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OBTENTION DES TROIS NEGATIFS

Trois négatifs sont pris, soit successivement avec un appareil ordinaire, muni de trois châssis garnis chacun de l'un des écrans colorés, soit simultanément et d'un seul coup à l'aide d'un triple appareil chromographique.

Si l'on fait usage d'un appareil ordinaire, on se trouve souvent en présence d'inconvénients sérieux : des changements peuvent se produire dans le modèle pendant l'intervalle des trois poses. L'éclairage du sujet peut se modifier, des ombres portées peuvent se déplacer, des nuages peuvent marcher ou changer de forme ; s'il s’agit d'un portrait, la personne peut bouger pendant la substitution d’un châssis à l'autre.

On évite ces inconvénients en usant du triple

appareil : on est alors assuré que les trois poses commencent en même temps et s’achèvent de même. Cette condition se trouve remplie si l'on fait usage de notre Mélanochromoscope A, appelé également par abréviation Mêlano A. Cet instrument est une répétition de notre précédent mélanochromoscope (i), avec cette différence que les trois négatifs sont obtenus à l'aide d’un seul objectif sur trois plaques distinctes. Grâce à la nature des écrans colorés et des réflecteurs qu’il renferme, l’équilibre dans la venue des trois négatifs est assuré.

Il existe néanmoins des cas assez nombreux dans lesquels la prise successive des négatifs est

(i) Notre premier mélanochromoscope est un instrument de dimensions réduites, dans lequel les trois négatifs sont obtenus sur une même plaque au moyen de trois lentilles différentes servant séparément d’objectifs pour chacun d’eux. Une triple photocopie positive en est obtenue par contact et pareillement sur une seule plaque. Celle-ci étant placée dans l’instrument à la position qu’occupait la plaque négative, procure la vision polychrome. Le résultat, bien que convenable comme vision, laisse à désirer sous le rapport de la grande finesse : et les négatifs, très petits d’ailleurs, ne seraient guère aptes à fournir des tirages en couleur acceptables.

praticable. Les trois châssis devront alors avoir chacun une feuillure dans laquelle se logera l'écran coloré ; cet écran consiste, exécuté sous la forme la plus pratique, en une pellicule rigide ou un verre extra-mince recouvert d'une couche de gélatine colorée. On pourrait encore passer successivement les écrans dans une ouverture pratiquée à l'arrière de la chambre à proximité des châssis.

Il importe de donner une grande stabilité à la chambre et d'assurer pendant les trois poses le maintien rigoureux de la distance entre la partie supérieure du cadre qui porte les châssis et l'avant de la chambre. On arrive à ce dernier résultat au moyen de deux tringles métalliques coulissant l'une sur l'autre et se fixant à la position voulue à l'aide d'un écrou.

Lorsqu'on opère ainsi par poses successives en se servant d'une chambre ordinaire, il est facultatif de n'employer qu'une seule sorte de plaques pour la production des trois phototypes négatifs ou d'employer trois plaques de composition différente.

Dans le premier cas, il est rationnel de faire

usage de la plaque panchromatique Lumière, qui est sensible à toutes les couleurs.

On pourra alors se guider approximativement, pour la relation des poses, sur les chiffres suivants qui se rapportent à la prise d'un paysage avec un objectif muni d'un diaphragme assez petit :

Ecran orangé 3 minutes.

Ecran vert 20 secondes.

Ecran violet 1 seconde.

Dans le second cas, on emploiera : i° pour le négatif de l’écran orangé la plaque spécialement sensible à l'orangé que la maison Lumière livre sous la marque B et qui est connue sous le nom de Ortho B ; 20 pour le négatif de l’écran vert la plaque spécialement sensible au vert livrée par la maison Lumière, sous la marque A et connue sous le nom d 'Ortho A ; 30 pour le négatif de l'écran violet une plaque ordinaire non chromatisée ; une plaque lente étiquette jaune de la maison Lumière, conviendra pour cet objet.

Les poses dans les conditions ci-dessus deviendront alors :

Ecran orangé 2 minutes.

Ecran vert 10 secondes.

Ecran violet 7a 8 secondes.

Nota. — Avec l'emploi de la plaque non chromatisée, étiquette jaune, l'écran violet pourrait être supprimé, attendu qu'elle n'est sensible qu'aux rayons bleus et violets ; et avec l'emploi de la plaque OrtJio A, l'écran vert pourrait être remplacé impunément par un écran jaune, par la raison que parmi les diverses lumières que transmet l'écran jaune, la plaque Ortho A n'est sensible presqu'exclusivement, qu'à la lumière verte. Un écran jaune est donc vert pour la plaque Ortho A. Seulement il faudrait poser un peu moins, parce qu’il transmet un peu plus abondamment les rayons verts que ne le fait l'écran vert lui-même. Nous ferons cependant observer qu’avec l'écran vert la sélection est plus parfaite.

En photochromographie, les accidents con-

nus sous le nom d’auréoles et de halos sont beaucoup plus à redouter et occasionnent plus de désordres que dans la photographie ordinaire, attendu que les radiations vertes et surtout les radiations orangées traversent bien plus abondamment la couche jaune de bromure d’argent pendant la pose nécessaire à la formation de leurs phototypes respectifs que les radiations bleues et violettes ne traversent cette même couche dans le temps voulu pour l’empreinte qu'elles doivent produire. Aussi est-il nécessaire d'appliquer sur le dos des plaques un enduit sombre. Nous recommandons tout spécialement l’emploi des adhésifs antihalos qui sont livrés dans des pochettes.

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