‹ La Phlebite BlennorrhagiqueChapitre 18 sur 20 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

(In thèse d’'EsPacxac 1896).

M... A..,cuisinière, entre à l'hôpital Broca, salle Cullerier. le 13 novembre 1894. Elle est atteinte de vaginite intense dans . laquelle l'examen bactériologique révèle l'existence de nombreux gonocoques. Cette’ affection évolue normalement pendant quinze jours ; l'amélioration est déjà nette, grâce aux injections de permanganate, lorsque le 2 décembre survient une douleur dans la cuisse droite.

Pas de gonflement, pas de cordon dur ; ces deux symptômes apparaissent trois joursaprès. Le cordon veineux est formé par la saphène interne ; il occupe la moitié supérieure de la cuisse. Le gonflement est peu considérable : la coloration des téguments est normale, les douleurs spontanées peu vives.

. L'æœdème augmente pendant huit jours, tout en restant je

modéré.

Il diminue ensuite, et, au bout de trente jours, il avait complètement disparu. Le cordon veineux diminua plus lentement: il était encore sensible quand la malade sortit.

On n'a noté aucune hyperthermie, aucun symptôme général.

Le seul traitement a été l’immobilisation dans un épais pansement ouate...

OBsERVATION XII (Goucer, Presse médicale, 1895).

L..., Maria, 49 ans, domestique, entre à la Charité, salle Cru-

veilhier, le 25 septembre. Elle vient à l'hôpital, parce que deux

Jours auparavant, elle s’est trouvée prise de douleurs dans l'épaule et le coude gauches.

Elle n’a d’ailleurs jamais eu de rhumatismes, ni aucune

autre maladie. Klle a accouché à seize ans : les suites de

couches ont été normales.

Lorsqu'on l’examine, on ne trouve qu'une certaine douleur des deux articulations à la pression et lors des mouvements provoqués.

Il n’y à ni rougeur ni gonflement.

En cherchant la cause de ces douleurs articulaires, on ap-

prend que la malade, atteinte habituellement d’une légère leu-

corrhée, a été prise, quelques jours auparavant, de pertes verdâtres, abondantes, empesant le linge. Elle n'a d’ailleurs ni envies fréquentes d'uriner, ni dysurie, ni douleurs abdominales. Rien au cœur. Température, 3892.

Le traitement consiste en quinine, 0,50 centigrammes, injections vaginales au permanganate de potasse, onctions au baume tranquille, enveloppement ouaté.

Dès le lendemain, le genou et le cou-de-pied droits deviennent douloureux, foujours sans tuméfaction ni rouseur. Puis, quelques jours après, les douleurs dans l'épaule et le coude gauches disparaissent, mais le genou et le cou-depied gauches se prennent à leur tour, toujours de la même facon.

En même temps, assez forte diarrhée. La température se maintient entre57°8 el 580.

Dans les premiers jours d'octobre, les douleurs articulaires disparaissent, sauf au niveau du genou droit, que la malade ne peut étendre complètement ; néanmoins, elle peut se lever et marcher un peu.

L'écoulement vaginal a considérablement diminué ; Ja température tombe, le 5 octobre, à 37°4, pour y rester les jours suivants.

Le 9 octobre, dans l'après-midi, la malade étant levée, éprouve une certaine douleur, avec sensations de raideur, sur le devant de la cuisse droite. En mème temps, elle ressent un malaise général. Depuis quelques jours, d'ailleurs, elle a perdu l'appétit.

D'ACHEUX 3

Le soir, la température monte à 57°9 ; le lendemain matin, elle est à 38°.

On constate alors, sur la face antérieure de la cuisse droite,’ une traînée rougeâtre, commencant au tiers supérieur, un peu en dedans de la partie médiane, pour s'étendre obliquement en bas et en arrière jusqu'un peu au-dessus du condyle interne du fémur correspondant, par conséquent, au trajet de la saphène interne.

Sous cette trainée rouge, on sent au palper, un cordon arrondi, parfaitement régulier, assez douloureux à la pression. Il n’y a pas trace d’œdème ni au niveau de la cuisse, ni au niveau des malléoles.

Repos complet au lit; enveloppement ouaté de la cuisse.

Un peu de sang prélevé par piqüre sur l'index gauche est examiné au microscope et ensemencé sur gélose au sang humain ; les deux épreuves restent négatives.

Le 40 octobre, même état, 37°9.

Le 11 octobre, la température tombe à 37°2. La rougeur et le cordon veineux persistent, mais la rougeur est moindre. Le genou droit est maintenant redevenu parfaitement libre.

Le 12 octobre, la rougeur a disparu sur la moitié supérieure de la cuisse, mais elle s'est étendue en bas jusqu'à la partie postérieure du condyle interne.

Deux jours après, elle s’est complètement effacée : le cordon veineux n'est plus appréciable qu'à la partie inférieure de la cuisse, sur une longueur de quelques centimètres. Il disparait les jours suivants, en même temps que se développe une légère tuméfaction douloureuse à la partie supéro-interne de la jambe, au niveau des tendons de la patte d'oie. Cette tuméfaction se dissipe elle-même rapidement. ne

Le 17 octobre, la malade est examinée au speculum : lécoulement vaginal est presque complètement tari, mais on fait sourdre de lPurèthre, par pression sur ses parois, une goutte de pus blanchâtre.

De l'orifice externe du col utérin, sort un bouchon muco-pu-

rulent, épais ; l’utérus lui-même est très légèrement sensible au toucher. Rien dans les culs-de-sac.

L'examen du pus uréthral et du mucopus utérin, montre de nombreux diplocoques réniformes, intra-cellulaires, se décolorant par le gram.

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