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Les laboratoires et les dispositions spéciales

pour les tirages

au papier gélatinobromure d'argent.

Les ateliers contiennent en plus une installation complète pour le tirage rapide des portraits sur papier instantané au gélatinobromure d'argent.

Pour être menées aisément et rapidement, ces opérations nécessitent des séries spéciales de cuvettes et même, s'il est possible, des laboratoires à part. Elles se font avec plus de régularité à la lumière artificielle. Aussi leur a-t-on attribué les

trois pièces K, L, M, qui se trouvent être les moins bien éclairées.

La dernière, M, très exiguë, renferme la source lumineuse chargée d'impressionner les papiers sensibles : c'est un bec de gaz du plus fort calibre, muni d'un réflecteur. Quant à la seconde, L, elle est exclusivement réservée au chargement et déchargement des châssis à clichés. La cloison qui sépare ces deux pièces est percée de plusieurs ouvertures rectangulaires, V% V-, V^, dont les dimensions correspondent exactement aux formats de châssis usités en Photographie. Ces baies sont fermées d'ordinaire par des châssis-trappes qui montent et retombent au moyen d'une pédale et qui sont munies d'une ouverture garnie de verre rouge. Il devient donc possible de charger et de décharger les papiers sensibles sous le couvert de la lumière rouge émanée de la première pièce.

Pour l'impression lumineuse du papier, il suffît de juxtaposer le châssis chargé sur l'ouverture de la baie, où il s'adapte exactement, et de pousser sur la pédale (^fig- 5). L'occlusion de la baie ainsi produite est assez complète pour qu'aucune lumière blanche ne puisse pénétrer dans la deuxième pièce pendant le temps de pose, si toutefois on a soin de ne retirer le cliché qu'après la descente de la trappe. Dans ces conditions, trois employés peuvent travailler côte à côte et simultanément : le premier à charger les clichés, le second à l'impression lumi-

Fig. 5.

Trappe spéciale pour l'impression des papiers positifs au gélatinobromure d'argent.

neuse et le troisième au déchargement des clichés,

^'1 CITAPITRE IV.

qu'il repasse au premier, et ainsi de suite. Les papiers, une fois impressionnés, sont accumulés dans une boîte et portés par paquets d'une vingtaine dans ]a pièce R, oii ils sont révélés à l'oxalate de fer par un ou plusieurs opérateurs, et finalement envoyés dans les laboratoires ordinaires, où ils sont fixés, lavés, imbibés d'alcool et sécliés à l'étuve.

Pour éviter les taches qu'occasionne immanquablement la présence d'une parcelle d'hyposulfite de soude dans les bains de développement à l'oxalate de fer, les opérations de fixage doivent être conduites par une personne autre que celle chargée du développement.

Le foyer lumineux étant toujours de la même intensité et sa distance à la trappe restant invariable, le temps de pose est rigoureusement pareil pour tous les clichés du même ton. Aussi, à l'exception de la confection des trois ou quatre clichés initiaux et de la préparation des bains chimiques, il n'est aucune des opérations cjuc nous venons d'indiquer qui nécessite l'intervention d'un photographe expérimenté, et l'on comprend qu'il devienne possible, en détachant en supplément quelques agents ordinaires, d'atteindre en quelques heures un chiffre formidable d'épreuves.

Les trois laboratoires ont été rend us indépendants les uns des autres et communiquent directement avec l'atelier de pose au moyen de couloirs intérieurs R/, IV'', R^''', qui restent toujours ouverts. Les

coudes que décrit leur tracé forcent la lumière à subir au moins trois réflexions sur les cloisons noircies avant de pénétrer dansFintérieur des pièces. Elle est presque éteinte par ces circuits et l'imperceptible quantité restante estinofl'ensive même par les plus beaux jours. 11 devient dès lors facile de circuler d'une pièce dans l'autre et d'éviter que l'ouverture inattendue d'une porte n'introduise dans les laboratoires de la lumière blanche.

L'absence de portes pour des opérations qui nécessitent des allées et des venues continuelles d'une pièce dans une autre, pour le transport des châssis, des cuvettes pleines de liquides et d'épreuves, etc., est un avantage considérable, sans compter que cette disposition aide au renouvellement constant de l'air.

Tous les photographes amateurs ou de profession ont éprouvé les inconvénients du travail prolongé dansles laboratoires obscurs, presque toujours hermétiquement clos. Notre bienveillant architecte, M. Daumet, y a remédié en disposant au centre des pièces obscures une bouche spéciale d'appel d'air qui communique avec les appareils de ventilation du Palais de Justice.

Des éviers avec arrivée et descente d'eau, des établis et des tables recouverts de feuilles de plomb ont été disposés le long des murs aux places indiquées sur le plan.

11 est évident que les personnes qui seront ame- A. B. 7

nées à ne faire de la Photographie judiciaire qu'accidentellement ne pourront pas imiter notre installation dans tous ses détails. Mais elles se trouveront toujours bien de s'écarter le moins possible des lignes principales que nous venons d'indiquer, en s'inspirant de la distribution des locaux mis à leur disposition.

RÉSUMÉ DES liNSTRUCTIONS TECHNIQUES SUR LA PHOTOGRAPHIE JUDICIAIRE.

1. — Chaque sujet doit être photographié de face et de profil dans les conditions suivantes à^éclairage, de réduction, de pose, de tenue et de format.

a. ÉCLAIRAGE.

2. — La pose de face est éclairée par un jour venant de gauche, par rapport au sujet, la moitié droite restant dans une ombre relative.

3. — La pose de profil est éclairée par un jour tombant perpendiculairement à la figure du sujet.

b. RÉDUCTION.

4. — Le numéro de l'objectif doit être choisi de telle sorte, et la distance qui sépare l'objectif de la

chaise dépose ménagée de telle façon, qu'une longueur de o™,28 sur la figure du sujet à photographier donne sur le cliché une image réduite à o™, o/\, à un millimètre près en plus ou en moins.

5. — Pour déterminer rapidement la position respective de la chaise et de l'appareil, faire asseoir un sujet de bonne volonté sur la chaise de pose, en lui faisant maintenir verticalement dans le plan de sa face contre l'angle externe de l'œil gauche une réglette de bois mince sur laquelle on aura eu soin de coller au préalable une bande de papier blanc de 0^,28 {PL VII). Le photographe, d'autre part, tenant à la main une carte de bristol de o"", o4 de largeur, éloignera ou rapprochera son appareil jusqu'à ce que les o™^ 28 de la réglette donnent sur la glace dépolie de la chambre noire une image réduite à o™,o4, comme il pourra s'en assurer facilement en j superposant sa carte étalon.

6. — Il suffira, pour éviter les tâtonnements dans les séances ultérieures, de fixer une fois pour toutes sur le plancher de l'atelier deux petits tasseaux qui permettront de replacer immédiatement la chaise et l'appareil dans leurs positions respectives.

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