DE L AUTEUR
UJ
vitales. Cette classification , que nous approuvons, sous le rapport de la science, ne nous a pas paru présenter à l’esprit un ensemble facile à retenir pour ceux qui n’ont aucune idée des relations anatomiques, qui existent entre les diverses parties de notre organisation.
Nous avons donc jugé préférable, pour l'intelligence de nos lecteurs, de décrire les fonctions du corps humain, comme un architecte décrirait un palais : d’abord en expliquant l’extérieur, qui se voit le premier; puis passant à l’intérieur, pour en faire connaître les divisions et les usages.
D’après ce principe, nous avons divisé les fonctions, qui sont le résultat de la vie , en trois classes : la première , que nous désignons sous le nom de fonctions de la vie extérieure , comprend la locomotion , la voix et la parole ; et les sensations , qui sont : Youie, la vue , l’ odorat , le goût et le toucher.
La seconde classe, que nous désignons
AVERTISSEMENT
sous le nom de fonctions de la vie intérieure , comprend le cerveau , la circulation du sang , la respiration, la digestion, la nutrition, et les sécrétions.
La troisième classe , cjue nous désignons sous le nom de fonctions générales , parce que toutes les autres y participent, comprend la sympathie, X habitude , le repos et le sommeil, les tempéraments , les âges , et la mort.
Ces dénominations des classes , auxquelles nous n’attachons aucune importance, nous ont paru avoir l’avantage de présenter des généralités plus faciles à retenir , pour rappeler à la mémoire les subdivisions.
Comme nous n’avons fait cet ouvrage que dans l’intention de propager les lumières, si nous ne réussissons pas,
Nous aurons eu l’honneur de l'avoir entrepris.
INTRODUCTION
CARACTÈRES DE L’HOMME(i).
Ce grand objet, c’est l’homme! étonnant labyrinthe, Où d’un plan régulier on reconnaît l’empreinte; Champ fécond, mais sauvage, où, par de sages lois, La rose et le chardon fleurissent à la fois.
Pope, Essai sur l’homme.
HiES caractères qui distinguent l’homme des animaux sont le.1 sentiment, la réflexion , X invention , le travail et la parole , qui lui sert à coinmuniquer sa pensée à ses semblables. C’est le seul, dans le règne animal, qui se soutienne habituellement dans une situation perpendiculaire , la tête élevée vers le ciel ; c’est aussi le seul qui naisse absolument nu ; c’est le chef-d’œuvre
(i) Sous le nom générique d 'homme, on désigne l’espèce humaine , qui comprend l’homme et la femme.
INTRODUCTION
de la nature, et le centre auquel le monde entier vient, se réfléchir.
La taille de l’homme est de cinq à six pieds (la femme est toujours moins grande) , son corps réunit la beauté des formes à la régularité des proportions.
Son appareil digestif offre la réunion de l’organisation des herbivores et des carnivores , ce qui donne à l’homme la faculté d’user de toutes espèces d’aliments, d’être polyphage.
C’est surtout par le volume de son cerveau, et la perfection de son intelligence, que l’homme se montre supérieur aux êtres qui semblent se rapprocher le plus de lui par leur forme.
Cette supériorité lui est encore assurée , i° par le développement de ses sens et l’harmonie qui existe entre eux; 2° par l’étendue et la finesse de son toucher, et par les secours qu’il prête aux autres sens; 3° par la mobilité de ses membres supérieurs, comparée à la solidité des inférieurs; 4° Par la flexibilité de sa voix, et la faculté d’en articuler des sons.
Fortifié par tous les moyens que lui fournit son industrie, l’homme, malgré la faiblesse na-
CARACTÈRE DE E HOMME. vij
lurelle de sa constitution, devient capable de braver l’influence des saisons et des climats : aussi est-il ce que l’on appelle cosmopolite.
La sensibilité est le premier moteur qui l’entraîne vers l’état social; ainsi le sentiment de la reconnaissance, le besoin d’épancher ses peines et de partager ses plaisirs, la nécessité de se réunir pour attaquer comme pour se défendre, sont les causes qui portent l’homme à se rapprocher.
La fécondité de l’espèce humaine , et les progrès de la civilisation se rattachant aux nombreux avantages de la société, on doit regarder l’état social comme naturel à l’homme, quelles que soient d’ailleurs les raisons spécieuses qui ont porté certains philosophes à embrasser une opinion contraire.
L’homme ne doit donc jamais fuir ses semblables , mais plutôt chercher à leur être utile , en employant en leur faveur les facultés immenses dont il est doué ; enfin que l’homme s’honore d 'être homme , et, pour ne point déroger à ce titre, qu’il conserve toujours dans son coeur l’amour de Dieu , de la patrie , de la justice et de la liberté.
vnj
INTRODUCTION