son criticisme, à ridée de l'antagonisme entre la destinée de l'individu et celle de l'espèce. Introduction à la philosophie analytique de l'histoire, Nouvelle édition, i8g6, p. 37.
2. A . Ed. von Hartmann, Ziir Geschiclile iind Beçjriindung des Pessiinismus, 2" éd., p. xv-xx, p. iG4-i37 ; In welchem Siiine ivar Kant ein Pessimisl, Pliilosophisclie Monatshefte, xix, i883, p. 463-470. — Volkelt, Die pessiinistischen Ideen in der kantischen Philosophie, Beilage zur Âllgemeinen Zeitung, 1880, no 3oi,n<'3o3 (27 et 29 octobre); Sc/iopen/iauer (Frommanns Klassiker), igoo, p. 200.
vaillent à s'unir, mais qui s'accompagnent chacune d'un cortège d'idées assez différentes, la tendance éthico-juridique et la tendance étliico-religieuse. La même philosophie de l'histoire, qui a déterminé la prépondérance de lune d'elles dans la constitution d'une morale telle que la présente la Gviindlefjumj, a contenu aussi le principe de leur dualisme.