BT MANOEUVRE DE9 APPAREILS
APPAREILS A BRIFFES.
Système Lumière. — Voici, d'après MM. Lumière, quels sont les accessoires nécessaires pour l'obtention des négatifs.
i. Un pied à Crois branches. — ■ Celui-ci doit être d'une extrême solidité, car il faut à tout prix éviter le moindre mouvement de l'appareil, sans cela les images ne seront pas fixes, et les fonds danseront sur la toile.
Le pied à triangle est le plus solide, mais ses branches doivent être renforcées et doivent être absolument rigides.
Les pieds à coulisse ordinaires sont insuffisants.
2. Boite-châssis. — Celle-ci (Jîg- 124) ^st une boîte en noyer ce fermée d'un côté par un volet à coulisse. Dans le fond opposé
au volet est fixée une tige O qui soutient la pellicule; autour de cette tige pivote un levier coudé ab sollicité par un ressort à boudin r. Dans l'angle droit inférieur a été ménagée une fente étroite garnie de velours. Cette boîte se place sur le cinématographe au moyen d'une patte mn qu'on engage dans une coulisse ménagée en regard du vcilet presseur. La boite-châssis sert à contenir la pellicule avant son utilisation, pendant le transport de l'appareil.
IjS CIIAPLTHB Itl.
3. Botte réceptrice (Jtg. lao). — Celle-ci est complètemenl métallique, elle esl destinée à recueillir la pellicule sensible à mesure qu'elle se déroule devant l'objectif.
Elle s'ouvre en deux parties mobiles autour d'une charnière ; vers la partie inférieure AB' de la face plane opposée au couvercle, se trouve une large cavité semi-cjlindrique qui se continue intérieurement par une gaine, laquelle vient débouchera la partie supérieure interne de la botte.
Celle-ci est en outre traversée de part en part par un axe en acier b, légèrement conique, terminé à gauche par un large disque circulaire P, qu'un ressort m fait appuyer constamment contre le rouleau de friction de l'arbre du cinématographe lorsque la boite est en place.
Sur cet axe et intérieurement à la boîte s'ajuste, à frottement dur, un cylindre en cuivre cd, garni extérieurement de caoutchouc. Un manchon ef, de diamètre beaucoup pins grand, peut rouler
rojÊT
autour de ce cylindre. Il est muni aux deux extrémités d'une génératrice de deux agrafes A, A', en cuivre, servant à attacher la pellicule. Ce dispositif particulier a pour objet d'établir entre le manchon et le cylindre une sorte de broutage grâce à l'adhérence fournie par la garniture de caoutchouc, de telle sorte que le manchon enroule seulement la portion de pellicule cédée progressivement par les grifTes d'entraînement du cinématographe.
Quand la pellicule est complètement enroulée, elle forme uu
MANCPULATIONS DIVERSES ET HANCBUVBE UR8
rouleau compact occupant toute la capacité interne de la boite. La boîte réceptrice s'adapte sur le volet du cinématographe immédiatement au-dessous de la glace-presseur. Celte adaptation se fait au moyen de deux tenons vissés sur le volet el qui embrassent une languette placée vers le haut de la bobine réceptrice. Deux épaulemenLs du volet soutiennent la boîte par le bas.
4. Bobineuse. — La bobineuse ifig. 126) facilite l'enroulement despellîcules;V est un volant mis en mouvement à la main au moyen
d'une manivelle; ce volant commande, par l'intermédiaire d'un cordon de cuir, une sorte de treuil ab terminé d'un'côté par un cylindre creux fendu dans toute sa longueur suivant une génératrice. Une planchette cd en noyer, qu'on tient dans la main gauche, supporte le tout; en regard du cylindre creux, cette planchette est munie d'une ouverture garnie de velours. Le bout de la pellicule, d'abord introduit dans cette ouverture, vient s'engager dans
l5o CHAPITRE m.
la fente du treuil. On tourne alors le volant de la main droite, d'une fatfon régulière, jusqu'à ce que la pellicule soit enroulée. Pendant cette opération il faut avoir soin de guider la pellicule au-dessous de la plancheUe, au moyen de l'index et du majeur de la main gauche, afin d'éviter les torsions qui pourraient provoquer des décliirures irrémédiables. C'est ce qu'indique \&Jig. ia6.
Manipulations. — Les manipulations nécessaires pour l'obtention des négatifs comprennent :
A. — Introduction de la pellicule sensible dans la boîte-châssis.
B. — Mise au point.
G. — Mise en place de la pellicule dans l'appareil et fonctionnement de celui-ci.
A. Introduction de la pellicule. — Pour exécuter celle opération, il faut tout d'abord, au moyen de la bobineuse, dérouler la pellicule sensible à nouveau en prenant pour bout intérieur son extrémité libre, le côté sensible étant placé en dedans.
Cela fait, on place le rouleau de pellicule dans l'axe central delà
boite, de telle sorte que le sens du déroulement soit celui du mouvement des aiguilles d'une montre {Jlg- is")- On replie l'extrémité de la bande vers la gauche, de façon qu'elle entoure le levier
llANlPtLATIOnS DIVEBSBS ET MANOEUVRE DBS APPAKEILS. l5l
coudé, puis OD la ramène à drolle en l'engageant dans la fente garnie de velours.
On a soin de laisser passer le bout de quelques centimètres. On referme la boîte-châssis au mo^en du volet coulissant et l'on assure la fermeture avec le taquet de sûreté placé sur la face supérieure. Bien entendu, cette opération doit être faite dans le cabinet noir.
B. Mise au point. — La mise au point est toujours une opération des plus délicates, et demande à être faite avec le plus grand
soin. En général, cette mise au point se fait sur des objets placés à 3" environ de l'appareil; au delà de cette distance tous les objets sont au point, et en deçà ils conservent encore une netteté suffisante à 4"* de distance.
Od règle la mise an point sur un fragment de celluloïd dépoli, CD s'aidant d'one loupe assez forte.
11 est bon de repérer esactement le tirage de l'objectif, de façon ù éviter tout tâtonnement lorsque l'on est sur le terrain. Cène sera que dans le cas d'une scène à courte distance qu'il y aura lieu de modifier la mise au point, mais c'est là un cas exceptionnel.
On règle ensuite le diaphragme suivant la lumière, en cbcrchant
toujours à diminuer le plus possible l'ouverture de ce diaphragme; et cela pour gagner plus de netteté. Ce n'est qu'esceptionnelieinent, dans le cas de sujets à mouvements très rapides, que l'extrême netteté est plutôt nuisible; car elle donne des mouvements saccadés sur la toile, et un peu de flou atténue ce défaut.
Enfin, question essentielle, on cherche à encadrer le mieux possible la scène à reproduire.
MANIPULATIONS DIVERSES ET HANOEIIVBE DBS APPAREILS. |51
Remarque. — Il est importaDt de vérifier avant toute chose ta position de l'obturateur. Celui-ci se compose de deux disques; l'inrérieur ne doit jamais être dérangé de la position qui lui est assignée par la goupille de repérage. Quant à l'antre, on doit, pour l'obtention des négatifs, l'orienter de façon telle que, rapproché du premier, il forme avec lui un demi-cercle complet, ce que l'on
devra obtenir en le faisant tourner dans le sens des aiguilles d'une montre et non en sens inverse. C'esl la position que l'expérience démontre être la meilleure dans tous les cas.
G. Mise en place de la pellicule. — On rabat vers le bas le volet-porte presseur en dégageant le volet qui le maintient vertical. On place la boite-châssis sur l'appareil en faisant glisser lu
l5j CHAPITBB III.
palLe iaférienre dans la coulisse ad hoc du ciDématographe : la boîte mise en place, la pellicule qui en sort doit afOeurer la gaine de velours. Ou tire sur la pellicule de façon à en faire sortir un fragment d'environ 25"°. On inlroduit les grifles, qu'on a préalablement ramenées en haut de leur course, dans les trous de la perforation; on fait passer ensuite l'extrémité de la bande dans
l'ouverture ménagée dans le volet au-dessous des ressorts contregriSes, el l'on relève le volet qu'on assujettit au moyen du verrou. 11 faut maÎDlenant engager la pellicule dans la bo{te réceptrice. A cet eflet, on prend la boîte fermée dans la main gauche, et avec la maladroite {/ïg- laS) on introduit le bout libre de la bande dans la cavité semi-c^ilindrique de la boite, en le guidant avec l'index de la main gauche, et l'on pousse légèrement la pellicule,
MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. l55
jusqu'à ce que son extrémité débouche à la partie supérieure interne de la boîte.
On place alors la boîte dans le logement ménagé sur le volet, sur lequel elle est maintenue par les deux tenons supérieurs et Tépaulement inférieur. Dans cette position, la boîte-châssis doit recouvrir complètement les ressorts contre-griffes; le disque circulaire qui termine Taxe étant placé à gauche, on s'assure qu'il appuie efficacement sur le rouleau de friction.
On ouvre ensuite la boîte, on rabat vers le bas le couvercle demi-cylindrique; on tire à soi toute la portion de pellicule libre, et Von engage les deux ouvertures extrêmes dans les agrafes du manchon inférieur (Jig. ^29); on enroule sur celui-ci toute la pellicule libre, en serrant fortement, et l'on referme la boîte.
L'appareil est prêt à fonctionner (Jig. i3o). On ferme alors la porte d'arrière du cinématographe, on introduit la manivelle dans l'ouverture ménagée vers le bas, à gauche; puis, au moment voulu, on tourne la manivelle à raison de deux tours par seconde, en ayant soin de maintenir fortement l'appareil de la main gauche (Jig» i3i) en pressant sur le pied, afin d'éviter les trépidations.
Lorsque la bande est complètement déroulée (ce qu'on reconnaît à la diminution de résistance et au bruit particulier que produisent les griffes), on relire la boîte réceptrice.
Précautions à prendre. — Pour éviter les accidents pendant l'obtention des négatifs, il est indispensable de suivre les prescriptions suivantes :
I® S'assurer que la pellicule glisse librement, sans secousses, dans sa gaine de velours.
2® Vérifier l'état de propreté de la fenêtre qui se trouve devant la glace-presseur. Il arrive parfois que le velours s'effile, et les brins qui s'en détachent pourraient marquer sur chacune des images du négatif.
3® La glace-presseur doit appuyer modérément sur la pellicule. Régler la pression au moyen des ressorts qui la maintiennent.
4® Nettoyer soigneusement le velours de la gaine avec un blaireau pour enlever les poussières qui détérioreraient infailliblement la pellicule.
l56 CHAPITRE in.
5^ S'assurer que le côté sensible (côté mat) de la pellicule est bien dirigé vers Tobjectif et, par conséquent, le côté brillant vers l'opérateur.
6® Après l'obtention de chaque négatif, enlever, au moyen d'une spatule de bois, les grains d'émulsion qui adhèrent souvent à la cavité semi-cylindrique de la boîte réceptrice.
7® S'assurer de la parfaite adhérence du rouleau de friction avec le disque circulaire de la boîte réceptrice. On peut augmenter cette adhérence, s'il y a lieu, avec une légère couche de cire étendue sur le rouleau de friction.
8^ Ne jamais s'arrêter au milieu d'une opération, car à la reprise du mouvement il pourrait se présenter des difficultés pour le rebobinage.
Développement des négatifs. — Le développement des longues bandes de film (elles, atteignent quelquefois 6o") est une opération difficile, qui demande à être faite avec beaucoup de précautions. Il faut, en effet, ne laisser jamais en repos la bande plongée dans le bain développateur, et aller assez vite pour bien égaliser la marche du développement; ces manipulations exigent une très grande décision de la part de l'opérateur; il ne lui est pas permis d'avoir la moindre hésitation.
Deux procédés peuvent être employés : le développement à la main dans de grands récipients, ou le développement au rouleau ; l'un et l'autre donnent de bons résultats, et peut-être même le premier donne des résultats plus complets, à la condition d'employer des bains très abondants et très exactement dosés.
Tous les développateurs sont bons, à la condition d'être bien connus du manipulateur, mais en général on fait usage soit de diamidophénol, soit d'hydroquinone-métol.
Si l'on a fait choix du développateur au diamidophénol, on suivra les indications de MM. Lumière. Dans deux seaux en porcelaine ou en tôle émaillée et d'une dizaine de litres on prépare :
Eau bouillie lo^''
Sulfite de soude anhydre ^SoS'
Diamidophénol Sos^
MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. l57
La pellicule, enroulée en bobine, est soutenue au-dessus du premier seau au moyen d'une tige cylindrique qui traverse l'orifice central de la bobine. Cette tige, un crayon par exemple, sera tenue à la main par un aide ou sera maintenue fixe, par un dispositif très simple, au-dessus du seau.
La pellicule est alors déroulée très rapidement, le plus vivement possible, et plongée au fur et à mesure qu'elle se déroule dans le développateur. Lorsque toute la pellicule est déroulée, on la fait passer, toujours très rapidement, dans le seau placé tout à côté du premier, en ayant soin de la faire glisser entre les deux doigts de manière à bien étaler sur toute sa surface la couche de liquide révélateur et de supprimer les bulles ou arrêt de développement qui auraient pu se produire. Il est donc indispensable que l'immersion dans le premier seau et le passage dans le deuxième se fassent aussi vite que possible.
On continue ensuite à faire passer la pellicule d'un seau à l'autre jusqu'à ce que le développement soit jugé suffisant.
Quand ce résultat est obtenu, on plonge la pellicule dans un troisième seau plein d'eau où elle se lave, s'arrangeant de manière à ce qu'elle sorte du deuxième seau du développateur pour être immergée dans l'eau, de telle sorte que le bout passant le premier dans l'eau soit celui qui a été plongé le premier dans le révélateur au début de l'opération. A celte condition le développement sera suffisamment uniforme sur toute la surface de la pellicule.
La pellicule lavée est passée dans un premier seau, et de là dans un deuxième seau d'hyposulfite de soude à 25 pour loo. Une fois fixée, elle est placée dans un seau de lavage où l'eau se renouvelle constamment et où elle séjourne plusieurs heures.
Si l'on mettait sécher la pellicule au sortir de l'eau, elle se recourberait en cornet et subirait une rétraction des plus nuisibles.
On évite cet inconvénient en passant la pellicule dans le bain suivant :
lit Eau 7,io
Alcool à 9> 2,5o
Glycérine o , 25
On remplira deux seaux du liquide à glycérine et la pellicule
l5S CUAPITKB m.
sera ploDgée successiveroeal daos les deux récipients. Cette opération devra durer cinq minutes en tout.
La peilicnlc sera mise i séchei* en la suspendant sur une baguette de bois dans un endroit sec, et i une température de ao° à 25°.
Quand elle sera sèche, on l'enroulera à l'aide de la bobineuse, et elle sera prête à être introduite dans le cinématographe.
Fig. .3î.
Au lieu d'employer deux bains séparés et de faire passer la pellicule de l'un dans l'autre, ce qui n'est pas toujours sans dang^er,
on peut faire usage d'un récipient beaucoup plus grand, 4o'", et alors faire passer entre les mains la pellicule de façon à ne jamais l'enlever hors du bain; c'est ce que repi-ésente notre/î^. i32.
MANIPULATIONS DIVERSES ET HANtKtlVRE :
De même, pour le séchage, on usera avec avantage du séchoir cylindrique de M. Gaumont. Celui-ci se compose (^^, 1 33) d'un bâti sur lequel tourne sur son axe un cylindre formé de baguettes clouées sur deux joues circulaires. Chaque baguette est elle-même arrondie de façon à diminuer le plus possible les points de contact avec la pellicule. Du reste, il ne faut pas oublier que la surface en contact direct avec le séchoir est composée de celluloïd et que cette substance n'absorbe pas d'eau ; il n'y a donc pas à redouter des inégalités de séchage.
Développement i la machine. — M. Marey, pouT le développe-
ment des épreuves, se sert de deu\ poulies de métal \^fig. i34) munies chacune d'une manivelle et montées l'une à côté de l'autre
sur un bâti porté par quatre pieds. En se déroulant d'une bobine pour s'enrouler sur l'autre, la pellicule s'inQécliit sous une tige de
l6o CHAPITRE III.
verre placée au niveau des pieds. Cette tige plonge dans une cuvette qui contient le déveioppateur. On fait pas>ser la pellicule d'une bobine à l'autre autant de fois qu'il est nécessaire pour que le développement soit complet.
Plusieurs modèles de ce genre ont été établis, et la plupart des grandes maisons qui s'occupent de la fabrication des bandes de cinématographe emploient des appareils semblables.
L'appareil de M. Demaria {fig. i35) se compose d'un grand c^^lindre de verre de So^™ de diamètre et i",20 de long^ monté sur deux axes ; il peut tremper par son tiers inférieur dans une cuve contenant le bain développateur.
Obtention du positif (s^^stème Lumière). — Pour obtenir un positif à l'aide d'un négatif, on fait usage d'une boîte-châssis à deux axes PP {fig^ i36).
Autour de l'axe inférieur, on place le négatif n enroulé, la couche de* gélatine en dehors, et autour de l'axe supérieur la pellicule sensible/?, gélatine en dedans. Les deux bouts libres sont introduits dans la fente inférieure de la boîte. Cette opération est faite, bien entendu, dans le cabinet noir.
On procède ensuite sur les deux bandes réunies comme pour l'obtention des négatifs, avec celte différence que la pellicule destinée au positif est seule introduite dans la boîte réceptrice, tandis que le négatif se déroule extérieurement en passant par une ouverture ménagée vers le bas de l'appareil, dans le prolongement du volet. Pour opérer, on referme l'appareil, on dévisse l'objectif et Ton place devant l'ouverture, à une dislance convenable, une source lumineuse, telle que bec de gaz, lampe à pétrole, etc.
La dislance à laquelle cette source de lumière doit être placée dépend de sa nature, de son intensité, de la vigueur et de la transparence du négatif. Il est donc difficile de rien préciser et quelques essais sont absolument nécessaires.
La lumière étant convenablement placée, il suffit de mettre l'appareil en mouvement. Le négatif sera recueilli dans une corbeille placé en avant du pied de l'appareil, tandis que le positif s'emmagasinera dans la boîte réceptrice.
M. Marey a organisé un système particulier pour tirer les images
MASIPIILITIONS DtVERSBS ET HUNOBDVRE DBS APPAHEIL3. l6l
posilîves ; il est représentée^, li-j. Une caisse de bois, peu profoQde el s'ouvrant sur uae de ses faces, porte sur la paroi op-
posée quatre broches destinées à recevoir les bobines. La pellicule négative, enroulée sur la bobine B et prolongée par une bande de papier opaque, est placée sur la brocbe inférieure de gauche. Le papier, déroulé sur une longueur de 60*" environ, passe sur une plate-forme horizontale P, puis à travers un laminoir LL', et se
rend à la bobine réceptrice R. La pellicule sensible est chargée de la même manière sur la bobine B', la bande de papier qui la prolonge passe sur la plate-forme P au-dessus de la bande précédenle, traverse le laminoir et se rend à la bobine réceptrice R'.
Un rouage d'horlogerie fait tourner le laminoir, dont les deux cylindres engrènent l'un avec l'autre et entraînent simultanément les deux bandes, puis les deux pellicules qui leur font suite. Le même rouage fait tourner à frottement doux les bobines réceptrices
Fig. 137.
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■:^<^^s5^v^Nï!^^îj>ï^^^^^v\ ^^<;<■:5;.;^^^5i^<\^^^^;^i^^
sur leurs axes, de façon que chacune des pellicules s'y enroule au sortir du laminoir.
Sur la plate-forilae P, ces deux pellicules glissent, appliquées l'une contre l'antre par un compresseur C formé d'une plaque de métal doublée de peluche. La plate-forme est percée en dessous d'une fente à ouverture réglable par laquelle la lumière arrive d'en bas et traverse la bande négative pour impressionner la pellicule sensible qui lui est superposée. Un miroir M incliné à 45^ reçoit, quand la caisse est fermée, la lumière d'un bec Auer, à travers une fenêtre percée dans la paroi mobile de la caisse et munie d'un verre dépoli. L'appareil se charge en pleine lumière, grâce apx bandes de papier opaque qui recouvrent les bobines.
Quand l'appareil est clos, on met le rouage en mouvement elles bandes de papier cheminent et s'enroulent sur les bobines récep-
IIAMPULATIONS DIVERSES ET MANGEUVRE DES APPAREILS. l63
triceSj puis la pellicule négative, celle qui va être impressionnée cheminent à leur tour, d'un même mouvement. Un regard, muni d'un verre rouge, permet de suivre la marche des pellicules; après elles, passent de nouveau des bandes de papier opaque, et quand celles-ci sont enroulées sur les bobines réceptrices et les protègent contre la lumière, on peut ouvrir l'appareil, enlever la pellicule positive et procéder à son développement.
Les images sont parfaitement nettes, ce qui montre que les deux pellicules ont été entraînées d'un mouvement égal.
A la suite de cette description, M. Marey ajoute les observations suivantes qui s'appliquent surtout à son chronophotographe, mais qui peuvent encore, jusqu'à un certain point, s'appliquer aux autres modèles de cinématographes.
Les épreuves positives ont bien des images équidistantes, mais par suite des différents développements qui ont été nécessaires pour obtenir d'abord la bande négative, puis la bande positive, un retrait des pellicules s'est produit. Il s'ensuit que, si l'on faisait passer l'épreuve positive dans le chronophotographe pour la projeter sur l'écran, les images successives ne viendraient plus se mettre exactement en face de l'objectif; il passerait trop d'images en un temps donné, de sorte que le sujet projeté se déplacerait lentement sur l'écran et sortirait du champ visible, tandis qu'un autre viendrait peu à peu le remplacer. Cet effet a dû causer des embarras à tous ceux qui ont construit des projecteurs chronophotographiques.
La perforation de la pellicule peut y remédier par les corrections incessantes que produisent les chevilles du cj'lindre en entrant dans les trous de la bande pelliculaire. Ces corrections ne sont-elles pas pour quelque chose dans le tremblotement des images projetées?
En tout cas, comme je me sers de pellicules non perforées, j'ai cherché à corriger l'effet de leur retrait en faisant varier, pendant les projections, le débit du premier laminoir du chronophotographe.
Puisque la pellicule rétractée fait que les images passent trop vite, il faut diminuer le débit du premier laminoir.
Pour cela, j'ai recouru à divers moyens, celui qui paraît le mieux réussir consiste à résister, au moyen d'un frein réglable, à l'entraînement de la bobine magasin. Il suffit d'une assez faible résis-
tance pour compenser ainsi le retrait de la pellicule. Celte correction se fait pendant la projection même; quelques tâtonnements permettent d'obtenir, en un instant, le fixage des images.
Le chronophotographe n'a besoin d'aucune modification pour devenir projecteur. A l'intérieur de la caisse aux images est un tube carré'de métal qui encadre exactement la fenêtre où les images se forment. Ce tube est fermé en arrière par un volet qu'on ouvre pour diriger un faisceau de lumière sur Timage positive quand on
Fig. i38.
la projette. Dans la prise des images, au contraire, cette fenêtre est fermée et le tube a pour fonction d'empêcher la lumière qui traverse la pellicule sensible de se diffuser dans la chambre et de voiler la pellicule, soit avant, soit après son passage au foyer de l'objectif. Il est inutile d'ajouter que les négatifs et les positifs ne doivent pas être tirés sur des émulsions de même sorte; du reste, toutes les grandes fabriques de films préparent des émulsions spéciales pour chacune de ces espèces, et il ne faut pas indifféremment employer l'une ou l'autre.
MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. l65
M. Gaumont a combiné un dispositif spécial pour le tirage des épreuves des appareils Demeny. Celui-ci se compose (Jig* i38) d'une lanterne contenant un bec Auer et d'une lentille éclairante ; en avant, une boîte placée à hauteur voulue contient les deux rouleaux de pellicule, cliché et pellicule positive à impressionner. Une manivelle actionne un cylindre à chevilles qui entraîne les deux pellicules à la fois et les fait passer devant la fenêtre vivement éclairée de la boîte à lumière.
Projections. — Les très petites images données par le cinématographe demandent à être amplifiées très fortement, aussi est-il indispensable d'employer des éclairages intensifs : la lumière électrique tout d'abord, la lampe oxyéthérique si l'on n'a pas à sa disposition de source d'électricité.
Cette question de l'éclairage est de première importance, et elle est devenue depuis le malheureux accident du Bazar de la Charité un sujet de crainte pour les personnes qui assistent aux projections du cinématographe. Mais, à la seule condition de ne pas confier la manœuvre de ces appareils à des personnes maladroites et inexpérimentées, le danger est nul, et il esttrès important de le bien affirmer. Aussi insisterons-nous tout particulièrement sur l'installation de ces appareils et sur leur manœuvre, en appuyant sur ceci, qu'il ne faut jamais négliger aucune des précautions minutieuses que nous énumérerons.
Le matériel des projections se compose, en outre du cinématographe muni de son objectif à projections, d'une lanterne avec régulateur électrique ou chalumeau à l'oxygène, d'un chevalet porteappareil et d'un écran.
Lanterne. — La lanterne doit être entièrement en tôle et elle doit porter à l'avant un condensateur tantôt formé d'une seule, tantôt de deux lentilles plan-convexe. En avant de la lentille est disposée une coulisse dans laquelle se meut un volet de tôle percé de deux trous, de diamètre égal à celui du condensateur; l'un des deux est recouvert d'un verre dépoli qui sert à diffuser la lumière lors de la mise en place de la pellicule. Enfin on ajoute encore (modèle de M. Gaumont) une cuvette de verre {Jig* iSg) que l'on
i66 CHAPIISB iir.
remplil d'eati tenant en dissolution de l'alun, et qui absorbe la plus
grande parlîe des rayons calorifiques.
Il faut éviter, en eflet, de laisser, même un instant, le film au foyer du puissant faisceau lumineux projeté par le condensateur, car il
pourrait s'enflammer, et ne pas oublier que le celluloïd, composé essentiellement de coton-poudre, est inflammable au plus liaut degré. Pour éviter tout danger possible, MAI. Lumière ont proposé de substituer au condensateur un ballon ordinaire en verre que l'on remplit d'eau {Jig. i4o)>
AAAA, laolerne à projection; supponant un fragment de coke D :
à fixer le ballon contre la lanterne muni d'un écran translucide H en
idensateur; — C, fil métalliquH EEKP, boite métallique noircie, destincc noyen des boulon» V, V; — G, obturateur e dépoli \ — P, N, charbons du régulatear.
Avec ce globe remplaçant la lentille, les rayons lumineux sont concentrés, sans perte appréciable de pouvoir éclairant; et la plus
grande partie des rayons calorifiques sont absorbés de telle sorte qu'après une heure de fonctionnement continu l'eau entre en ébullition sans qu'il en résulte le moindre inconvénient; la température du faisceau concentré reste alors constante et très peu élevée. Enfin, la lumière est plus blanche, l'effet de la coloration verte du verre de la lentille est supprimé.
Si le ballon doit être enlevé pour une cause quelconque, s'il se casse, si l'eau s'écoule ou se vaporise, la condensation des radiations n'a plus lieu et il n'y a plus aucun échauffement à redouter.
Grâce à ce dispositif, il devient donc impossible de commettre des maladresses dangereuses, la concentration du faisceau étant produite par le corps même qui absorbe les rayons calorifiques.
On a soin d'introduire dans le ballon un petit fragment de coke, suspendu au moyen d'un fil, de façon à éviter l'ébuUition tumultueuse du liquide dans le cas de fonctionnement intensif et prolongé, et, si l'on ne fait pas usage d'eau distillée, il est bon d'aciduler légèrement l'eau, pour éviter le dépôt de carbonate de chaux sous l'influence de l'élévation de température et de la vaporisation.
Régulateur. — Le régulateur le plus ordinairement employé se compose essentiellement de deux tiges métalliques supportant les charbons par lesquels arrive le courant électrique.
Ces tiges, à l'aide de boutons molletés manœuvres à la main, peuvent se déplacer dans tous les sens, de façon que l'arc électrique soit toujours dans l'axe du condensateur et de la fente devant laquelle passe la pellicule. Enfin, on peut donner un mouvement d'ensemble qui permet soit de le rapprocher plus ou moins du condensateur, soit de le faire osciller autour d'un axe vertical.
En général, il est préférable d'employer cette sorte de régulateur à main,' car on n'a pas d'accidents à craindre dais le cas où le courant change d'énergie; en ayant sous la mai.* un rhéostat on donne plus ou moins d'intensité à la lumière, mais on ne risque jamais de brûler les fils.
Le seul inconvénient de ce système est l'obligation où se trouve le manipulateur de ramener les charbons à la distance voulue; mais cette opération ne demande à être faite que toutes les deux ou trois minutes, et n'excède pas le temps nécessaire au passage d'une bande.
cbapithb m.
On peut cependant employer des régulateurs automatiques, qui se mettent au lieu et place du régulateur à main. Il faut seulement avoir le soin de doser esaclement le courant au moyen d'un rhéostat, et d'un ampèremètre qui indique à tout instant l'état du courant.
Dans tous les cas le courant électrique arrive à l'appareil par l'intermédiaire de deux bornes correspondant respectivement aux charbons supérieur et inférieur. Pour amorcer l'arc, on rapproche les deux charbons jusqu'au contact, puis on les éloigne immédia-
tement; l'arc jaillit aussitôt, et l'on obtient un bon éclairage en maintenant l'écart des charbons à 3""" ou 4°""i pour un courant de i5 ampères.
Nous citerons entre autres le régulateur de M. Ganmont {,fig- 14')'*^'"°^ extrême solidité et d'un maniement très facile.
Le rhéostat permet de régler le débit du courant, en introduisant une résistance variable dans le circuit. Il doit toujours être à portée de l'opéraleur, afin que celui-ci puisse effectuer le réglage sans avoir à s'éloigner de l'appareil.
Pendant la marche, il arrive souvent que le rhéostat s'échauffe outre mesure t. levient rouge; il est donc indispensable de l'éloigner assez des films, car, si ceux-ci venaient à le toucher, ils s'enint aussitôt.
Lampes à oxygène. — Quand on ne peut avoir l'électricité, on remplace le régulateur par un chalumeau à gaz oxhydrique, et le modèle le plus commode est le chalumeau à éther.
C'est là un instrument qui ne présente en lui-même aucun danger; sans doute il demande quelques précautions, mais ce sont celles que nécessite toujours l'emploi de l'éther, dont les vapeurs sont essentiellement inflammables.
Le saturateur de Molteni est celui qui donne la marche la plus régulière, et que l'on emploie presque toujours en ce cas; convenablement réglé, il donne une lumière intense.
Sans avoir à décrire ici la manœuvre de l'appareil, nous rappellerons que les précautions à prendre sont les suivantes :
1® Ne jamais remplir le récipient à la lumière ou dans une pièce où il y a du feu ; et, si la lampe vient de servir, attendre qu'elle soit refroidie.
2® N'employer que de l'éther pesant 720*'* à 723*'' le lilre, et à la rigueur delà gazoline (essence légère de pétrole) pesant au plus ôSo^"* le litre. C'est là, surtout en ce qui concerne l'essence de pétrole, un point important*
3° Après avoir rempli la lampe, attendre quelques instants pour que le liquide soit bien absorbé, et déverser l'excédent, comme il est dit dans l'instruction que donne le constructeur avec chaque appareil.
4** Ne jamais allumer avant de s'être assuré qu'il ne sort aucun liquide par le bec du chalumeau ; à cet effet, laisser souffler l'oxygène quelques instants et n'allumer que lorsqu'il ne se produit plus aucun crachement.
Moyennant ces précautions très simples, aucun accident n'est à redouter et le saturateur donne une lumière fixe, très blanche et d'une très grande intensité.
Objectif à projection. — En général, chaque appareil est muni d'une série d'objectifs de foyers différents afin de parer à toutes les éventualités; on obtient alors par un simple changement d'objectif une image à la grandeur voulue, quel que soit le recul dont on puisse disposer.
Il ne faut pas oublier seulement que les très grandes images, alors surtout qu'elles sont produites par un recul considérable, i5™ et 20™, demandent toujours un éclairage intense; et dans ce cas l'électricité est indispensable.
■ T» CHIPITKE III.
Il faut toujours une ÎDtensîtt; lumineuse vive, et mieux vaut s'absicuir qiie de projeter des images noires, blafardes, dans lesquelles sont perdues toutes les illusions de la réalité.
Chevalet. — Le chevalet i^fig' 142) est un support de bois destiné àsupporter le cinématographe, d'une part, et la lanterneà pro-
jeclion, de Tautre. Dans le modèle de MM. Lumière, il existe à Tavant, au-dessous du cinématographe, un comparliment fermé par une porte dans lequel se déroule la bande après son passage dans l'instrument.
Dans les modèles de MM. Gaumont, Zion, Demaria et autres, une bobine réceptrice se charge de l'enroulement automatique de la bande pelliculaire.
Le chevalet sera toujours en bois pesant, et il sera utile de le surcharger à sa partie inférieure de poids lourds, gueuses de fonte ou saumons de plomb; et cela afin d'absorber le plus possible les vibrations sonores et trépidations qui pourraient faire vaciller les images. C'est là un point important que l'on ne saurait trop recommander, car ce sont tous ces petits détails qui, réunis, arrivent à donner une illusion complète.
Écran. — Les projections animées gagnent beaucoup à être projetées par réflexion et non par transparence; et dans ce dernier cas elles seraient toujours de très petite surface, car il faudrait un recul considérable si l'on voulait obtenir ainsi des images un peu grandes.
L'écran sera de préférence fait de cette façon; sur un cadre de bois léger, renforcé à l'arrière par des traverses, on tend un morceau de calicot neuf, ayant conservé son apprêt, et par derrière on colle plusieurs épaisseurs de papier blanc, épais, de façon à empêcher toute lumière de passer au travers; sans cette précaution on perd beaucoup de lumière, il faut donc chercher à obtenir un écran qui réfléchisse presque complètement tous les rayons lumineux.
L'idéal en cette circonstance serait un mur enduit de plâtre, de plâtre de Paris très blanc, bien entendu.
Dispositions générales de la salle. — L'écran est placé à l'extrémité de la salle et à 2°*,5o au moins au-dessus du sol, de façon à être vu de tous les spectateurs, sans que les têtes des premiers rangs empêchent ceux placés à l'arrière de voir bien complètement toute l'image. Plus l'écran sera haut, mieux il sera vu.
L'appareil projecteur sera installé en face de l'écran, à l'autre
lyi CHAPITRE III.
bout de la salle; au moyen d'une estrade, le chevalet sera élevé de façon à ce que Tobjeclif du cinématographe soit exactement à la hauteur du centre de l'écran; il faut éviter le plus possible d'incliner l'appareil pour rattraper ce centrage.
Les spectateurs seront disposés en rangées parallèles à l'écran, en évitant de placer le premier rang trop près de celui-ci; d'une façon générale, les meilleures places sont les plus éloignées.
L'éclairage électrique de la salle doit être divisé en deux groupes de lampes. L'un d'eux est supprimé pendant toute la durée d'une séance, l'autre pendant le passage de chaque bande, et est rétabli aussitôt après.
Ces suppressions se font à l'aide de commutateurs qui doivent être à portée de la main du manipulateur. Il est avantageux d'employer, pour le groupe de lampes qui doivent rester éteintes pendant la durée d'une séance, un commutateur à deux directions, de telle sorte que, en supprimant le courant dans ce groupe, on envoie le courant principal de la canalisation électrique dans le régulateur de la lanterne.
Une installation électrique est toujours pourvue de bouchons, dits de sûreté, qui suppriment le courant dans le cas où, pour une cause imprévue, il atteindrait une intensité exagérée; il faut avoir soin de les faire placer à portée de la main, de façon à être remplacés facilement.
Pour utiliser le mieux possible la lumière de l'arc dans les projections, certaines précautions sont nécessaires.
La lanterne étant en place, on enlève le cinématographe; le faisceau de lumière s'étale sur l'écran en une zone circulaire, dont le centre doit se confondre avec celui de l'écran. On déplace la lanterne, en avant ou en arrière, jusqu'à ce qu'on voie se dessiner rimage nette et brillante des deux charbons. On place alors le cinématographe muni de l'objectif, en l'orientant de telle sorte que l'image de la fenêtre occupe le centre de l'écran, puis on met au point.
Passage des bandes. — Pour le passage des bandes {fig* i43), on met d'abord en place le porle-pellicule; cet accessoire se fixe à la partie supérieure du cinématographe.
Nous fîgaroDS celui de Lumière {fig- i44); on peut également voir celui de Denienj {Jig. i45).
Ce porte-pellicule de Lumière se compose de deux montants en laiton AB, CD, réunis au moyen d'une équerre par leurs deux extrémités inférieures. Le montant AB porte deux tiges E, F, horizontales. Le monlaiit CD est articulé sur l'équeire de manière à pouvoir se rabattre suc la face supérieure du cinématographe.
Avec la bobineuse on enroule la bande pelliculaire, gélatine en dehors, en commençant par la Gn, On rabat le montant gauche CD du porle-pellicule, et l'on introduit le rouleau de pellicule de façon que le déroulement ait lieu, la gélatine dirigée vers l'opérateur.
On fait passer la bande sur la tige supérieure. On relève le montant gauche, puis on introduit la pellicule dans la gaine de velours en procédant comme pour la prise des négatifs,
La lumière de l'arc étant réglée, on tire l'obturateur translucide de la lanterne,
on supprime l'éclairage de la salle, el l'on n'a plus qu'à lourner la
manivelle à raison de deux tours par seconde, les disques obtura-
Fig. 14.Î.
leurs étant placés de façon à obtenir le maximum d'éclairement.
Quand la pellicule est complètement déroulée, on rétablît l'éclairage partiel de la salle, en même temps qu'un aide ferme Tobluraleur translucide de la lanterne. On place le rouleau suivant sur le porte-pellicule, tandis que Taide, au moyen de la bobineuse, enroule à nouveau la pellicule qui vient de passer et Tenferme aussitôt dans une boîle de fer-blanc afin de la préserver de tout accident.
Grille. — Pour des raisons multiples, tous les appareils donnant des projections animées présentent, en dehors du mouvement propre à l'animation du sujet projeté, des déplacements alternatifs ou simultanés de la pellicule dans les plans horizontal et vertical. Dans les appareils bien construits et avec des bandes bien réglées, ces déplacements sont réduits au minimum, mais, si faibles que soient ces mouvements, ils ne laissent cependant pas encore, à la longue, de fatiguer le spectateur.
Pour remédier à ce défaut, M. Gaumonl a construit un petit accessoire qui donne d'excellents résultats. Sa construction est, comme le nom de l'appareil l'indique, fondée sur un assemblage à claire-voie de petits carreaux imitant les mailles d'un filet. 11 peut donc être constitué ou par des réseaux opaques appliqués sur une surface transparente, ou par une surface opaque ajourée en claire-voie.
La grille est donc un éventail {^fig* i46) de couleur noire, perforé d'une multitude de petits trous carrés; il suffira de l'interposer entre les yeux et l'image projetée et de lui donner un léger mouvement de va-et-vient, pour voir avec une netteté absolue et sans la moindre trépidation se dérouler la scène animée que le cinématographe projette sur l'écran.
L'usage de la grille permet en outre de donner un mouvement moins rapide au déroulement de la pellicule, tout en laissant la même animation au sujet.
On peut donc par ce moyen allonger la durée du spectacle, ménager la bande, et, lors de la prise du sujet, avoir sur une même bande une scène beaucoup plus longue que celles obtenues précédemment.
Employée par les spectateurs, la grille n'exige aucune modification aux appareils existants; son petit volume et sa forme ne
sauraient géaer en rien ceux qui ea foui usage ; et, en même temps qu'elle supprime tout scinùllement, elle amoindrit, d'une façon
très notable, les éclats provenant d'arrachements, d'égratignures et de défauts de la couche sensible de la pellicule.
Nettoyage de l'appareil. — Après chaque séance, il ne faut jamais négliger de faire subir un nettoj'age complet à l'appareil, car il est de toute importance de vérifier la propreté absolue de toutes les pièces du cinématographe; faute de ce soin, les bandes s'abiment rapidement et ne peuvent faire un long usage. Les pièces essentielles susceptibles de tourner ou de glisser seront toujours lubrifiées légèrement avec de la vaseline ou, à la rigueur, avec un mélange d'huile d'olive et de pétrole. De temps en temps elles seront nettoyées à fond avec un pinceau imbibé de pétrole.
Pendant ce nettoyage, éviter soigneusement l'introduction de tout corps étranger entre l'excentrique et le cadre porte-griffes, ce qui fausserait immédiatement l'appareil (système Lumière).
La glace-presseur doit être nettoyée avec soin après le passage de chaque bande, afin d'enlever les poussières qui abîmeraient la pellicule, en la sillonnant de rayures.
Le velours sera brossé avec une brosse à dents 1res propre et pas trop dure.
Entretien des pellicnleB, — Les pellicules doivent enfin être entretenues dans un état, de souplesse régulier; si elles sèchent trop, elles deviennent cassantes et les perforalions s'écaillent. On évite en partie cet accident par l'emploi du bain glycérine dont nous avons parlé page 137, mais par le passage à la lanterne, elles ne tardent pas à se dessécher et il faut les humidifier de nouveau : opération qui se fait dans la boîte dite à humidifier.
Celte boîte est séparée en deux compartiments horizontaux par un grillage en toile métallique.
Dans le compartiment inférieur on place un feutre épais ou des fragments d'épongé imprégnés d'eau additionnée de quelques gouttes d'acide phénique pour éviter les moisissures.
Dans le compartiment supérieur et sur le grillage on dispose les pellicules placées dans leur boite découverte.
Entre chaque séance on couvre cette boîte.
Le soir, les séances terminées, on enroule les bandes à l'envers et on les laisse enfermées dans la boîte à hnmidilier jusqu'au len-