‹ La Photographie judiciaire, avec un appendice sur la classification et l'identification anthropométriquesChapitre 21 sur 50 · APPLICATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS DIVERSES

Dans l’état actuel de la technique photographique, la généralisation de cette mesure serait d’application fort difficile. Quoique les plaques au gélatinobromure d’argent soient soixante fois plus sensibles que les anciennes plaques collodionnées, elles le sont encore insuffisamment pour permettre de photographier en quelques minutes nombre d’intérieurs d’appartements. Les objectifs grands angulaires fortement diaphragmés sont les seuls qui puissent donner en tous lieux et sans recul une vue d’ensemble tant soit peu étendue : or ils nécessitent souvent, étant donné un éclairage d’intérieur ordinaire, plus d’une heure de pose (*).

(’) Bien des pages ont été écrites pour expliquer les difficultés du calcul des temps de pose. La principale, qui est d’ordre physiologique, subjective, pour ainsi dire, n’a été, à notre connaissance, nettement signalée nulle part : elle tient au fonctionnement de. notre œil, on ne peut plus mal doué pour apprécier l’intensité lumineuse. Grâce à l’iris qui se contracte à la lumière et qui s’élargit dans l’obscurité sans que nous en ayons conscience, la quantité de lumière pénétrante qui va impressionner notre rétine est en partie uniformisée; nous en retirons le bénéfice de voir, quelles que soient les variations de l’éclairage, avec le maximum de netteté (ou de diaphragme) possible, mais nous y perdons l’appréciation exacte de la quantité de lumière ambiante.

Les physiciens nous enseignent qu’à4 m d'une fenêLrele journal que nous lisons est seize fois moins éclairé que si nous nous transportions à i m . Le fait est incontestablement vrai au point de vue photographique comme au point de vue physique, ce qui n’empêche que notre rétine reçoit presque la même quantité de lumière ici ou là : ce qui est mathématiquement exact pour la théorie physique ne l’est pas également pour nos sens.

La contractilité de l’iris nous produit une illusion du même genre quand nous cherchons, sous le voile opaque, a appré-

CHAPITHE III.

Il faudrait donc supposer aux plaques sèches une rapidité encore soixante fois plus grande pour permettre d’aborder le problème d’une façon réellement pratique.

Le commerce, dans ces dernières années, a mis en vente un nombre considérable de petits appareils portatifs qui ont été baptisés d’appellations plus alléchantes les unes que les autres.: photo-revolver, détective-appareil, Xindiscret, etc. A entendre leurs inventeurs, la Police aurait dû immédiatement en munir chacun de ses agents. Or leur emploi ne s’est pas vulgarisé. Dans la pratique des choses, ces appareils, dont l’ouverture est très petite, ne peuvent donner une image instantanée réussie que par les beaux jours, en pleine rue, depuis neuf ou dix heures du matin jusqu’à deux ou trois heures de l’après-midi et à condition que la direction de l’éclairage soit propice, que -l’axe de l’objectif soit horizontal, que l’objet à reproduire soit à bonne distance, que l’image soit bien en plaque au moment du déclenchement, etc.; ce qui revient à dire que leur usage exige d’abord quelque accointance avec la Photographie en général et

cier la luminosité de l’image de la chambre noire : cette membrane tend à s’ouvrir d’autant plus et à laisser pénétrer d’autant plus de lumière dans notre œil, que l’image est elle-même moins lumineuse et que nous la regardons plus longtemps. Consulter, pour le côté pratique du problème, le Calcul des temps de pose de L. Vidal (Paris, Gauthier-Villars).

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