CIEL
Clair.
Nuageux.
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De ces chiffres et d'un grand nombre d'autres observations, on peut tirer le diagramme suivant (fig. 4) qui donne la courbe des variations diurnes de la transpiration, et dans laqueUe les abscisses sont proportionnelles aux temps, et les ordonnées aux quantités d'eau transpirée.
L'influence de la lumière sur la transpiration se produit aussi chez les végétaux et les organes dépourvus de chlorophylle (champignons, plantes étiolées), mais elle est beaucoup
plus marquée chez les plantes vertes. C'est ainsi que, dans un même temps, un plant de blé étiolé ne transpire que 2"'%d, alors que le plant de blé vert en transpire plus de 100. D'autre part, les expériences de Draper, puis celles de Dehérain et de Wiesner, ont montré que chaque radiation lumineuse exerce une action particulière sur la transpiration des plantes vertes, et que cette influence dépend essentiellement de la réfrangibihté de la radiation. La transpiration présente ainsi deux maxima : le premier, le plus important, dans la région du rouge orangé, le second, dans celle du bleu, et un minimum très net dans la région du vert. D'où la transpiration faible des végé-
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taux qui vivent à l'abri d'ombrages verts. Or, ces deux maxima correspondent aux bandes d'absorption de la chlorophylle. Van Tieghem en a conclu que les parties vertes des plantes sont le siège d'une transpiration surnuméraire qui vient s'ajouter à la transpiration normale. La chlorophylle aurait ainsi deux fonctions distinctes : elle utiliserait une partie de la chaleur résultant de l'absorption de certaines radiations pour la décomposition de l'acide carbonique et la fixation du carbone, et le reste serait employé à une transpiration spéciale que Van Tieghem a appelée la chlorovaporisation.
Diverses expériences de Jumelle ont vérifié cette hypothèse. Il a reconnu que, dans le milieu le plus favorable à l'assimilation du carbone, une diminution notable de la transpiration
coïncide avec raccroissement de Tassimilation chlorophyllienne; « il semble que la plante, placée dans des conditions essentiellement favorables à l'assimilation du cai^bone, concentre toute son activité sur cette fonction et y consacre, au détriment de la chlorovaporisation, la plus grande partie des radiations absorbées par la chlorophylle^. » D'autre part, les anesthésiques suspendent l'assimilation chlorophyllienne. Or, Jumelle a montré qu'à cet arrêt de l'assimilation correspond un accroissement notable de la transpiration. Ici encore il s'établit donc une sorte de balancement entre les deux fonctions chlorophylliennes, et la totalité des radiations absorbées, se trouvant disponible, est employée à la chlorovaporisation. Mais il faut remarquer que l'action des anesthésiques sur la chlorovaporisation et sur la transpiration normale est très différente; elle active en effet la première, tandis qu'elle ralentit la seconde, ce qui tend à distinguer physiologiquement ces deux fonctions.
Il faut enfin noter l'influence considérable de la chaleur obscure sur la transpiration, influence signalée d'abord par Wiesner. La plante vaporise beaucoup plus dans la chaleur obscure que dans la chaleur lumineuse. Pourquoi? C'est que la plante absorbe presque toute la chaleur obscure, tandis que, quand il s'agit de chaleur lumineuse, elle n'absorbe pas la partie qui correspond aux bandes d'absorption du spectre de la chlorophylle. C'est là ce que montre le tableau suivant(p. 172) emprunté à Maquenne, tableau qui donne le pouvoir absorbant de diverses plantes dans la chaleur lumineuse (lampe Bourbouze) et dans la chaleur obscure.
Si nous nous rappelons que l'on appelle poiivow absorbant le rapport entre la quantité de chaleur obscure absorbée par une même surface de noir de fumée et de la matière considérée, on voit, par le tableau suivant, que les plantes vertes ont un pouvoir absorbant presque égal à celui du noir de fumée. Les différences entre les divers végétaux et entre l'endroit et l'en-