ET CHEZ TOUS LES FOURNISSEURS POUR LA PHOTOGRAPHIE
Tous droits réservés.
https://archive.org/details/laphotographieen00lieb 0
A M. DAVANNE
Vice-Président de la Société Française de ^Photographie
HOMMAGE DE L’AÜTEUR
' ' ti -f ,,'f .‘ '
• •■•'■ '■»' 'VJ <:vt;
-V > -i Kt i i<^-y.é • >.< t
■•if.
<■ tt; .î I; I i'Vf» I’ -
•■<sr <r;*.
PRÉFACE
La rapidité avec laquelle la deuxième édition de La Photographie en Amérique a été épuisée^ et les éloges très-flatteurs et trop indulgents sans doute que beaucoup de praticiens et d’amateurs ont bien voulu nous adresser sur la façon dont cet ouvrage avait été traité, nous ont encouragé à continuer notre œuvre en écrivant une troisième édition beaucoup plus complète que les précédentes.
Jusqu’à présent, dans les publications spéciales, les auteurs, préoccupés des rapides progrès de cet art merveilleux, ont consacré tous leurs efforts au développement de la partie technique formant la base de la photographie proprement dite, en négligeant les questions d’éclairage et de pose, qui ont cependant une
PRÉFACE
grande importance pour le portrai triste jaloux de produire des œuvres vraiment artistiques; car la lumière étant la palette du photographe, il faut être maître de ce collaborateur capricieux.
Nous avons essaye de combler cette lacune en indiquant, d’une façon aussi claire et précise que possible, avec spécimens à l’appui, la façon dont nous procédons pour produire les différents modes d’éclairage et les poses qui conviennent le mieux, selon le caractère et la physionomie des personnages à photographier. Pour cela, nous avons décrit avec soin la disposition et l’organisation des ateliers, l’agencement des rideaux, des écrans, des réflecteurs et dos accessoires indispensables pour permettre d’arriver à un bon résultat en toute saison et sous toutes les latitudes; chacun pourra alors suivre la voie que nous avons indiquée et perfectionner, selon son goût et son talent, ce que nous avons ébauché d’une façon générale.
Tous les procédés contenus dans nos précédentes éditions ont été essayés avec soin, afin d’éviter les tâtonnements et les insuccès, et nous avons ajouté tous ceux, plus récents, qui nous ont paru utiles dans leur application.
Les impressions inaltérables au charbon, aux encres
PRÉFACE
grasses, en phototypographie, en gravure héliographique et en couleurs, que nous avions à peine effleurées dans notre deuxième édition, ont été décrites dans leurs moindres détails, grâce au concours bienveillant des spécialistes de chacune de ces branches de la photographie qui ont bien voulu nous communiquer leurs formules vraies^ et nous permettre d’assister à leurs opérations, dont nous avons pu faire alors une description complète qui servira de Guide à tous ceux qui voudront pratiquer ces procédés.
Nous ne prétendons pas cependant que tout d’abord, et aux premières opérations, même en suivant rigoureusement ce qui sera prescrit, on obtiendra des résultats pouvant rivaliser avec les productions des praticiens les plus exercés. Certes, il faudra, au contraire, pratiquer longuement et avec persévérance avant d’être bien sûr de soi, et surtout avant d’avoir acquis le tour de main indispensable aux opérations de tous genres qui constituent la photographie ou l>es branches qui s’y rattachent, car il existe une foule de détails qui échappent au premier abord et que l’habitude des manipulations peut seule faire comprendre ; aussi insistons-nous pour qu’on tienne compte de toutes nos observations, qui faciliteront beaucoup le travail.
PRÉFACÉ
On nous pardonnera si, pour être clair dans nos' démonstrations, nous avons négligé le côté littéraire; nous n’avons pas cherché à faire œuvre de style, mais simplement un travail utile à ceux qui veulent faire de la belle photographie. Nous nous estimerons heureux si nous avons atteint le but.
LA
INTRODUCTION
La photographie peut être définie en deux mots : l’action de la lumière blanche sur les sels d’argent.
Nicéphore Niepce et Daguerre sont les premiers qui aient démontré que la lumière, frappant sur une substance connue en chimie sous le nom d’iodure d’argent, pouvait reproduire une image quelconque avec la fidélité du miroir jointe au fini artistique. Cette découverte, incomplète dans le prin- • cipe, a été rapidement perfectionnée par tous les chimistes du globe, qui ont travaillé sur cette idée première, si riche ^ d’avenir.
Des recherches faites dès l’année 1792 par M. Wedgwood et sir Humphrey Davy démontrent que, déjà à cette époque, on savait que la lumière agissant sur certains sels d’argent en changeait la couleur; mais la difficulté qu’ils rencontrèrent pour fixer l’image obtenue dans la chambre noire, jointe à l’imperfection de la science à cette époque, leur fit abandonner ces premiers essais, qui furent repris en 1814 par Nicéphore Niepce, et plus tard par Daguerre.
C’est seulement le 7 janvier de l’année 1839 que les premiers essais de Daguerre, qu’on peut, à juste titre, nommer
l’inventeur du procédé qui porte son nom, ont été livrés au public par la voix de l’illustre Arago, directeur de l’Observatoire, qui, le premier, avait compris l’importance de cette belle découverte, lorsqu’il fit son rapport à l’Institut. La France accorda une pension viagère à Daguerre et aux héritiers de Niepce, son collaborateur, pour pouvoir livrer au domaine public cette sublime invention, qui devait révolutionner le monde artistique.
Les premiers essais furent faits sur plaques métalliques sensibilisées par des vapeurs d’iode, et pendant plusieurs années on reproduisit des images exclusivement sur ces plaques, dites daguerriennes; mais le peu de sensibilité de cette substance rendait les opérations d’uné lenteur désespérante. Aussi les chimistes et les savants concentrèrent-ils tous leurs efforts au perfectionnement des moyens accélérateurs, en même temps que les opticiens modifiaient la construction des objectifs, alors insuffisante, surtout pour l’exécution du portrait.
M. Fox Talbot, en Angleterre, a, par des expériences suivies, amené la découverte de la photographie, presque en même temps que celle sur plaques argentées; mais cette belle découverte fut longtemps négligée. C’est à M. Blanquart-FiVrard que revient l’honneur de l’avoir perfectionnée et vulgarisée.
Un grand progrès fut obtenu en 1847 par M. Niepce de, Saint-Victor, qui eut l’idée d’employer l’albumine coupée d’eau et contenant un iodure alcalin pour former une couche adhésive, mince et transparente, appliquée sur le verre et rendue sensible à faction de la lumière par son immersion dans un bain d’azotate d’argent.
A peu près à la même époque, M. Le Gray indiqua l’emploi du papier ciré pour obtenir des négatifs.
Ces deux procédés, qui avaient donné des résultats relativement très-bons, furent détrônés vers 1850 par la découverte du collodion. La découverte ou plutôt l’application de ce nouveau subjectile a été revendiquée par un grand nombre de chercheurs; il se compose d’un mélange de xyloïdine dissous dans féther alcoolisé.
INTRODUCTION
Le coton-poudre ou pyrqxyle, par ses propriétés glutiueuses et adhésives, lorsqu’il est dissous dans une certaine quantité d’un mélange d’étlier sulfurique et d’alcool, permet de former sur le verre une couche aussi mince, aussi unie et aussi transparente qu’il est possible de le désirer pour recevoir l’image de la chambre noire. Son emploi en photographie date de 1850, et c’est M. Lamotte, à qui M. Simon, pharmacien à Berlin, avait indiqué les propriétés du coton azotique, qui un des premiers obtint, avec de l’éther sulfurique alcoolisé et le pyroxyle, le liquide connu en photographie sous le nom de collodion. Aussitôt son apparition, M. Gustave Le Gray, l’infatigable chercheur, l’a appliqué à la photographie avec un succès incontestable, car c’est à lui qu’on doit surtout les magnifiques vues marines de grandes dimensions prises instantanément, qui datent de cette époque. Pendant la même année, M. Larcher, de Londres, publia une description complète des procédés qu’il employait en se servant avec succès du collodion.
Depuis, la photographie a fait des progrès rapides : la science, apportant son concours aux hommes pratiques qui se sont livrés avec ardeur au développement de cette belle découverte, a réussi à déterminer d’une manière certaine les éléments dont se composent les images photographiques*
Mais là ne devaient pas s’arrêter les efforts des esprits ingénieux qui avaient consacré leur temps à la recherche des perfectionnements dont cette nouvelle découverte était susceptible; une foule d’industriels et d’artistes, sentant le parti avantageux qu’on pourrait tirer de cette nouvelle industrie, apportèrent leur collaboration à l’œuvre générale. C’est alors que le monde émerveillé vit paraître successivement les images stéréoscopiques représentant la nature avec une exactitude, un relief et une vérité saisissants ; les épreuves microscopiques complètement invisibles à l’œil nu, mais prenant des proportions considérables sous le stanhope, et permettant de réunir sous un volume infiniment petit soit des portraits, soit des dépêches manuscrites ou imprimées, auxquels on rend les dimensions voulues par un grossissement proportionné, ainsi que cela s’est pratiqué sur une large
échelle pendant le siège de Paris, en 1870-1871 ; enfin, les portraits-cartes accessibles à toutes les bourses, dont la vogue justement méritée augmente chaque jour, en raison de la facilité avec laquelle on peut réunir dans un simple album la collection de toutes les personnes aimées.
Peu de temps après, la photographie, se prêtant aux exigences du public, produisit des images amplifiées jusqu’à la grandeur naturelle, au moyen d’appareils spéciaux (1). Le peintre s’adjoignit alors le soleil comme collaborateur, en lui faisant dessiner sur sa toile l’ébauche du tableau qu’il ne lui restait plus qu’à couvrir de couleurs.
Des collections curieuses et instructives, représentant les sites pittoresques des cinq parties du monde, les monuments anciens et modernes, sont venues enrichir les musées, depuis surtout que la découverte du collodion préservé sec permet au voyageur photographe de rapporter des clichés irréprochables, sans avoir l’embarras d’un matériel énorme.
Enfin, après M. Poitevin, qui a substitué l’encre d’imprimerie aux sels d’argent, pour rendre les épreuves inaltérables, de nombreux perfectionnements ont été apportés à cette belle science par MM. Niepce de Saint-Yictor, Nègre, Talbot et Girard, dont les recherches couronnées de succès ont amené la découverte de la gravure photographique, qui permet d’obtenir à l’aide d’une image négative une planche gravée sur cuivre ou sur acier, et d’en tirer ainsi un nombre indéfini d’exemplaires.
Plus récemment, les Tessié du Motay, et Maréchal, de Metz; Albert, de Munich; Janssen, Obernetter, Woodbury, Edwards, Gilot, Rousselon et tant d’autres savants et pionniers de la photographie, sont venus apporter leur précieux concours en perfectionnant les impressions rapides et mécaniques par les encres grasses, la photo-litho-
(1) Les premières chambres solaires pour l’agrandissement des images d’après un clichéde petite dimension sont dues à M.Woodward, de New-York : c’est d’après son système, entièrement modifié, que nous avons fait exécuter un appare'l spécial sans réflecteur, dont on trouvera la description et les dessins dans le courant de cet ouvrage.
INTRODUCTION
graphie, la photo-typographie, l’héliogravure, les vitraux décoratifs, la photographie astronomique et industrielle, etc.
Les émaux photographiques, dont la finesse et la beauté surpassent les miniatures des plus grands maîtres, et dont l’inaltérabilité peut rivaliser avec les plus belles productions de Limoges, montreront à la postérité le génie de ce siècle, fécond en découvertes utiles.
Nous sommes heureux de pouvoir constater les progrès rapides de cet art merveilleux, qui, nous en sommes convaincu, iront toujours grandissant, et rendre hommage aux savants et aux praticiens zélés dont les efforts tendent chaque jour à élargir le cercle de la photographie.
cr-.
fe-.
xa?;'! / ,'
rVr *' ■
'J ïr *■>'?••. i’i
;,S r*jjv . :«;r‘-. KÎ ,fr’;