DES CHASSIS
l’image du cliclié occupe le milieu de l’ouverture; d’autre part, on aurait un verre ordinaire de la dimension exacte du cache, sur lequel on aurait eu soin de coller l’intérieur du masque qui devra alors correspondre avec l’ouverture lorsqu’ils sont superposés ; l’image étant imprimée, il suffira, pour teinter les bords, de retirer le papier au charbon du châssis, de le poser à plat sur une planchette, face en dessus, et de le recouvrir du verre portant au centre le masque destiné à préserver l’image pendant l’exposition à la lumière, comme cela se fait habituellement pour les images aux sels d’argent.
Quel que soit le châssis que l'on emploie, on devra s’assurer que le coussin en papier buvard ou en feutre est bien sec ; car, s’il en était autrement, l’humidité pourrait se communiquer au papier mixtionné qui, en se ramollissant, se collerait au cliché et le détruirait.
Avant d’effectuer le tirage complet de la journée, il est bon de faire une épreuve d’essai pour s’assurer de la sensibilité du papier préparé ; on prend, pour cela, un cliché de force moyenne sur lequel on imprime une ou deux épreuves au juger, et on note le numéro ou le nombre de teintes du photomètre qui donne le meilleur résultat; il est alors facile de comparer la densité relative des autres clichés et d’imprimer sûrement.
Il est à remarquer que le papier mixtionné bichromaté s’impressionne relativement moins vile, comparé au papier albuminé, vers la fin de la journée, c’est-à-dire lorsque le soleil est sur son déclin, que le matin ou au milieu de la journée, en raison de la force de pénétration qui agit plus activement sur le papier au chlorure d’argent que sur la gélatine sensible lorsque l’actinisme est moindre. Nous poserons donc pour exemple qu’un cliché ayant donné une épreuve largement imprimée à quatre teintes, à dix heures du matin, exigera cinq et même six teintes à quatre heures du soir, pour former une image de même valeur. On devra tenir compte de ce phénomène, dont l’action est encore augmentée par l’insolubilité toujours croissante de la gélatine qui a subi l’insolalion depuis un temps plus long.
Si on était obligé de tirer en plein soleil, il faudrait pousser l’impression au photomètre un peu plus loin que lorsqu’on imprime à la lumière diffuse, qui est, dans tous les cas, toujours préférable.
Lorsque la lumière n’a pas permis de donner à l’image une exposition suffisante, on peut attendre jusqu’au lendemain pour la développer, et il peut se faire alors qu’elle soit complètement imprimée, car, d’après des observations souvent répétées, l’impression se continue après que l’action de la lumière a cessé; il ne faudrait pas cependant attendre trop longtemps, car alors la gélatine, devenant trop insoluble, laisserait, après le développement, des marbrures et des inégalités qui nuiraient à la pureté de l’image.
Pendant les temps humides, comme le papier au charbon est plus sensible que par une température sèche, fexposition doit être moindre; mais il faut toujours que le papier soit parfaitement sec avant de le mettre en contact avec le cliché, car s’il en était autrement il se collerait au cliché, qui serait alors perdu. Par contre, certains papiers mixtionnés, contenant peu de sucre, s’étendent difficilement lorsque le temps est sec, et, pour cette raison, n’adhèrent pas complètement au cliché, ce qui produit des images partiellement floues; il est bon, pour éviter cet inconvénient, de mettre ce papier en presse pendant quelques minutes avant de l’employer, pour qu’il prenne une planimétrie parfaite ; on pourrait au besoin le placer pendant quelques instants dans un endroit frais, mois non huniiiSe, et toujours à l’abri de la lumière blanche.
Opérations préliminaires pour le développement par le double transport. — L’image imprimée par les sels de chrome est aussi invisible sur la couche de gélatine colorée qui compose le papier mixtionné, devenu partiellement insoluble sous faction de la lumière, que celle qui se trouve sur une glace iodurée, lorsqu’on la rentre dans le laboratoire pour la développer après la pose.
Il y a plusieurs moyens de développer les épreuves au charbon, mais comme l’image ne peut conserver toute la
PRÉPARATION DES GLACES DE SUPPORT ol9
finesse et les demi-teintes que donne le cliché qu’autant qu’on élimine par l’eau chaude la gélatine colorée non insolubilisée par la lumière, en agissant du côté opposé à celui qui a reçu l’impression, il faut appliquer d’abord la surface insolée sur un support provisoire, qui retienne et préserve l’image pendant le dépouillement qui se fait du côté opposé; et, comme cette image serait alors retournée, il faut avoir recours à un second transport définitif pour la redresser, à moins qu’on ne se serve de clichés pelliculaires ou retournés, comme il sera expliqué plus loin, auquel cas l'image imprimée par l’envers du négatif peut être développée sur le support définitif, car elle se trouve redressée naturellement.
Nous expliquerons plus loin les avantages et les inconvénients de cette méthode, au chapitre du développement par transfert simple.
On peut employer, comme support provisoire, le papier caoutchouté ou enduit de stéarine, de gomme laque, etc., etc.; le papier albuminé, le mica, la porcelaine, le cuivre, le zinc, le verre, etc., etc. C’est de ce dernier subjectile dont nous nous occuperons plus spécialement pour les images de petites dimensions, telles que la carte et la carte-album que l’on veut produire d’emblée avec le brillant de l’émail ou le demi-brillant du papier albuminé.
11 est à remarquer, néanmoins, que les épreuves développées sur papier sont plus fines, plus modelées, et conservent plus de demi-teintes que celles qui ont été appliquées sur une surface rigide, qui ne permet pas toujours une adhérence aussi parfaite, à cause du relief de la gélatine qui forme l'image, mais elles ne sont pas susceptibles de conserver le grand brillant que l’on obtient par un développement sur une surface polie.
Dans tous les cas, le développement sur papier stéariné ou à la gomme laque (support flexible) est de beaucoup préférable à celui qui se fait sur zinc grainé ou sur verre dépoli, pour les images de dimensions moyennes qui doivent rester mates.
Préparation des glaces de support pour les
épreuves émaillées. — Des glaces ou des verres exempts de bouillons, autant que possible (1), sont nettoyés comme pour le travail ordinaire des clichés ; après quoi, on frotte un côté de cette glace avec un tampon de papier Joseph, imprégné de la solution suivante :
Benzole pure (2) 1 litre.
Cire jaune à frotter 10 grammes.
Résine en poudre de 1 à 2 —
en ayant soin que toute la surface en soit bien couverte; aussitôt que la benzine est évaporée, ce qui nécessite quelques secondes, on enlève l’excès de la cire en frottant vivement avec un tampon de flanelle propre et sèche, jusqu’à ce que la glace reprenne son aspect brillant, c’est-à-dire qu’elle ne conserve aucune raie ou marque de corps gras, mais en ayant soin cependant de ne pas mettre la glace entièrement à nu. Gomme l’image conserve l’empreinte exacte du support sur lequel elle a été développée, elle sera d’autant plus pure et brillante que la glace est plus propre, et cirée plus également; donc, toute raie ou agglomération de cire non frottée fera tache sur l’épreuve.
Lorsqu’il fait froid, il arrive fréquemment que la cire se fige promptement en laissant un semis de petits points opaques qui produisent sur l’image une foule de taches brillantes dont l’effet est désagréable à l’œil.
Cette opération peut se faire à l’avance et sur une grande quantité de glaces, mais il faut avoir soin de marquer le côté non préparé avec un pinceau trempé dans du rouge à l’eau, car il serait ensuite difficile de le reconnaître.
Le nettoyage et le cirage des glaces doivent être faits avec le plus grand soin, car il pourrait résulter les accidents suivants :
(1) Les verres opales ou les plaques de porcelaine sont préférables à tous les points de vue, parce que, lors du développement, on peut suivre avec plus de sûreté le dépouillement de l’image et l’amener à sa valeur exacte ; seulement le prix en est beaucoup plus élevé.
(2) On trouve difficilement dans le commerce de la benzole exempte de matières grasses ou résineuses qui empêchent le décollement des épreuves ; c’est pourquoi nous recommandons l’emploi de la benzine Colas, dont la rectification est parfaite et qui donne des résultats excellen ts et réguliers