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CHAPITRE I

Cette lumière est actinique; grâce à sa richesse en rayons très réfringents (bleu, violet, ultra- violet), elle possède une grande activité chimique.

En comparant l'activité de la lumière du magnésium avec celle de la lumière solaire, on trouve que la première possède une activité chimique aussi considérable que celle du soleil, sans nuages, élevé de lo® au dessus de l'horizon, lorsque ces deux sources de lumière ont à peu près la même surface apparente. Quand le soleil est élevé de 22°4, ' son action chimique est 36 fois plus considérable ; que celle du magnésium en combustion.

Historique.

Bunsen et Roscoë ont reconnu, dès iSSg, cette ", grande activité chimique du magnésium en combus- ] tion; ils reconnurent aussi les avantages considé- ^^ râbles que présente cette lumière pour les travaux -' photochimiques et l'éclairage.

Presque en même temps que Bunsen et Roscoë .

Crookes fit des observations semblables, et expéri- ' menta l'emploi de la lumière du magnésium en ^ Photographie. i

Ce ne fut qu'en i864 que le magnésium com- S mença à se vulgariser et devint d'un usage courant en Photographie, sous forme de ruban. On parvint alors à le produire industriellement sous cette forme et à le livrer au commerce.

Ce fut vers cette époque que Brothers exécuta à Manchester des portraits à la lumière du magnésium . Il photographia le professeur Faraday, en public, après une conférence à la Royal Institution. Lors de ces premières tentatives, on constata que les portraits pris à la lumière du magnésium concentrée sont durs (sans demi-teintes) et que, par suite, il vaut mieux employer, pour les faire, la lumière diffuse du magnésium.

Brothers imagina de placer un miroir plan en arrière de la source lumineuse.

Le professeur H.-W. Vogel fît des expériences analogues en 1864. Dans tous les essais tentés à cette époque, le temps d'éclairage était très long, à cause du peu de sensibilité du collodion humide. Pour photographier un modèle, il fallait Téclairer pendant 60 à "jo secondes à la lumière du magnésium. C'était un temps de pose beaucoup trop long pour que le sujet pût rester immobile. De plus, on conçoit que, sons cette lumière aveuglante, la vue se fatigue énormément, le visage trahit un effort, les yeux clignotent, et le malaise du sujet est tel, qu'on obtient une image dans laquelle il est souvent difficile de reconnaître l'original.

Voilà la raison pour laquelle jusqu'à ces derniers temps le fil (ou le ruban) de magnésium a été employé presque exclusivement pour la photographie des objets inanimés immobiles (intérieurs, etc.).

Piazzi Smith, en i865, prit des vues de l'intérieur

4 niAPiTRi: I.

de la grande Pyramide; Nadar fit servir le magnésium à la photographie des canaux souterrains; Leth, de Vienne, photographia en i865 des sarcophages dans le caveau de la famille impériale d'Autriche; en 1868, Mariot s'attaqua à l'intérieur delà célèbre grotte d'Adelsberg, en Autriche, etc.

La Photographie à la lumière du magnésiunj.prit un nouvel essor vers 1887 ^^ 1888. C'est que le magnésium avait été produit à bien meilleur coin pte, grâce au procédé électrolytique, et que le magné- ■ sium pulvérulent se trouvait dans le coranaierce à '] des prix modérés.

Du reste, Larkin avait déjà fait breveter dès 1866 une lampe à brûler de la poudre de magnésium; \ la poudre glissait d'un tuyau et brûlait dans une flamme de gaz d'éclairage (^).

Cette lampe à la poudre de magnésium ne donnait pas de meilleurs résultats que le ruban de magnésium; au contraire, l'éclairage qu'elle fournissait J était plus irrégulier. Elle ne fut jamais employée, *

En i865, Trail Taylor avait essayé de mélanger J de la poudre de magnésium avec des substances^ riches en oxygène et de la brûler comme on faii .*! pour les feux d'artifice. Il mélangeait du magnésium, ''' du chlorate de potasse et du sulfure d'antimoine, 'îj et photographiait à l'aide de cette lumière qui ^

( ' ) Voir Edeii, Aus/iihrliches Handbuch der Photographié, 3 1884, t. I, p. laS.

s'éteint très rapidement. Ces expériences, décrites parlai dans le Photographie 7Vew'5(i865, p. 55o), n'ont pas tardé à tomber dans l'oubli.

La Photographie à la poudre de magnésium ne se développa réellement qu'en 1887. Ce fut en cette année que .T. Gaedicke et A. Miethe, à Berlin, appelèrent l'attention générale sur des mélanges magnésifères à combustion rapide. Ils montrèrent que le mélange de magnésium, de chlorate de potasse et de sulfure d'antimoine brûle comme l'éclair et fournit une lumière très intense, de sorte qu'avec cette lumière A^écl^ÎT^Blitzlicht, c'est le nom qu'on lui a donné) on peut faire des instantanées de personnes ou de groupes. Presque en même temps', Meydenbauer, à Berlin, travailla dans le mênie sens. Puis divers expérimentateurs commencèrent leurs essais, et actuellement la lumière du magnésium permet d'obtenir des portraits qui ne le cèdent eu rien à ceux pris dans l'atelier, à la lumière du jour.

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