TIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES SUR TOILES
sonnes qui préfèrent avec raison un portrait peint à l’huile sur toile, d’une durée assurée, aux épreuves très-belles, il est vrai, qu’on produit sur papier, mais d’une solidité contestable et d’une durée très-limitée, surtout si elles sont faites aux sels d’argent.
D'aulre part, une ressemblance parfaite demande chez un peintre un talent malbeureusement très-rare; ce genre de portrait nécessite, eu outre, plusieurs séanees de pose longues, fatigantes et ennuyeuses, dont beaucoup de personnes seraient bien aise de s’alfrancbir. Nous allons donner un procédé facile pour obvier aux inconvénients que nous venons de signaler, tout en conservant les avantages qu’otbe la peinture à l’huile sur les images faites sur papier.
Le travail du peintre ne sera plus alors qu’un simple coloris sur un dessin parfait, rendant l’expression exacte des traits de la personne qui aura posé seulement pour une photographie, et se dispensant ainsi de ces longues séances où l’ennui change souvent le jeu de la physionomie.
Quelques minutes d’examen devront suffire au peintre pour se rendre compte des nuances à reproduire.
Gomme ce mode de reproduction est surtout employé pour des peintures de grandes dimensions, on obtiendra d’abord un bon négatif 1/4 semblable à ceux qu’on desline à être amplifiés par l’appareil solaire; ce négatif devra être même plus transparent, s’il est possible, que ceux employés pour les reproductions sur papier.
La toile préparée au céruse, bien tendue sur son châssis, sera frottée énergiquement sur toute sa surface au moyen d’un tampon fait avec de vieux chifTons, trempé dans une solution d’ammoniaque étendue de deux fois son volume d’eau ordinaire. Cette lessive neutralise l’action de l’huile. Après un bon lavage, frottez de nouveau la toile avec un autre tampon imbibé largement dans un bain composé de :
Kaii ordinaire 100 c. c.
Acide citrique 0 grammes.
pour neutraliser l’alcalinité de la surface.
Lavez à grande eau et, lorque la toile est parfaitement
sèche, couvrez-la avec soin, à l’aide d’un large pinceau (dit queue de morue), de la liqueur suivante :
Alcool à 36 degrés 250 c. c.
Acide citrique 5 grammes.
Chlorure de calcium 3 —
Résine de benjoin 3 —
L’acide citrique pulvérisé et le chlorure de calcium sont d’abord dissous dans une très-petite quantité d’eau, puis ajoutés au benjoin également pulvérisé et dissous dans l’alcool. Après un repos de quelques heures, on filtre sur papier et la liqueur est prête à servir.
Lorsque la toile recouverte de cette solution est bien sèche, on peut la sensibiliser en la frottant avec un tampon de coton ou un pinceau trempé dans un bain d’ammonio-nitrate d’argent semblable à celui décrit page 343.
L’exposition peut se faire sous un cliché dans un châssispresse, pour les petites dimensions, ou dans la chambre solaire, pour les agrandissements ; on suivra en tous points les indications données pour le pdipier albuminé.
Lorsque l’image est assez vigoureuse, on la fixe en couvrant la toile pendant quelques minutes d’un bain composé de :
Eau dislilléc
Hyposulfite de soude Clilorure d'or . . . .
1 litre.
180 grammes.
On termine par un bon lavage à l’eau courante.
On peut également opérer par développement comme il a été indiqué page 404. Dans ce cas, lorsque la toile a subi le dégraissage, on la borde tout autour avec un papier fort pour former cuvette, et on lui fait subir la préparation, l’insolation et le développement de la même façon que si on opérait sur papier.
Nous indiquons plus loin, au chapitre spécial traitant de la photographie au charbon, le moyen de transporter une image photographique amplifiée ou non, sur une toile à peindre ; cette méthode, qui offre peu de difficultés, sera dans bien des cas préférée aux deux précédentes.
LA ^VHOTHLYTYPIE
Tirage des épreuves sur papier recouvert de collodion au chlorure d’argent. — M. Wharton-Simpson a indiqué un procédé pour l’impression des images positives sur papier recouvert de collodion au chlorure d’argent, qui donne des épreuves d’une finesse et d’une transparence admirables, aussi bien dans les grandes ombres que dans les blancs, qui sont alors plus harmonieux et moins crus que sur le papier albuminé ordinaire.
Le papier préparé par cette méthode a de plus l’avantage de conserver sa sensibilité pendant très-longtemps, lorsqu’il est maintenu à l’abri de toute lumière actinique.
La formule du collodion chlorure d’argent est la même que celle décrite page 239, à laquelle on ajoute environ 1 gramme depyroxyle par 100 centimètres cubes de collodion, afin de produire une couche très-épaisse.
Le papier doit recevoir un encollage préalable d’arrow-root ou de gélatine cà 7 ou 8 p. 100, qui assure l’imperméabilité en même temps que l’adhérence du collodion; cette application doit être faite à chaud; et, avant dessiccation complète, le papier est collé par les bords sur une glace ou sur une planche à dessin, afin de présenter une surface bien tendue, lorsqu’il est complètement sec. C’est alors qu’on le recouvre de collodion chlorure en le versant comme on le ferait sur une glace : quand le papier ainsi préparé est sec, on coupe les bords et il est prêt rà recevoir l’image.
Lorsque l’image est imprimée, on la vire et on la fixe dans un bain d’or au sulfo-cyanure d’ammonium décrit page 242, puis on termine par un bon lavage.
Afin d’éviter que la couche de collodion se fendille, l’image doit être collée sur carton pendant qu’elle est encore humide.
La ’Whothlytypie. — Le procédé de M. Wothly, qui a fait son apparition en 1865, a beaucoup d’analogie avec le précédent ; il est également basé sur l’application du collodion à la surface du papier.
La seule différence qui existe est l’addition de nitrate d’urane au nitrate d’argent qui entre dans le collodion, qu’on
applique alors sur du papier albuminé avec les mêmes précautions que nous avons décrites plus haut.
Les opérations suivantes pour l’insolalion, le virage et le fixage se font également comme il vient d’être dit.
Les clichés qui sont imprimés par cette méthode doivent être plus vigoureux et plus intenses que ceux qui servent au tirage sur papier albuminé ordinaire. Néanmoins, l’insolation est moitié moindre environ, et les images ont un relief et une douceur remarquables.
Révivifier et ramener à son ton primitif une épreuve altérée. — Une épreuve altérée ou jaunie, sans cependant avoir complètement disparu, peut être restaurée et ramenée à un degré de vigueur presque aussi beau que celui qu’elle avait dans le principe, en la plongeant dans une solution composée de :
Eau filtrée 1 litre.
Solution saturée de bichlorure de mercure dans l’acide chlorhydrique 20 gouttes.
Observez avec soin le moment où l’image sera ramenée à un ton pourpre vigoureux, retirez-la aussitôt, et lavez avec le plus grand soin dans plusieurs eaux.
Séchez et montez sur bristol.
Les épreuves traitées ainsi prendront un ton rougeâtre, qu’on pourra rendre plus chaud en les virant de nouveau dans une solution de chlorure double d’or et de potassium à 4 p. 1,000.
Lorsque les images passées ont conservé une certaine quantité de soufre, il peut arriver qu’elles disparaissent entièrement dans la solution de bichlorure de mercure ; on pourra les faire reparaître, après un lavage convenable, en les immergeant dans un bain d’ammoniaque liquide trèsétendu d’eau.
En tout cas, la teinte jaune que prennent avec le temps beaucoup d’épreuves mal fixées, disparaît en quelques minutes, et l’image reprend toute sa vigueur.