III. — Manipulations
Mise au châssis. — La plaque est mise au châssis en tenant compte des recommandations qui ont été faites plus haut, c’est-à-dire en retournant la plaque par rapport à la position qu’elle occupe dans les procédés ordinaires de photographie, le dos de cette plaque étant dirigé du côté de l’objectif.
La plaque sensible est introduite dans le châssis munie du carton dont il est parlé plus haut, le côté noir en contact avec la couche sensible, et en prenant la précaution d’éviter tout glissement du carton.
Cette première manipulation, est effectuée en évitant de laisser la~ couche sensible exposée à I éclairage du laboratoire pendant un temps notable, de façon à éviter le voile qui se traduirait ultérieurement par une atténuation considérable des couleurs et par un voile général de l’image.
Exposition. — L’appareil étant disposé sur un pied, l’exposition a lieu comme s’il s’agissait du procédé ordinaire.
Vers le milieu de la journée et en plein soleil, le temps de pose est d’environ i seconde pour un objectif fonctionnant à fl 8.
Nous avons pris comme point de départ cette ouverture parce qu’elle correspond à un temps de pose de 1 seconde environ. Si l’on emploie un autre diaphragme les temps de pose seront approxi-
mativement les suivants :
F/io .
F/vio .
Si l’on opère le matin ou le soir, on augmentera les temps de pose d’autant plus qu’on opérera à une heure plus éloignée de midi.
Par temps couvert, il faudra sextupler approximativement la durée qui correspond au grand soleil.
Enfin, en hiver, on doublera ou l’on triplera toutes les durées.
Pour les portraits à l’atelier, il est préférable d’employer un objectif fonctionnant à f/5 au moins et, dans ces conditions, les temps de pose varieront entre io et 3o secondes, suivant l’état du ciel.
Bien entendu, les chiffres ci-dessus sont approximatifs et l’expérience seule permettra de déterminer les temps de pose corrects qui conviennent dans chaque cas.
Développement. — La plaque exposée est retirée avec précaution du châssis, dans le laboratoire obscur, de façon à ne pas rayer la couche, puis développée à l’aide des solutions A et B, composant le premier développement.
Pour une plaque i3 x 18, prendre :
Eau . . . ioo5
Solution A . iotm3
Solution B . . iocm3
Il convient de ne verser la solution B dans la cuvette qu'au moment où l’on va y introduire la plaque à développer, le révélateur étant très oxydable.
Ce révélateur ne peut servir qu’une fois et se colore à la fin de l’opération; il doit être rejeté.
Le développement doit durer exactement 2 minutes 3o secondes, et nous recommandons expressément de ne pas modifier cette durée qui est uniforme dans tous les cas.
Le sablier spécial que nous livrons et qui mesure ce temps de pose s’accroche à la lanterne et indiquera d’une manière très visible la fin de l’opération.
Nous rappelons que pendant ce premier développement la plaque doit être soustraite à l’action des rayons rouges de la lanterne. Il est par conséquent prudent de couvrir la cuvette pendant toute la durée de l’opération à l’aide d’un carton ou d’une planchette.
En outre la plaque ne doit être ni retirée du révélateur ni examinée pendant le développement, car elle voilerait infailliblement et la moindre trace de voile empêcherait V obtention de bonnes images.
Cet examen ne présente d’ailleurs aucun intérêt puisque la durée du développement est absolument fixe dans tous les cas.
Au bout de 2 minutes 3o secondes, la plaque est lavée sous un jet d’eau pendant i5 à 20 secondes.
Nota. — La température du bain de développement ne doit pas être supérieure à 180, sans quoi on risque de ronger les détails dans les parties claires.
Inversion de l’image. — L’inversion de l’image comprend la dissolution de l’argent réduit au cours de l’opération précédente, et un deuxième développement au diamidophénol.
Cette inversion de l’image s’effectue en plein jour ainsi que toutes les manipulations suivantes (à partir du moment où la solution de permanganate acide, qui fait l’objet de la manipulation suivante, aura été versée sur la plaque).
i° Dissolution de V argent réduit. — Au sortir du développement et après lavage sommaire, la plaque est plongée dans la solution C de permanganate acide. On peut constater au bout de 3 à 4 minutes que l’opération est terminée et que les couleurs sont visibles par transparence.
La plaque est alors lavée à l’eau courante, de nouveau, pendant 3o à 4° secondes.
2° Second développement. — Après ce lavage, la plaque est immergée dans le révélateur D. Cette opération doit être effectuée dans une vive lumière jusqu’à ce que les parties blanches aient complètement noirci. Cette opération dure de 3 à 4 minutes. Si le deuxième développement n’a pas été complet l’image s’affaiblit au moment du fixage (bain I).
Bien que l’image paraisse complète dès ce moment, elle exige un renforcement destiné à augmenter l’éclat des couleurs et la vigueur. Ce renforcement doit être précédé de la destruction de toute trace de révélateur par l’opération suivante :
Oxydation. — Immerger l’épreuve pendant environ io secondes, après un lavage de 3o à 4o secondes dans la solution E qui oxyde les traces de développateur pouvant encore imprégner la couche et permet ainsi de procéder au renforcement.
Renforcement. — Cette opération doit être précédée d’un lavage sommaire (i5 à 20 secondes) à l’eau courante.
Pour renforcer on prend :
Solution F. . . 1 oocm3
Solution G . iocm3
Plonger l’image dans ce mélange et observer l’accroissement d’intensité en examinant la plaque de temps en temps. Ce mélange jaunit peu à peu et finit par se troubler. Il doit être employé de suite et rejeté dès que le trouble commence à apparaître.
En général, le renforcement est suffisant avant que cette limite ne soit atteinte; mais si, pour renforcer davantage, il convenait de pousser plus loin l’opération, il faudrait préparer un nouveau bain et procéder à un deuxième traitement, les deux traitements par le bain renforçateur étant séparés par un lavage sommaire, puis un passage de quelques secondes dans la solution d’oxydation E et un nouveau lavage.
Pendant le renforcement, il peut arriver que les blancs de l’épreuve se teintent assez fortement en jaune. Ne pas se préoccuper du voile argentique qui en est la cause, ce voile disparaissant totalement dans le bain suivant.
Clarification. — Après le renforcement, laver la plaque pendant quelques secondes et l’immerger dans la solution H de permanganate à -njVô qui ne contient pas d’acide sulfurique. Laisser agir ce bain pendant 3o secondes à i minute.
Fixage. — Après un lavage sommaire, fixer dans la solution I, d’hyposulfite acide, pendant 2 minutes environ.
L’intensité de l’image ne doit pas diminuer par le fixage. Dans le cas contraire, c’est que le deuxième développement (bain D) n’a pas été prolongé suffisamment.
Lavage. — Enfin, un lavage à l’eau courante de 4 à 5 minutes suffit pour débarrasser la couche gélatineuse, très mince, des traces d’hyposulfite qu’elle peut contenir.
Remarque. — Il peut arriver que les blancs de l’image conservent une légère teinte jaunâtre; dans ce cas, on pourra répéter le double traitement au permanganate neutre ( solution H) suivi du traitement par le bain de fixage 1.
Séchage. — La plaque est mise immédiatement à égoutter et à sécher de façon que ce séchage s’ effectue aussi vite que possible, c’est-à-dire dans un local suffisamment aéré et à une température ne dépassant pas 20° à 25°.
Vernissage. — Après séchage complet de l’épreuve, il convient de vernir la couche à l’aide du vernis J. Cette opération s’effectue à froid en versant le vernis à la surface de la plaque à la manière bien connue.
Le vernissage a pour effet d’augmenter notablement la transparence et l’éclat des épreuves, en même temps qu’il assure leur conservation. On devra se garder d’employer un vernis ordinaire qui détruirait les couleurs.
Nota. — On devra se souvenir que la couche est très fragile et qu’elle ne doit pas être frottée pendant qu’elle est humide.
Nous recommandons de la façon la plus expresse de ne jamais traiter les plaques par l’alcool ou par des solutions alcooliques, soit pour les faire sécher, soit pour les vernir ou pour tout autre but, l’alcool amènerait la disparition totale des couleurs.
Pour éviter les insuccès, il est préférable de n’effectuer les manipulations que dans des cuvettes de verre, les cuvettes de porcelaine qu’on emploie souvent étant difficiles à nettoyer d’une façon parfaite en raison des fissures qui se produisent dans la porcelaine.
Recommandation importante. — Éviter d’exposer les épreuves au soleil ou à la chaleur qui pourraient produire des craquelures.
Insuccès ou accidents pouvant se présenter au cours du traitement des plaques Autochromes.
INSUCCÈS PROVENANT DE L’APPAREIL OU d’uNE ERREUR DANS LE TEMPS