HOBBES
Homère. 98.
HuMBOLDT (G. de). 379.
Huschke. 552, Jean Goujon. 82.
Jenson (Nicolas). 314.
John Byron. 222, 269.
JossE Badius. 513, Jupiter. 36.
Labiche, 139.
La Bruyère. 89.
Lamartine. 544, Lavater 214.
Léda. 485.
Lesseps (de). 23.
Louis XI. 54.
Michael Foster. 195.
Michel-Ange. 83, 304.
Michelet. 269.
Molière. 139.
Néron. 164.
Newton. 523.
Pascal. 252.
Phèdre. 54.
Piles (de). 304, o38.
Polichinelle. 62.
Rruner-Bey. 263.
QuATREFAGES (de). 245, 263. Rachel. 213.
Raphaël. 303.
Renan. 24.
Robespierre. 36.
Rousseau (J. J.). 268.
RuBENs. 83, 304.
Sainte-Claire-Deville (Henri). 316.
Salvator Rosa. 30, 494.
Sardou (Victorien). 193.
schopenhauer. 464.
Taglioni. 83.
Taillasson. 109.
Van Dyck. 82.
Vitellius. 11.
Voltaire, i I, 239.
La physionomie, ainsi que son étymologie le marque, est la formule, l'expression, v6ij.oç, de la nature, cpuaicoç.
Exprimer, c'est, dans le sens littéral, presser un objet et en faire parce moyen sortir ce qui y est contenu : dans le sens figuré, c"est rendre sensibles les qualités contenues dans un objet.
Le résultat de cette opération intellectuelle est l'expression ou effet expressif. Cette expression est tantôt sensible aux yeux ou à l'oreille, tantôt seulement perceptible par le sentiment intérieur oa par l'intelligence. Mais qu'elle nous arrive par une voie ou par une autre, elle nous inspire toujours une idée.
Bien que le mot de « physionomie » s'emploie le plus habituellement pour désigner l'expression de la figure humaine, il s'apphque, avec une fréquence et une extension bien remarquables et bien significatives, non seulement aux êtres animés qui participent avec nous aux mouvements de la vie, mais, on peut le dire, à toute la création. Ces objets insensibles qui composent et remplissent l'univers s'animent, sous le regard de l'homme, d'une vie toute sentimentale, tout intellectuelle, tout idéale, sans doute, mais aussi vraie pour nous que celle des êtres vivants : ils nous parlent, ils nous répondent, nous accablent ou nous consolent, et nous les voyons tour à tour sourire ou pleurer avec nous ; pour nous un animal, un arbre, une forêt, un lac, la mer, le ciel, un nuage qui passe, a sa physionomie, et son aspect fait naître en nous une idée ou un sentiment.
Quant à l'homme, sa figure, persomie n'en a jamais douté, est l'image de son âme, et comme il est à la fois ce qui nous intéresse le plus et ce que nous connaissons le mieux, de tout temps les hommes ont cherché à découvrir les rapports entre la forme visible de ses trayts et les quahtés cachées qui peuvent y correspondre.
Or, si nous consultons le langage dans tous les temps et chez tous les peuples, nous voyons qu'il applique pour ainsi dire les mêmes mots à la physionomie des choses qu'à celle de l'homme : il atteste de la façon la plus décisive qu'il y a pour nous tous une analogie entre l'expression de la figure humaine et l'expression des autres objets de la nature, et il suffit de prêter l'oreille pour entendre à chaque instant parler d'un animal, d'un végétal, d'un paysagC;, de la mer, du ciel, dans les mêmes termes qu'on parle d'un homme. Ce ne sont pas là de simples figures de rhétorique, ce sont des formules très précises et très sérieuses de conceptions qui sont dans Fesprit humain, puisque le langage n'est autre chose que l'idée devenue sonore par la voix articulée, ou rendue lisible par l'écriture.
Ainsi donc il résulte de l'histoire, de l'observation et du langage, qu'il V a dans l'esprit humain un ensemble de notions générales d'où nous tenons pour assuré qu'il existe des rapports constants entre les traits de l'homme et ses qualités intérieures, entre la forme des choses et leurs qualités intérieures, et le nom de physionomie s'applique pour nous également à l'homme et aux autres objets de la nature.
Les anciens philosophes, voyant que toutes nos idées ont pour source ou pour objet ce monde qui nous enveloppe de toutes parts, appelaient l'homme un « microcosme », c'est-à-dire un monde en petit, une réduction de l'univers^ mais une réduction oii toutes les parties en sont représentées proportionnellement. Cela revient à dire que l'homme rassemble dans son intelligence une conception complète des choses, d'oti l'on peut conclure que l'esprit humain est la conscience de l'univers. Eh bien, cette conscience, c'est le jugement, l'appréciation, que l'homme fait de lui-même d'abord et des choses extérieures ensuite: c'est cela qui constitue l'expression, autrement dit la physionomie.
D'oii l'homme a-t-il tiré cette conception? Est-ce de son for intérieur et par le seul jeu de son imagination ? Non, sans doute: il l'a tirée, comme tout ce qu'il a pu apprendre, de l'observation de chaque chose
et de la comparaison de toutes les choses entre elles : c'est ainsi qu'à force d'expériences et de raisonnements il est arrivé à déterminer la constance de certains effets d'expression avec certaines formes déterminées. Qu'est-ce que cette correspondance reconnue entre les effets d'expression et les formes ? C'est ce qu'on appelle des signes d'expression.
C'est donc en observant et en notant des signes, que l'homme â fini par établir un vocabulaire, puis une syntaxe, qui ont formé pour lui la langue de l'expression, tout comme, par l'artifice de la parole articulée, il a créé la langue del'intenigence.
Pour que la langue de l'expression ait pu avoir un sens assuré, il a fallu que l'homme, comparant sa physionomie avec celle des autres objets de la nature, y trouvât des signes communs: il les a trouvés, il a reconnu, par exemple, que la grandeur, la couleur, le mouvement, peuvent aussi nettement caractériser un animal, une plante agitée par le vent, qu'un homme.
Alors s'est étabhe pour lui l'idée d'un certain nombre de signes expressifs communs à tous les êtres. A mesure qu'il se considérait davantage, il sentait de plus en plus l'attache des liens qui l'unissent à la nature ; à mesure qu'il pénétrait plus avant dans la connaissance des lois générales qui gouvernent le monde, il comprenait mieux sa ressemblance avec les êtres qui y vivent autour de lui, et par une suite naturelle de ces observations, il a été enfin amené à conclure de la ressemblance des signes à la ressemblance des quahtés.
Ainsi, par la même raison qu'il est un microcosme intellectuel, l'homme est devenu le microcosme physionomique. Etant le plus parfait, des êtres, celui oii la nature et la vie ont épuisé leur suprême effort de perfection et de beauté, il sera le terme de comparaison de l'expression universelle, et nous pourrons appeler « physionomie comparée » l'analyse des signes d'expression commencée dans la figure humaine et poursuivie dans tous les êtres de la nature.
Ainsi se déterminent, par la détermination de la portée universelle du mot « physionomie », le sujet et le but de ce travail. Si nos observations et notre analyse répondent à nos intentions et à nos espérances, nous serons autorisé à en conclure que :
A lliarmonie et à la généralité des lois qui régissent les formes et les mouvements dans tous les êtres, correspond une analogie de signes et
(T expression qui est le langage universel de la nature, et que j'appelle « la physioîîomie comparée » .
Nous traiterons d'abord de la physionomie de l'homme. Nous y insisterons particulièrement parce que, étant le miroir oii la nature vient se réfléchir, il se réfléchit aussi lui-même dans son propre aspect. Et quand nous aurons noté les signes qui caractérisent l'être humain, nous entreprendrons de les retrouver dans les autres êtres de la nature.
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