CHAPITRE V
Cette différence de grandeur entre le crâne et la face, donne assez bien la mesure de l’intelligence de l’homme et de l’instinct des animaux; la stupidité de ces derniers est d’autant plus marquée , que les proportions des deux parties de leur tête s’écartent davantage des proportions de la tête de l’homme.
Pour exprimer cette différence de grandeur, Camper a imaginé une ligne verticale descendant du front au menton , et tombant perpendiculairement sur une autre ligne horizontale tirée sous le menton. Il a nommé la première de ces lignes faciale , et la seconde menlonniere. (Voir la planche III, fig. i.)
On aperçoit aisément que la saillie du front étant déterminée parla grandeur du crâne, plus celle-ci a d’étendue, plus l’angle sous lequel la ligne faciale rencontre la ligne mentonnière doit avoir de largeur. La ligne faciale s’inclinet-elle en arrière , elle forme alors avec la mentonnière un angle plus ou moins aigu, et saillant en avant. (Voir la planche III, fig. 2.)
Si l’inclinaison augmente ,, on passe de l’homme aux singes, puis aux quadrupèdes, aux oiseaux, aux reptiles, et enfin aux pois-
(>2 DKS FONCTIONS DU CEKVFAU.
sons, espèce la plus dépourvue d’intelligence.
Si, au contraire, on remonte de l’homme aux dieux, dont les anciens nous ont transmis les images , on voit la ligne faciale s’incliner en avant, l’angle droit s’agrandir, et de cette inclinaison résulter, pour la tête, un air de grandeur et de majesté, produit par la saillie du front, qui indique un cerveau volumineux et une intelligence divine.
Le cerveau, ou encéphale , est le viscère le plus considérable, et celui dont le parenchyme est le plus délicat; il comprend le cerveau proprement dit, le cervelet, la moelle allongée et la moelle épinière: toutes ces parties sont continues entre elles.
Le cerveau proprement dit est la portion la plus volumineuse de l’encéphale. II occupe toute la partie supérieure du crâne. Sa forme est celle d’un ovoïde , dont la grosse extrémité est tournée en arrière, tandis que la petite répond au front. Il est partagé supérieurement en deux hémisphères , l’un droit , l’autre gauche, par la grande scissure du cerveau.
Inférieurement, et de chaque côté, on y distingue trois lobes, un antérieur, un moyen
CHAPITBE V.
et un postérieur : la scissure de Sylvius sépare les deux premiers, une légère dépression existe entre le second et le troisième.
La surface externe de cet organe est parsemée d’éminences arrondies, qui sont séparées par des enfoncements d’un pouce environ de profondeur: ce sont les circonvolutions et les anfractuosités du cerveau.
Dans son intérieur, on trouve trois cavités appelées ventricules , et dont les parois sont contiguës: deux sont les ventricules latéraux ; ils renferment les plexus choroïdes , la voûte à trois piliers , les corps striés, etc; le troisième ventricule , ou ventricule moyen est une fente allongée, qui se continue en arrière avec X aqueduc de sylvius , et, parle moyen de celuici , avec le quatrième ventricule:
Le cervelet est situé à la partie postérieure et inférieure du crâne. Il est légèrement aplati de haut en bas, et ovalaire dans le sens transversal. Comme le cerveau, il est partagé en deux hémisphères, et offre en avant deux petites saillies, appelées éminences vermiculaires .
La moelle allongée comprend : i° la protu -
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bérance annulaire ou cérébrale ; 20 les pédoncules du cerveau et ceux du cervelet, ou autrement, les bras et les cuisses de la moelle allongée, qui sont des prolongements par lesquels ces parties communiquent entre elles; 3° le commencement de la moelle épinière, qui a reçu le nom de queue de la moelle allongée.
La moelle épinière qui naît de la protubérance annulaire est un long cordon médullaire, contenu dans le canal formé par les vertèbres. Son volume et sa direction varient dans les différentes régions du canal vertébral, qu’elle ne remplit pas exactement : elle finit au niveau de la première vertèbre lombaire.
La cervelle des hommes offre la même organisation que celle des animaux : elle est formée de deux substances molles et pulpeuses; l’une extérieure, grisâtre, nommée corticale ; l’autre, intérieure, blanche et plus considérable, nommée médullaire. Dans plusieurs endroits du cerveau, ces substances semblent se mélanger et se confondre.
Les parties du cerveau , contenues dans le crâne, sont puissamment protégées extérieurement par les os de la tète, la peau et les