Dans la première nous mettrons
^ ( Eau distillée . 1 litre.
( Chlorure d’or . 2 grammes.
On voit (fig. 37) en Y les deux petits flacons qui contiennent chacun 1 gramme d’or, tel qu’on les vend dans le commerce, on choisira le chlorure d’or jaune vif et non brun ou vert .
196. — Dans le deuxième vase, bouché à l’émeri, nous allons mettre :
A Eau distillée . . . T litre.
1 Chlorure de chaux . 20 grammes.
Tout ce chlorure ne se dissoudra pas, mais le surplus descendra au fond du flacon et servira à ce que la dissolution soit parfaitement saturée , ce qui est important : le chlore gazeux qui fait Futilité de ce liquide se dégageant continuellement, il ne faudra pas oublier de boucher le flacon ; la provision de ce sel est mise dans un col Z, étiqueté Ch. C.
197. — Enfin dans notre troisième bouteille nous allons mettre :
^ TEau distillée . 1 litre.
° ( Sel de cuisine . 5 grammes.
La saunière, connue de tout le monde, est apportée en X, et figure au milieu de nos accessoires avec ses enjolivements sculptés au couteau par les ouvriers de la forêt.
199. — Nous pouvons maintenant composer notre bain colorant au moyen des trois solutions faites tout
à l’heure, mais il est bon d’attendre que le chlorure de chaux soit un peu déposé. On doit en fdtrer une certaine partie dans un des verres gradués R que vous savez, et qui nous servent à chaque instant, comme je vous en avais prévenu, en vous les montrant au début de notre travail photographique (fig. 12).
Fig. 37.
199. — Versons donc dans la cuvette de porcelaine N (fig. 37) :
Eau distillée, Liqueur A. .
Liqueur B. .
Liqueur G . .
1 litre.
60 cc.
Ce mélange doit rester parfaitement limpide et incolore ou être légèrement teinté de jaune.
Il doit servir au moment même où il est fait, et ne se conserve pas; il n’en faut donc préparer que sui-
vant ses besoins, c’est-à-dire en en proportionnant la quantité , au nombre d’épreuves que l’on a devant soi. Le litre de bain vireur que vous venez de préparer suffit pour colorer 8 épreuves de 1 /4 de feuille,, ou environ 70 cartes de visites. Basons-nous là-dessus pour calculer approximativement ce qu’il nous faut de liquide.
200. — Nous prenons, une à une, nos épreuves baignant dans l’eau, et nous les plaçons dans le bain vireur; il faut les y remuer, les sortir du bain, et les y remettre constamment. Nous voyons la couleur passer au bleu, puis au noir violacé. Cet effet demande en moyenne 1 5 à 20 minutes, suivant la température; moins de temps quand il fait chaud, plus quand il fait froid. Ce changement de couleur est trèsremarquable, et il est en outre accompagné d’un blanchiment du papier fort important. En effet, mon cher élève et ami, vous vous apercevrez, lorsque le temps vous aura manqué, ou qu’on sera venu interrompre votre travail photographique, que vous trouverez, au retour, des épreuves dont le papier se sera coloré en jaune ou en brun. Eh bien! notre bain ramènera tout cela au blanc d’une façon merveilleuse.
201 . — Le point précis où il faut retirer les épreuves ne peut guère s’indiquer que par expérience. En remarquant, dans votre premier virage, des épreuves un peu trop colorées en bleu et d’autres un peu rouges, vous verrez le point juste où vous devrez vous arrêter, pour avoir, en fin de compte, la couleur que vous désirez; car chacun a son goût; les uns
aiment les épreuves rougeâtre-violacé ; d’autres bleunoir; d’autres enfin les préfèrent noir absolu, comme les gravures. Vous avez devant vous la palette chimique qui produit tous ces tons, et avec un peu d’expérience et de réflexion vous allez apprendre à la manier habilement.
FIXAGE.
202. — En même temps que vous avez préparé les solutions du virage, il eût été bon de composer le bain de fixage qui est la chose du monde la plus facile, mais qui contient un corps appelé hyposulfite de soude, que nous ne devons mêler à rien . S’il vous en reste aux doigts de légères parcelles quand vous toucherez le bain vireur, vous le décomposerez.
205. — Prenez donc garde. Une fois la main dans le bain d’hyposulfite, parfaitement innocent d’ailleurs, il ne faut plus la mettre dans un autre bain sans un lavage prolongé et réitéré; il ne faut pas non plus manier du papier positif sensibilisé ou non, tant que vous aurez des traces d’hyposulfite aux doigts, vous produiriez autant de taches indélébiles.
Dans :
Eau ordinaire filtrée . 1 litre.
mettez à fondre :
Hyposulfite de soude . . . 200 grammes.
Si vous avez de l’eau de pluie, je vous la recom-
manderai. Plus tard, vous vous en précautionnerez au moyen d’un petit tonneau placé à propos, et cette eau remplacera, pour votre chimie photographique, l’eau distillée souvent difficile à se procurer pure en province. Évitez que dans votre tonneau séjournent des feuilles ou autres particules végétales. Couvrez-le non hermétiquement, pour que l’eau reste en contact avec l’air, mais ne s’imprègne pas de poussière, etc.
204. — Vous voyez que mon sel d’hyposulfite étant parfaitement fondu, je prends dans le bain vireur mes épreuves arrivées au point convenable et je les porte immédiatement dans le bain fixateur.
203. — Voici que, sous mes yeux, elles changent encore une fois de couleur. Elles se dépouillent davantage, descendent de ton et d’intensité en prenant une légère teinte jaunâtre. Ne vous en effrayez point et remarquez, pour l’avenir, que quand ces épreuves sécheront, elles reprendront de l’éclat, et remonteront de ton autant au moins qu’elles avaient descendu. Toutes ces observations doivent donc par vous être notées, afin qu’elles dirigent vos appréciations dans la marche du traitement. Vous devez remarquer, maintenant que vous êtes plus habile et que vous vous familiarisez avec les manipulations chimico-photographiques, que nous marchons, comme je vous l’avais dit, du simple au composé, mais que sans fatigue nous sommes prêts d’arriver au but.
206. — Remplissons d’eau ordinaire deux grandes cuvettes en gutta ou en bois tout simplement. A ce sujet, je vous apprendrai qu’une cuvette en peuplier
épais de 20 à 25 millimètres, mais clouée de longs clous bien serrés, ladite cuvette imbibée d’huile chaude au pinceau, puis couverte d’une ou deux couches de peinture blanche ordinaire à l’huile, dure énormément longtemps, pourvu qu’elle contienne de l’eau sans cesse. Elle convient parfaitement et surtout très-économiquement aux lavages que nous devons faire.
207. — Si vous regardez, vis-à-vis le jour, au travers de la trame du papier une des épreuves que vous venez de plonger dans le bain d’hyposulfite depuis deux ou cinq minutes, vous allez apercevoir dans les endroits blancs une espèce de grenu formé par des parties opaques en points irrégulièrement répartis et portant le nom parfaitement significatif de poivré. Cet aspect indique que le sel d’argent opaque qui doit être dissous par le bain ne l’est encore que par place, aux endroits les premiers perméables du papier.
208. — Or, il faut, pour que le fixage soit complet, que, en transparence, le poivré ait disparu et que les blancs soient parfaitement purs : les blancs nous servent à juger des noirs, dont la couleur ne permet pas de voir le fixage par la disparition du poivré.
Ce point atteint, et vous voyez qu’il demande quinze minutes environ, nous portons chaque épreuve, vérifiée une à une , dans le premier bain d’eau placé ci-auprès.