IMAGINATION ET MEDITATION
plus pronorcf^s que la pensée est plus intense. Sur le visage de Carducci éclate dans certains moments un véritable ouragan ; de ses yeux se dégagent des éclairs et de ses muscles un tremblement de terre.
Tout cela s'applique à l'intelligence, prise comme la somme de toutes les énergies psychiques ; mais chaque forme et chaque moment de la pensée a sa mimique propre, que nous avons essayé de définir dans nos études analytiques. Nous nous contenterons d'ajouter ici quelques lignes pour compléter les tableaux de la mimique intellectuelle.
Les deux tableaux mimiques les plus saillants de l'énergie intellectuelle sont ceux de l'imagination qui crée et de la méditation qui cherche. Je les exprimerai graphiquement dans les figures 4, 5, 6, "7.
Fig. 0. Centre mimique de la bouche.
Fig. 6. Centre mimique de l'œil. Fig. 7. Centre mimique de le bouche.
Dans l'expression de l'imagination, tous les mouvements
2'j8 de la valeur INTELLECTUELLE D^.NE PHYSIONOMIE
qui ont leur centre dans l'œil ou dans la bouche semblent se diriger du milieu de la face vers la périphérie, en sorte que le mouvement mimique général est centrifuge. L'œil s'ouvre largement et regarde en haut; la bouche s'ouvre et s'élargit; en même temps le cou se redresse, la tête se relève et nous force à regarder en haut ou vers l'horizon.
Dans le visage méditatif, au contraire, tous les mouvements partent de la périphérie et se concentrent vers le milieu de la face ; les yeux sont demi-clos ou même clos ; la bouche aussi est close ; la tête s'incline sur la poitrine, comme si l'organisme se repliait sur lui-même, pour chercher en soi ce que l'homme inspiré cherche au dehors dans le large horizon de la nature.
L'expression de l'imagination passe souvent à des formes pathologiques et convulsives, et peut, avec quelques modifications, devenir inspirée, poétique^ délirante.
L'expression méditative, en s'exagérant, peut devenir extatique, fixe, et se rapprocher presque du visage stupide. En mimique, c'est une loi constante que les extrêmes se touchent et se confondent presque en une teinte unique.
Fil^.
APPENDICE
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