‹ La Physiothérapie des Arthrites GonococciquesChapitre 6 sur 45 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On accorde généralement le parrainage des manifestations articulaires de la blennorragie au médecin hollandais Pierre Van Forest, dit Forestus, sur la foi de ces quelques lignes de 1507 :

« Un jeune homme, savant d’ailleurs, étant, depuis peu revenu d'Italie en son pays, était affecté de Gonorrhée avec enflure d’un testicule et aussi d’un genou, de telle sorte que j’eus soupçon du mal vénérien, quoique tous les symptômes habituels de cette maladie ne fussent pas encore nettement déclarés. »

Depuis cette époque jusqu’à nos jours, le nombre des auteurs qui ont traité de cette affection, pour l’'individualiser tout d’abord, pour la traiter ensuite, est imposant.

Pour le problème pathogénique, il a fallu attendre jusqu’à la fin du siècle dernier (travaux de Neisser en 1879, de Pétrone en 1883, de Hewes en 1894, pour ne citer que les principaux) pour voir cesser cette « unanimité dans le désaccord » dont parlait Peter en 1867 à la Société Médicale des Hôpitaux.

Quant à l’ère thérapeutique, elle est toujours ouverte. Il est sans doute peu d’affections pour lesquelles autant de procédés thérapeutiques aient été proposés. « 11 n’est guère de traitement » écrit Mondor dans sa

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très complète monographie, « depuis le vésicatoire volant de Besnier jusqu’à la gonacrine et la vésiculotomie de Fuller, qui n’ait été dit spécifique, héroïque, enthousiasmant, merveilleux ».— « Si un chirurgien parcourt les bulletins de la Société Médicale des Hôpitaux de ces dernières années, dit encore Mondor, il est surpris de la variété des traitements proposés et poursuivi par cette forte notion que le nombre de traitements connus contre une maladie est en raison inverse de leur valeur. »

Nous avons l'intention d'exposer dans cette thèse, la thérapeutique des arthrites gonococciques par les agents physiques. Tous sont loin, certes, d’avoir la même valeur. Nous avons néanmoins la conviction profonde, étayée tant sur notre expérience personnelle que sur celle d’auteurs et de praticiens de plus en plus nombreux, que la physiothérapie doit jouer un rôle de premier plan dans le traitement de cette affection exceptionnellement rebelle.

Dans un premier chapitre, nous rappellerons brièvemment les grandes notions anatomiques et biologiques, indispensables pour le diagnostic de l’affection et l'établissement d’un traitement judicieusement approprié.

Puis nous étudierons successivement les diffcrents traitements physiothérapiques qui ont été proposés contre les arthrites gonococciques. À propos de chacun d’eux nous essaierons d’en expliquer l’action et d’en préciser les indications particulières et la valeur.

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