HoNORATi NiQUETii, Physiognouiia Iiumnna, Lugduni, 164S
2. HoNORATi NiQLETii, Phyi.iogno)'iia humatia, Lugduni, 1648, p. 87,
i33 LA MIMIQUE DE LA HALNË
de notre vie ; et la colère n'est pas autre chose que le sang qui s'allume à l'intérieur du cœur.
Pour Gliirardelli le nez est le centre de la colère.
.... Or, il convient de savoir comme quoi le nez (outre son office propre qui est de purgor le cerveau de se» excréments), en a aussi un autre, qui est, lorsque la passion de la colère et du mépris s'est allumée et enflammée à l'intérieur de la poitrine, de le manifester au dehors, eu sorte que la pointe du nez nous montre quelle est la perturbation de la puissance irascible.
Et comme les bœufs ont une chair très lympathique et peu bilieuse, et qu'ils ont le nez gros avec les naseaux un peu abaissés, et que c'est d'ordinaire un animal indolent, il est permis de conjecturer que celui qui a le nez semblable à celui du bœuf sera indolent dans ses affaires, et lent à se mettre en colère, et tout cela se conforme à la règle des contraires. Les gens colères ont coutume d'avoir le nez pointu, et à la moindre occasion d'irritation, on les voit rougir. . . .
L'étrange découverte qu'un nez pointu indique une disposition à la colère n'appartient pourtant pas en propre à Gliirardelli. Voyez combien de gens l'ont précédé :
Nasus in extremo aciUiis, mendacii est nota, litis et iraciindiœ signum; est énim a colera, . . .
et ailleurs :
Nasus in extremo acutus irascibiles notât. Gratta^rola.
Nasi summmn gracile si fuerit facilem iraciindiam. Pomponio Gau-
RIGO.
Les hommes qui ont le bout du nez 'pointu sont d'ordinaire impatients, disputeurs, orgueilleux, parce qu'ils sont de complexiom colériques, et que dans le mélange des principes de leur tempérament, les partie i ignées sont dominantes. Ingegniero.
Un nez très petit dénote un homme d'humeur changeante. ... Si le nez est mince, celui qui le possède est très colère. De plus si le bout est pointu, ce sera un homme cruel. G.-B. Dalla Porta.
Je suis bien fâché d'êti^e forcé de contredire tant d'écrivains distingués ; mais, sans sortir de ma famille et du ceixle de mes plus intimes connaissances, je puis absoudre les nez pointus des graves accusations portées contre eux depuis Pomponio Garrico jusqu'à Niquetius. Toute une famille de gens furibonds a pour caractère un nez très arrondi ; et un excellent père de famille, à qui il est impossible de se mettre en colère, a le bout du nez si pointu qu'il pourrait au besoin s'en servir comme de poinçon.
ANECDOTES PIIYSIOGNOMOMQUES 139
Lavater, qui était un si aimable composé de bonté et de mysticisme, ne s'est occupé qu'incidemment de la physionomie des mécliants. Aussi a-t-il pu écrire sur le beau Irontispice de son œuvre que son Essai de physîognomonle était destiné à faire connaître l'homme et à le faire aimer. Cependant dans le septième fragment de ses anecdotes pliysiognomoniques, il montre qu'il est quelquefois possible de lire sur la face humaine des sentiments de haine passagers ou permanents.
Que je meure si cet homme n'est pas un coquin ! disait Titus en parlant du prêtre Tacitus. Je l'ai vu à la tribune pleurer et sangloter trois fois quand rien n'était de nature à tirer des larmes, et se détourner dix fois pour cacher un sourire, quand il était question de crimes ou de malheurs.
Un étranger, nommé Kubisse, en traversant avec nous un salon, chez M. Langes, fut tellement frappé par un portrait qui s'y trouvait avec beaucoup d'autres, qu'il oublia de nous suivre et resta à contempler le tableau. Un quart d'heuie après, ne voyant pas revenir Kubisse, nous allumes le chercher et nous le trouvâmes les yeux encore fixés sur le tableau. — Que dites-vous de ce tableau, demanda M. Langes, n'est-ce pas celui d'une belle femme? — Sans doute, répondit l'autre, mais s'il est ressemblant, la personne qu'il représente a Tume bien noire, ce doit être un démon. — C'était le portrait de la Brinvilliers, la célèbre empoisonneuse, aussi célèbre par sa beauté que par ses crimes qui la conduisirent au bûcher.
Tels sont les brouillards du liasse, où se confondent Tanatomie et la mimique, la cabale et robservation. Arrivons au présent, qui exige des méthodes siires et des analyses positives.
La minii(iue de la haine repose tout entière sur cette base fondamentale : éloigncmcnt de ee qiCon hait, de ee qui fad soufTi'ir, de ee qui menace.
Les particularités de l'expression, telles ([ue les fournit une analyse minutieuse, se trouvent réunies dans le tableau suivant :