‹ La photographie des commençantsChapitre 14 sur 37 · DU DEVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

DU DEVELOPPEMENT

68. — Sous ce nom, nous avons besoin de deux liqueurs que nous allons préparer à présent, et qui nous serviront chaque jour, à chaque opération; il vous faudra donc ici faire une certaine provision.

Voici devant vous (fig. 18) tous les corps réunis dont nous avons besoin.

On trouve dans le commerce d’épicerie ou droguerie à peu près partout, deux ou trois sels , c’est-à-dire deux ou trois corps cristallisés que l’eau dissout et qu’on appelle des couperoses. Pourquoi? Je ne saurais vous le dire; on connaît la verte, la bleue et la blanche. Nous n’aurons besoin que de la première, la verte; c’est un sel de fer dont le nom chimique est protosulfate. Vous le voyez dans un col bas placé au milieu de la figure 1 8 et portant sur l’étiquette PF : protosulfate de fer.

Le commerce fournit à très-bon compte ce sel en grandes masses, parce qu’il est emplovépour la tein ture des étoffes. A ce propos, je vous dirai que si vous faites avec ce sel des taches sur votre linge, elles

seront ce qu’on nomme des taches de rouille , et comme telles pourront s’enlever avec de l’eau de javelle, etc.

69. — Nous allons donc choisir un flacon ou un col qui tienne au moins 1 litre à 1 litre et demi ; on le voit à droite de la figure 18; nous y introduirons de ce sel en beaux cristaux verts d’eau , nommé protosulfate de fer , à peu près à moitié de sa capacité. Nous remplirons le surplus d’eau bouillie , d’eau de pluie, ou simplement d’eau de rivière.

Évidemment les cristaux seront trop nombreux pour fondre tous , c’est ce que nous voulons; il faut que nous gardions un excès de ce sel que l’eau ne puisse plus fairè fondre, auquel cas on dit qu’elle est saturée.

70. — Nous étiqueterons ce flacon : Eau saturée de protosulfate de fer , ou comme fig. 1 8 : Sol. Sat. P. F.

Toutes les fois que vous prendrez de cette solution, vous remettrez du sel vert P. F. (fig, 18) et de l’eau , de façon que le flacon soit toujours plein et l’eau toujours saturée.

Vous avez demandé chez votre marchand de produits chimiques de l 'acide acétique cristallisable . Le voilà, À. À, dans le flacon long bouché à l’émeri (fig. 18); c’est ce qu’on nomme vinaigre radical ou vinaigre des quatre voleurs ; encore un nom bizarre dont la provenance peut fournir pas mal d’histoires. Vous avez de l’alcool, § 54, et vous venez de vous en servir, § 62.

71. — Commençons : nous allons mélanger dans un flacon à bouchon de liège, de 250 grammes, bien

lavé et en nous servant toujours d’une des éprouvettes

graduées (fig. 1 2) :

Eau saturée de protosulfate de fer :

Sol. Sat. P. F. fig. 18 . 50 cent. cub.

Eau distillée ou de pluie. . . . 350 —

Alcool à 36° . 25

Acide acétique cristallisable A. A.

fig. 18 . 15

Toutes ces liqueurs seront jetées dans le même filtre placé dans un entonnoir sur le flacon, et par consé-

Fig. 18.

quent les impuretés ou dépôts ne se trouveront pas dans la solution définitive que vous étiqueterez : Développement an fer.

J’ai omis de vous recommander de choisir votre couperose verte en cristaux verts bien transparents et

non recouverts de poudre jaune ou blanche; cette efflorescence est nuisible à vos opérations futures.

Le flacon de solution saturée doit être tenu bouché , de même que le col P. F. (fig. 1 8) où vous conserverez votre provision de protosulfate de fer en cristaux.

72. — Je vois d’ici, dans un autre petit col en verre jaune, AP (fig. 18), une substance légère, blanche, en flocons, possédant une légère odeur de fumée, une saveur âpre que je ne vous engage pas à goûter. Ce corps porte le nom à1 acide pyrogallique ; nous allons en faire usage : c’est un corps très-léger, dont nous pèserons par conséquent de petits poids, tout en ayant un gros volume. 11 faut des balances pas grandes et très-bonnes. Si nous n’en possédions pas de bien sensibles, nous tâcherions d’en trouver une qui pût peser 4 grammes, par exemple, et nous diviserions, à vue d’œil, avec un couteau en bois et sur une feuille de papier, cette substance, d’abord en deux tas égaux, puis chacun encore en deux, puis chacun de ceux-ci encore en deux, ce qui nous donnera très-approximativementdes demi grammes ou 0,50gr. d’acide pyrogallique. C’est tout ce qu’il nous faut.

Chaque petit tas sera enfermé dans un papier et mis ainsi dans un col à large goulot bouché dans le genre de celui P. F. (fig. 18), pour servir au besoin.

75. — Nous allons bien nettoyer un flacon de 250 grammes et y préparer le mélange suivant :

Acide pyrogallique . 0sr, 50 = (1/2 gr.).

Eau distillée ou de pluie filtrée. . 1 50 cc

Acide acétique cristallisable ... 6 —

Maintenant que nous savons que tous les centimètres cubes se mesurent à l’éprouvette graduée, je ne le dirai plus.

Ce flacon sera étiqueté : Développement à V acide pyrogallique , et conservé à l’obscurité dans le laboratoire. Il ne faut pas faire ce mélange en grandes quantités, il perd ses propriétés en vieillissant, et au bout de huit jours ne vaut plus rien. Calculez suivant vos besoins présumés et refaites-en deux fois plus tôt qu’une trop abondante.

DU FIXAGE.

74. — Dans le coin le plus reculé de notre laboratoire, nous allons installer deux cuvettes l’une à côté de l’autre ; une un peu plus grande que vos glaces les plus grandes, au milieu de laquelle nous renverserons, le pied en l’air, un verre à champagne; si le pied est cassé, cela ne vaudra que mieux; nous pouvons également employer un entonnoir renversé, mais tant qu’il est bon, il trouve son emploi ; le verre cassé, au contraire , n’a plus que celui de support que nous venons de lui inventer. La seconde cuvette, beaucoup plus grande, peut être faite en bois de peuplier et doit recevoir des eaux de lavage, qu’un petit conduit en caoutchouc conduira dehors au besoin. La première cuvette peut être en gutta-percha ou en porcelaine. La gutta, à cause de sa couleur noire, est préférable.

75. — Vous allez faire choix d’un flacon d’au moins 1 litre : tous ces flacons peuvent être des bouteilles ordinaires de cette capacité, la forme du contenant n’influe pas sur son contenu, et il est con-

venu, une fois pour toutes, cher lecteur, que nous ne cherchons pas le luxe; nous poursuivons le but de vous faire réussir vite et certainement. Ce flacon d’un litre sera rempli d’eau distillée ou d’eau de pluie bouillie et bien filtrée, puis vous y ferez fondre :

Cyanure de potassium . 35 grammes.

Arrêtons-nous ici I Ce corps est un poison trèsénergique dont le maniement exige la prudence de l’âge mûr. Si vous êtes encore jeune, ô lecteur, remplacez ceci par la recette suivante, qui va moins vite, mais présente une innocuité absolue.

Mettez dans votre litre d’eau assez de ces cristaux blancs d liyposulfite de soude pour que l’eau ne les dissolve plus ; elle sera saturée, c’est l’état où nous en avons besoin.

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