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V. — L'IMAGE D'UNE BALLE DE FUSIL LANCEE

Il est plus difficile d'obtenir l'image d'une balle de fusil lancée que de photographier la fumée d'un canon qu'on vient de décharger. Quoique la vitesse d'un boulet soit très grande (500 mètres à la seconde), on est cependant parvenu à photographier, à l'arsenal de Woolwich (1880), un boulet après qu'il eut quitté l'âme de la pièce. Pour y arriver, il a fallu adopter des dispositifs spéciaux, parmi lesquels le plus pratique et le plus certain est certes celui du docteur- Mach, de Prague. Celui-ci dispose dans une chambre entièrement obscure, l'appareil photographique et le pistolet chargé de lancer la balle. Comme aucun obturateur ne serait assez rapide pour donner, avec une pareille vitesse de translation, une image nette, le professeur Mach a imaginé de charger la balle elle-

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même démettre, au moment voulu, la quantité de lumière nécessaire à l'opération photographique. Dans une chambre hermétiquement close, il pose (fig. 79j la chambre noire P, dont l'objectif K est découvert; la balle lancée brise deux tubes de verre dans lesquels se trouvent deux fils qui, au moment d'être touchés, émettent une étincelle électrique rapide destinée à éclairer la balle Le circuit d'une batterie F(\) se trouve rompu aux points 1 et 2.

Figure "fl - Instantanée d'une balle de fusil.

Lorsque la balle, en passant devant l'oculaire O, brise les deux tub/s de verre, elle relie momentanément les deux fils métalliques que ces tubes renferment. Par cette opération, la rupture du circuit n'existe plus qu'en 2. La tension du courant fait, dès lors, jaillir une forte étincelle entre les deux points assez rapprochés de 2. La lumière émise éclaire la balle qui, en quittant les deux fils métalliques, rompt de nouveau Le courant et, par là, éteint la source lumineuse. L'oculaire G se charge de recueillir les rayons actiniques et de les diriger vers l'objectif A', ou ils viennent en P former l'image négative

Les électrodes de 1 sont représentés dans la figure 80. En gg est un tube de verre monté sur la planchette bb ; sur ce tube sont disposés deux bras en laiton /// m . Ces bras sont en communication par les fils dd avec le circuit principal. Les fils métalliques, dont il est question plus haut, soudés aux bras mm sont renfermés dans les deux tubes en verre rrrr qu'on a eu soin de

(1) Bouteille de Leyde.

fermer en ce, afin d'éviter tout contact accidentel. Si la balle rencontre en k les tubes de verre r, elle les brise et le courant se ferme.

Le schéma de l'image négative est représenté dans la figure 81 . oooo est l'oculaire éclairé par l'étincelle qui jaillit en 2; rr les deux tubes de verre; dd les fils du circuit, /"la première étincelle qui se produit lorsque la balle rencontre les deux fils métalliques ; k la balle elle-même, vivement éclairée. Les négatifs obtenus par M. le docteur Mach, au moyen de sa méthode, sont d'une netteté absolue.

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