GAZ TOTAL
Sang artériel
Sang veineux
Sous quelle l'orme ces gaz se trouvent-ils dans le sang?
Nous avons vu de quelle manière l'hémoglobine fixe l'oxygène. Mais cette combinaison est peu stable, car le vide, la chaleur, des agents réducteurs, suffisent à la détruire. De plus, une certaine quantité d'oxygène est à l'état de simple dissolution dans le plasma, mais cette quantité est toujours minime et ne dépasse guère 1/2'='^ par 100 centimètres cubes de plasma.
Une question se pose ici. Abstraction faite de toute hypothèse sur la manière dont l'oxygène est fixé par l'hémoglobine, comment se fait-il que les oxydations ne se produisent que dans l'intimité des tissus, alors que le sang charrie des matières très oxydables et que la dissociation de l'oxyhémo* globine est rendue possible? Ce résultat est, en effet, difficilement explicable, si l'on admet que l'oxygène se combine directement à l'albuminoïde hémoglobine, attendu que, dans ce cas, rien ne l'empêche de se dissocier quand la pression de l'oxygène descend au-dessous de 62 millimètres de mercure. C'est ainsi, du reste, qu'Ester et Saint-Pierre avaient attribué la diminution de l'oxygène dans les artères éloignées aux oxydations accomplies pendant le parcours, alors qu'elle n'est due réellement qu'aux conditions mécaniques de la circulation du sang qui font que les globules rouges sont plus nombreux dans les artères volumineuses. Nous le savons, en effet, les oxydations ne peuvent se produire que si tout d'abord il y a de l'hy-
drogène rendu libre par le fonctionnement des plastides. Or, cet hydrog-ène ne se rencontre que dans- les tissus profonds, et on n'en trouve que des traces dans le sang. Il en résulte qu'aucune oxydation ne peut réellement s'y produire. C'est, du reste, ce qu'ont péremptoirement démontré les expériences d'OErtmann^ qui, remplaçant, chez des grenouilles, le sang par la solution physiologique de chlorure de sodium (à 7 pour 1000), a Yu les échanges gazeux continuer et en a logiquement conclu que les oxydations se produisent dans les tissus. D'autre part, pour que la diffusion de l'oxygène puisse avoir lieu, il faut que les membranes le permettent. Or, ces membranes ne sont assez minces que dans les capiUaires, les tuniques artérielles étant fort compactes.
L'acide carbonique est fixé par les globules rouges et par le plasma. Gréhant et Quinquaud admettent qu'une quantité considérable de cet acide est fixée par les globules. Contrairement à Pflùger, P. Bert a montré que tout le CO^ du sang se trouve à l'état de combinaison, puisque les alcaUs n'y sont pas saturés d'acide carbonique et que les accidents asphjTtiques ne se manifestent que quand ils sont saturés et que CO^ apparaît, dans le sang, en dissolution. Cette combinaison est analogue à celle de Toxyhémoglobine, comme nous l'avons vu, et Bunge en a très bien expliqué le mécanisme. L'hémoglobine devient, en quelque sorte, une carbohémoglobine ; dans le poumon, elle s'oxyde en*présence de l'oxygène, devient de l'oxyhémoglobine et libère son acide carbonique qui est éliminé.
Dans le plasma, l'acide carbonique se trouve en combinaison et probablement sous trois états : de carbonate, de bicarbonate et de phospho-carbonate de soude. Une simple différence de pression — qui se produit dans le poumon — suffit à dégager CO^ des bicarbonates. Quant aux carbonates et phospho-carbonates, il faut la présence d'un acide pour dégager CO^. Après les expériences de Pflûger, dans le vide, on a supposé que les hématies acquièrent les propriétés d'un acide ou