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CHAPITRE IV

AMBUOTYl'ES OU ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES SUR VERRE

Nettoyage des glaces. — Préparation du collodion. — Bains d’azotate d’argent pour positifs directs sur verre. — Solutions révélatrices. — Fixage des épreuves positives. — Opérations pratiques. — Positifs directs perlés. — Coloris des images directes sur verre.

Les images positives directes sur verre sont d’une finesse de détails et d’une douceur de tons bien supérieures aux photographies sur papier ; le seul désavantage qu'elles aient est de ne pouvoir se multiplier autrement que par des copies qui demandent pour chacune d’elles un travail semblable à celui nécessité par l’original, au lieu de pouvoir se reproduire à l’infini, à l’aide d’un cliché type, comme les positifs sur papier.

L’image est formée sur la glace par un dépôt d’argent qui se fixe sur les parties éclairées du modèle, en diminuant par gradation de teintes jusqu’au noir, dont l’effet est produit par la transparence complète de la glace derrière laquelle on applique une couche de vernis noir, à moins cependant qu’on n’ait employé une glace noire ou pourpre qui remplace avec avantage le vernis, parce que le fond noir étant en contact immédiat avec l’épreuve, les tons de l’image ressortent plus clairs et plus brillants. Vue par transparence, cette image est à peine visible lorsqu’elle a été prise sur une glace blanche. Ce procédé, qui a eu une grande vogue après le daguerréotype sur plaque argentée, est beaucoup moins employé depuis que la photographie sur papier a fait son apparition.

Nettoyage des glaces* — La qualité des glaces et leur nettoyage sont d’une importance absolue pour ce pro-^

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cédé, dont la première des conditions est de produire une image parfaitement nette et transparente, exempte de œ voile plus ou moins léger qui couvre généralement les négatifs, et qui est dû le plus souvent à l’impureté et au mauvais nettoyage des glaces. Ce léger voile est sans inconvénient pour les épreuves négatives; mais il n’en est pas de même pour les images directes sur verre, dont le plus grand mérite est la pureté et la profondeur dans les ombres, la finesse des demi-teintes et la blancheur éclatante dans les clairs du modèle.

Des glaces, qui en apparence semblent propres, laissent cependant des traces d’impureté très-sensibles sur l’épreuve vue par réflexion. Ces impuretés proviennent, soit d’une couche graisseuse adhérente à la glace lorsqu’elle est neuve, soit d'un dépôt d’argent métallique lorsque cette glace a déjà servi ; enfin les vapeurs provenant des substances chimiques venant s’attacher à la glace lorsqu’elle est nettoyée, l’humidité ou quelques grains de poussière, en s’interposant entre le verre et la couche de collodion produisent des taches, des voiles ou autres accidents fâcheux.

Il est toujours économique de se servir de glaces de première qualité; l’opération est beaucoup plus certaine que sur celles d’un choix inférieur, qui donnent le plus souvent des images défectueuses, ternes, tachées et sans valeur. Pour plus de sûreté, les glaces neuves seront lavées dans un bain de potasse caustique et de'cyanure de potassium, comme il est dit page 178. Celles qui auront servi seront plongées pendant une nuit dans une solution d’acide azotique coupée d’eau; enfin on emploiera les précautions de toute nature que nous avons indiquées pour les verres destinés aux négatifs, tout en employant des glaces d’une meilleure qualité.

On enlèvera le vernis noir des glaces qui ont déjà servi, en les laissant séjourner d’abord dans une forte solution d’essence de térébenthine et d’alcool; elles seront ensuite nettoyées comme à l’ordinaire.

Pendant la manipulation, les mains ne doivent se porter que sur les bords de la glace ou sur le point extrême de l'angle qui servait à la tenir pendant l’étendage du collodion.

SENSIBILISATION DU COLLODION

Préparation du collodion. — Le collodion dont on se sert pour les épreuves positives directes sur verre doit être Irès-lluide, pour s’étendre sans stries sur la glace et donner une couche mince et transparente; il sera moins fortement ioduré que celui indiqué pour les négatifs; car il est nécessaire d’avoir une couche d’iodure d’argent moins épaisse et plus facile à dépouiller dans les parties non attaquées par la lumière.

Nous allons indiquer plusieurs formules dont nous nous sommes toujours servi avec avantage, et qui nous ont donné des épreuves vigoureuses, claires et brillantes, avec une rapidité très-satisfaisante.

Il est bien entendu qu’on ne devra employer pour sa composition que des produits chimiques parfaitement purs.

Collodion normal.

Ellier sulfurique coucentré à 65 degrés . . 350 c. c.

Alcool rectifié à 40 degrés 220 —

Colon azotique à haute température ... 4 gr. 50

Laissez reposer quelques heures, puis décantez ou filtrez dans un flacon bien propre, en laissant de côté le dépôt qui s’est formé.

Sensibilisation du collodion.

Collodion normal 525 c. c.

Bromo-iodure d’argent en solution .... 45 —

Acide hydro-bromique 23 gouttes.

Bain crnrgont à. 9 pour fOO.

Collodion normal

lodure de potassium

Bromure d’ammonium

Solution d’iodure d’argent . . .

Iode pur

3 gr. 5.

8 décigrammes.

2 décigrammes.

Bain d’argent à B pour lOO.

On trouvera plus loin la manière de préparer les solutions sensibilisatrices.

Collodion normal d2d c. c.

lodure de potassium 3 grammes.

Bromure de potassium 1 —

Solution saturée d’iodure de potassium

dans l’alcool 90 gouttes.

Acide hydro-bromique 25 —

Bain d’argent à B pour lOO.

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