‹ La photographie sans objectifChapitre 9 sur 13 · VUES PANORAMIQUES · texte numérisé non relu

VUES PANORAMIQUES

Il est souvent utile de représenter une portion ou l’ensemble de l'horizon qu’on aperçoit d’un point élevé; la Photographie par simple ouverture permet d'y arriver très facilement.

Nous avons vu que les images reçues sur la

laque sensible sont situées à l'intersection de p'aq

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la surface de cette plaque avec les axes des différents faisceaux lumineux qui, émanant des points extérieurs, viennent tomber sur l'objectif ou sur l’ouverture étroite; nous avons vu aussi que, lorsque les axes de ces faisceaux tombent sur l’objectif à une certaine distance du centre et en faisant un certain angle avec l’axe optique principal, ils sont déviés et donnent des images qui sont déplacées de leur position exacte. Ce qu'on obtient donc sur la plaque sensible, avec un objectif, est une perspective déformée, dont la plaque forme le tableau, et dont le point de vue, placé au centre de l'objectif pourles images centrales, s’écarte de ce centre pour les images quise peignent en dehors de la portion centrale, la déviation étant d'autant plus sensible que les images se rapprochent davantage des bords. Il en résulte qu'il n’est pas possible de restituer le terrain tel qu'il est en plaçant l'œil dans la position qu'occupait le centre de lobjectif par rapport à la plaque pendant la pose, puisque le point de vue n’est pas unique, comme :1l l’est lorsqu’on emploie une ouverture étroite ; dans ce dernier cas, la perspective est mathématiquement exacte, et le point de vue se trouve au

centre de l’ouverture,.

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de Pre

Si, maintenant, on vient à développer sur un plan les unes à la suite des autres les six ou sept épreuves obtenues en faisant le tour d'horizon, et à promener l’œ1l le long de cette bande pour en examiner successivement les différentes parties, en le maintenant à la distance à laquelle on voit distinctement les images placées en face, l’œil ne se trouve, dans ce déplacement, que de temps en temps au point de vue de la portion centrale de chaque épreuve, lorsqu'il passe sur la perpendiculaire élevée au milieu de chacune, et encore faut-il, pour cela, que la distance du centre de l'objectif à la plaque ait été, pendant la pose, égale à la distance de la vision distincte. Entre ces perpendiculaires, Poœil ne voit plus que des images déformées qui ne sauraient représenter le panorama.

Pour remédier à cet inconvénient, on peut, il est vrai, augmenter le nombre des clichés, de telle sorte que, dans chacun, les rayons extrêmes de la perspective rencontrent le cliché sous un angle ne s’écartant pas trop de 90°; autrement dit, chaque cliché est réduit à sa poruon centrale; mais l’opération de la pose est alors fort allongée et compliquée, et les raccords étant très nombreux introduisent de graves

ch Ve causes d'erreurs dans l’ensemble du panorama.

On a songé à exécuter automatiquement cette manœuvre, au moyen d'un appareil faisant le tour d'horizon par l’action d’un mouvement d’horlogerie; mais ce système, outre le manque de simplicité, a l’inconvénient de donner des images qui se recouvrent et qui empiètent les unes sur les autres.

La chambre noire à ouverture étroite résout très facilement le problème en permettant l’emploi d’un écran cylindrique. On reçoit alors les images sur une surface sensible enroulée en forme de portion de cylindre vertical dont l’axe passe par le centre de l'ouverture. On a ainsi une perspective cylindrique qui jouit des propriétés suivantes.

Soient O le centre de l’ouverture ( fig. 4), À et B deux points extérieurs faisant leurs images en a et b sur la surface du cylindre représenté en plan par la section horizontale passant par le point O. Cette section est une portion de cir= conférence ayant son centre en O. Tous les plans verticaux passant par ce point, tels que Aa, Bb, rencontrent à angle droit la surface du cylindre; il en résulte que la lumière et les

images ne sont pas dilatées sur les bords de

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l'écran. comme cela a lieu avec un écran plan sur lequel les rayons extrêmes tombent obliquement. À un angle aOB correspond sur la circonférence un arc déterminé, qui reste 1identique à lui-même lorsque l’angle tourne autour

de son sommet O sans changer de valeur; au-

Fig 4.

trement dit, les angles horizontaux sont conservés en perspective cylindrique.

Considérons maintenant (fig. 5) une coupe de la chambre et du cylindre par un plan verücal passant par le centre de l’ouverture; la section du cylindre est une droite génératrice. Tout point extérieur C placé dans ce plan vient faire son image c sur cette génératrice; si l’on ne prend du terrain situé à l'horizon qu’une

LÉO bande ayant une faible hauteur angulaire, les rayons lumineux tels que Cc rencontreront la génératrice sous un angle voisin de 90°, et les images c ne seront pas sensiblement dilatées. Supposons que l’épreuve positive du cliché

cylindrique soit obtenue et enroulée de nouveau

Fig.5;

en portion de cylindre comme pendant la pose, et qu'on place l’œil au point où se trouvait le centre de l'ouverture; on restituera alors exactement le terrain dans l'étendue du champ. Afin de faciliter cet examen, 1l est bon de donner au cylindre un rayon égal à la distance de la vision distincte ; cette distance est variable suivant les individus, mais on peut prendre une moyenne enpe:0 7. 25:60 80

S1 l’on déroule Pépreuve sur un plan, Poil,

RO ' en se déplaçant le long de cette bande à la distance de la vision distincte, aperçoit encore, dans chaque plan vertical, les objets tels qu'ils sont. La section du cylindre par le plan horizontal du point O est une circonférence et se développe suivant une ligne droite; les sections par les plans verticaux passant par O sont des lignes droites, les génératrices, et se développent suivant des lignes droites perpendiculaires à celle qui provient du développement de la circonférence ; toute autre section du cylindre par un plan passant par le point O est une ellipse et se développe suivant une ligne courbe. Donc l’image d’une droite du terrain se développe suivant une ligne courbe s1 cette droite n’est située n1 dans le plan horizontal du point O ni dans un plan vertical passant par ce même point. Il faut ajouter que la courbure de ce développement est peu sensible si le plan de la section rencontre les génératrices du cylindre sous un angle différant peu de 90°, ce qui a lieu lorsque le panorama est limité à une faible hauteur audessous de la ligne d'horizon. Ces considérations n'ont d'importance que si l’on examine à la fois une grande longueur du développement;

mais on se contente le plus souvent de regarder

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la partie qui se trouve en face de l'œil, à la distance de la vision distincte, et cette partie est assez restreinte pour que les courbures y soient peu sensibles et négligeables.

Lorsque la bande est enroulée cylindriquement, et qu’on place l’œil au point de vue, ces courbes, qui étaient dues au développement, redeviennent en perspective des lignes droites, et toute déformation disparaît.

Onpeutréaliser très simplementl’enroulement de la surface sensible en portion de cylindre. Cette surface est constituée par une couche de gélatinobromure déposée sur un support souple, papier ou pellicule ; avec le papier, les manipulations sont moins longues, mais les pellicules ont l’avantage d’être beaucoup plus transparentes. Ce qu'on obtient dans la chambre noire est, en effet, un cliché négatif, sur lequel les images sont inversées et représentent en noir les parties les plus éclairées des images, et en blanc les parties les plus sombres; on en fait une épreuve positive et redressée en plaçant ce cliché, la gélatine en dessous, sur une feuille de papier sensibilisé soit au moyen de l'iodure d'argent, soit au moyen du gélatinobromure, et

en exposant le tout à la lumière ; celle-ci pénètre

Ro:

“au travers des parties blanches du cliché, est arrêtée par les parties foncées et donne un dessin où les objets sont représentés dans le sens et avec l’éclairement qu'ils possèdent.

Lorsqu'on se sert de papier au gélatinobromure comme cliché négatif, la lumière doit traverser ce papier pour produire l’épreuve positive; 1l en résulte que celle-ci présente l’image du grain du papier ; cet inconvénient est atténué en partie si l’on huile le papier; les pellicules sont dépourvues du grain et se rapprochent beaucoup, au point de vue de la transparence, des plaques ‘ de verre.

Le cylindre se construit au moyen de deux planchettes sciées en forme de demi-circonférences ayant pour rayon la distance de la vision distincte, soit 0",25 à0",30; elles en forment les bases et sont réunies entre elles au moyen de deux montants verticaux cloués sur ces bases et occupant la position des génératrices extrêmes ; la feuille sensible, papier ou pellicule, est fixée au moyen d’épingles ou de punaises sur les tranches des deux bases; on a soin de la tendre de façon qu’elle prenne à peu près la forme de la surface cylindrique indiquée par les bases. Le tout est ensuite disposé dans la chambre

de.

PATES noire de sorte que l'axe du cylindre passe par le centre de l’ouverture; un couvercle, adapté à l'entrée de la chambre, met la substance sensible à l’abri de la lumière.

Nous ne décrirons pas 1c1 la suite des opéraüons photographiques, qui font l’objet d'un grandnombre de Traités spéciaux; nousnous contentons d'exposer seulement ce qui se rapporte spécialement à la chambre noire et à l'ouverture.

Nous avons vu que l'ouverture étroite la plus convenable pour une distance de 0",30 de l’écran a un diamètre de © de millimètre, et que le champ correspondant dépasse 90°; comme cette valeur de 00° donne de bonnes images, même sur les bords, et est commode pour la division du panorama, nous l’adopterons comme élément de panorama ; On fait donc d’un seul coup le quart d'horizon sur un quart de cylindre, et l’ensemble des quatre bandes ainsi obtenues dans quatre positions successives de la chambre, chacune faisant un angle de 9o° avec la précédente, forme le panorama complet. Les quatre chichés négalifs donnent lieu à quatre épreuves positives ; en fixant celles-ci sur des feuilles de carton ou de métal, en les raccordant par la superposition

des images appartenant aux mêmes objets, et en

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“les enroulant en un cylindre complet ayant le rayon du cylindre des clichés, on a le panorama entier ; si l’on place la tête à l’intérieur de ce cylindre et l'œil sur l’axe à la hauteur à laquelle se trouvait l'ouverture de la chambre par rapport aux images pendant la pose, et si l’on tourne sur soi-même en maintenant l'œil dans cette posi- UHon, on aperçoit successivement toutes les parties de l’horizon complet. Ou bien encore on développe cette longue bande sur un plan, et l’on en examine successivement les différentes parties en déplaçant l’œil d'un bout à l’autre, à la distance de la vision distincte.

Il est nécessaire, pour un bon raccordement entre les quatre quarts d’un même panorama, de faire en sorte que chaque position de la chambre noire fasse un angle de 90° avec la posilion précédente. Le moyen le plus simple d’y arriver est le suivant, en supposant que la caisse formant la chambre ait des parois sensiblement à angle droit les unes sur les autres. On cherche un point éloigné placé dans le prolongement du plan d’une des parois latérales de la chambre, lorsqu'elle est dans la position de la première pose; quand celle-ci est terminée, on fait tourner

l'appareil jusqu’à ce que le plan de la paroi anté-

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rieure ou postérieure passe par le point en question; on fait ainsi décrire à la chambre un angle de 00°, et ainsi de suite. Il est bon de donner à la bande sensible une longueur telle qu’elle recueille les images dans un angle un peu supérieur à 00°, afin d’avoir, sur les bords des épreuves consécutives, des images communes permettant le raccordement.

Ilestnécessaire aussi de conserver à la chambre, dans les quatre poses, la même inclinaison par rapport au plan horizontal de la station, résultat facile à obtenir au moyen d’un niveau à bulle d’air que l’on dispose sur le dessus de la chambre dans le plan vertical médian; on se sert aussi de ce niveau pour assurer l'horizontalité des arêtes perpendiculaires à ce plan vertical.

Comme il y a intérêt à obtenir que, dans le développement sur un plan, la silhouette du terrain à l'horizon ne soit pas déformée, on fait en sorte que les rayons lumineux venant de cette partie du terrain et passant par l'ouverture étroite fassent avec les génératrices du cylindre un angle voisin de 00°; il suifit, pour cela, de diriger le plan du dessus de la chambre vers la ligne-d’horizon où du moins vers l'horizon moyen, si le

terrain est accidenté.

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On peut obtenir les quatre quarts d’un panorama, et même plusieurs panoramas à la suite l’un de l’autre sur la même bande de papier, en disposant dans la chambre un rouleau de papier au gélatinobromure, dont on déroule la longueur nécessaire pour chaque pose en même temps qu’on enroule, à l’autre extrémité, la longueur qui vient de poser; il suffit, pour cela, de deux tambours mobiles autour d’axes verticaux, dont l’un, celui qui enroule, est mis en rotation au moyen d’une manivelle extérieure, et dont l’autre frotte contre un ressort qui permet d’en régler la mobilité.

Enfin, 1l est possible encore d'obtenir en une seule posele panorama complet, en plaçantquatre portions de cylindre dans une caisse à section horizontale carrée, comme nous l’avons indiqué, eten adaptant aux quaire panneaux quatre ouvertures étroites identiques, qu'il est facile d'obtenir au moyen d'une aiguille cahibrée (voër Chap. IP). En ouvrant et fermant ces quatre ouvertures à la fois, au moyen d’un voile noir par exemple, on est sûr d’avoir la même durée de pose, avec le même état du ciel, c’est-à-dire le même éclairement; et en révélant ces quatre bandes pendant

le même temps dans des bains identiques, on est

hi Res sûr d'obtenir des images d’une intensité uniforme sur toute la longueur du panorama.

Nous avons supposé qu'on opérait avec une chambre pouvant contenir un quart de cylindre ayant un rayon de 0°,30; la section horizontale de cette chambre devrait avoir comme dimensions intérieures 0",30 sur 0",45 environ. Ces chiffres n’ont rien d’exagéré pour une opération faite dans une station unique, où il est possible d’improviser une pareille chambre noire avec une caisse quelconque, pourvu qu’elle ait des dimensions suffisantes; mais 1l n’en est plus de même s1 l’on se transporte d’un point à un autre, dans une excursion par exemple, pour prendre des vues en différentes stations ; dans ce cas, une pareille chambre, même démontable, serait trop encombrante. Il vaut mieux se servir alors d’une pette chambre,telle que celles organisées pour recevoir des chässis de plaques 13 X 18, et yadapter une portion de cylindre ayant un rayon de 0",085 environ; un rouleau de papier sensible au gélaünobromure, approvisionné à l’intérieur et se déroulant au moyen de deux tambours, comme il a été indiqué plus haut, permettra de faire, à fa suite l’une de l’autre, un grand nombre de

poses; le diamètre de l’ouverture doit être alors

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de © de millimètre. Si l’on ne se contente pas de ces clichés négaufs, qui, huilés et retournés, donnent les images des objets dans leur vrai sens, on les amplifie, enroulés cylindriquement, au moyen de la même ouverture placée exactement dans la position où elle se trouvait par rapport au cliché pendant la pose, en recevant l’image sur une pellicule ou une feuille de même papier enroulée en portion de cylindre deo",3oderayon, dont l’axe passe par le centre de l'ouverture ; on obtient ainsi en même temps une amplification et une épreuve positive. On peut remplacer le papier par uue pellicule, à la condition d'organiser dans la chambre un mécanisme au moyen duquel on remplace sur le cylindre la pellicule qui vient de poser par une autre.

Oubienonse sert d'une glace 13 X 18 augélatinobromure, placée à 0",085 del’ouverture, ce qui donne sur la glace un champ un peu supérieur à 00° dans la plus grande dimension; ce cliché est ensuite substitué au terrain, dont il est la perspective, pour produire, au moyen de la même ouverture, placée exactement dans la position où elle était pendant la pose par rapport au cliché, une image sur pellicule où papier au

gélatinobromure enroulé en portion de cylindre.

RE de 0°,30 de rayon, comme dans la solution précédente. On produit ainsi amplification et épreuve positive; mais, cette fois, par transparence. Cette deuxième méthode a l’avantage d’employer un cliché sur verre, dont les images sont plus nettes que celles d'un cliché sur papier; mais, en revanche, elle nécessite l'emploi de châssis et de plaques de verre, matériel plus encombrant et plus lourd qu’un rouleau de papier sensible.

Dans les deux cas, la chambre est réduite à

de très faibles proportions.

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