CHAPITRE XXllI
d'une des jarres. L'étincelle éclate, les flutdes circulent et se rejoignent en traversant toute la série des conducteurs, dont fait partie le corps appuyé en a.
La bouteille de Leyde sert quelquefois d'électrophore; son crochet conserve assez longtemps l'électricité qu'il a reçue , parce qu'elle est dissimulée et maintenue par le fluide de l'autre face; ou peut donc, en transportant l'appareil chargé , transporter ainsi la petite quantité de fluide libre dont on a besoin pour une simple étincelle.
On s'est servi de la bouteille de Leyde pour reconnaître la vitesse de l'électricité. Qu'on applique à la surface extérieure une des extrémités d'un fil métallique qu'on étendra à de grandes distances, qu'on repliera mille fois sur lui-même, à qui on fera traverser la terre, l'air et l'eau, et dont la seconde extrémité, après tant de parcours et d'obstacles, sera approchée du bouton de la bouteille de Leyde; l'explosion sera aussi instantanée que lorsque les deux faces étaient mises en communication par un conducteur de quelques centimètres. Sur toute l'étendue de la ligne, on peut enflammer l'éther. Au reste, ce moyen de mesurer la vitesse du fluide est grossier et nécessairement nul dans ses résultats^ puisqu'on a reconnu par d'autres moyens que c'est par milliers de lieues qu'il faut compter la vitesse de l'électricité dans un instant inappréciable.
Le condensateur, sous ses différentes formes , sert à exécuter divers tours de physique plus ou IL 7
m Foisiau m AcnoH.
moîos plaisants. Par exemple, on fait approcher une personne d'un condensaleor chargé dont Tallure est peu suspecte, de telle sorte qu'elle communique par les pieds avec la face extérieure; et on rinvite à prendre un petit objet, une pièce de ttionnûe^ par exemple, disposée sur la fiice isolée du condensateur. Or, au moment ou die défère à Finvitation» elle éprouve au bout des doigts une conunotion vive et inattendue, qui provoque une pantomime et des interjections fort grotesques.
Condensa- 340. Parmi les condensateurs de sensibilité, voL.^ nous signalerons particulièrement le condensateur à feuilles d'or, ou condensateur de Yoita : c'est une petite cage de cristal fermée de toutes parts, et surmontée d'un système de deux petits plateaux circulaires de cuivre parfaitement dressés; le supérieur est mobile, et porte un manche de verre s; l'inférieur est assujetti à un bouchon métallique qui traverse le verre ^ se prolonge à l'intérieur, et tient sd^endues verticalement deux lames d'or, longues, étroites et légères.
ParaUèlement aux lames s'élèvent deux QOliductettrs métalliques x, y. Les deux plateaux sont enduita d'une mince couche de vernis, qui •st la lame isolante; eux-mémea forment les deux filcea du condensateur. Yeut^n constater la présence d'une très-faible quantité d'électricité four^ vm pav une source quelconque, mais qui ne peut «e manifester par étincelle ni attraction sensâ^le :
GttAHTRE niïL M
Ofi met d'abord le plateau supérieur en irotilnffii-' nication avec le sol, et le plateau inférielit ôtt coilecteuf* avec la sourôc^ fi^pposé^ d'electrioîté. 11 y à cotidensâtion ^vtt le» deux pldfeaat comme sur les deux faces de la bout€?ilie de Leydé; et l'on conçoit que racdumulalion puisse rendre sensible la temion d'une très-faible source. Après ud temps convenable , on retire, en le soulevant par son mancfae de verte, le plateau supérieur, dont rélectricité dissimulait celle du plateau in« férieur; et, eet enlèvement fait, l'ëlectricité de ce-* lui'ci, devenue libre, fait diverger plus ou moins les feuilles d'or, et accuse la présence de l'électricité dans la source. Si l'écart est considérable, les lames vont se décharger sur les conducteurs verticaux Xy jr^ et retombent pouf* se prêter à de nouvelles expériences. C'est la minceur de la lame isolante qui donne sa puissance à ce petit condensAteur, mais aussi ne peut-il servir qUe pmir les sources électriques à très-petite tension; dams le ca$ contraire, les fluides rassemblés sur les deux plateaux briseraient la couche de vernis pour se combiner. C'est avec cet appareil que Voha a prouvé l'estistenceF de l'éleolrîcité de contact.
On doit s^naler encore le condensateur de taffetas gommé, qui corniste en un disque de bois Éevétu de taffetas, et d'im plateau métattiqne à manche de verre. Le bois habillé communique arvee le sol ,^ le platélsiu^ avec la souree d'électricité: Cet appareil,» qf» Ile p«ut aus^ 8ei»vîr qu'avec
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des sources de petite tension, est de fort peu d'usage.
Électricité 341. Nous avous slgnalé parmi les sources d'épreufon. Icctricité slatiquc la pression et la chaleur. Voici quelques faits y relatifs.
Si Von prend Tappareil précédent, et qu'on appuie simplement le plateau métallique par son manche sur le taffetas gommé , l'effet de cette pression, qu'on peut rendre exempte de tout frottement proprement dit, est de donner au plateau le fluide négatif, au taffetas le fluide positif.
Plusieurs minéraux s'électrisent par la seule pression entre les doigts; tels sont : la chaux carbonatée, le mica, le quartz. Le spath d'Islande possède celte propriété à un degré tel, que, pressé entre les doigts pendant quelques instants, il donne encore des signes d'électricité au moins dix jours après. C'est sur cette propriété qu est fondé l'électroscope d'Haûy, dont nous parlerons plus bas.
Par la L'cflet dc la chaleur est particulièrement sensible sur le minéral connu sous le nom de tourmaline, qui cristallise en prismes hexagonaux allongés , mais asymétriquement à ses deux bouts, dont l'un n'offre souvent que trois facettes, tandis que l'autre en présente six. Or^ si l'on chauffe une tourmaline d'une manière quel* conque, même en là plongeant dans l'eau bouillante, elle s'électrise avec pôles, c'est-à-dire que l'une des moitiés du cristal prend le fluide positif, et c'est celle à sommet hexaèdre ; l'autre prend
chaleur.
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le fluide négatif, c'est celle à sommet trièdre. En cela la tourmaline présente d'abord une certaine analogie avec l'aimant; mais cette analogie se complète en ce que deux tourmalines agissent comme deux barreaux aimantés Fun sur l'autre, c'est-à-dire, s'attirent par les pôles contraires, et se repoussent par les pôles chargés du même fluide. Du reste, la polarité ne se manifeste qu'autant qu'il y a mouvement de température en plus ou en moins dans la tourmaline; de l'un à l'autre cas, il y a renversement de pôles. Si la température est stationnaire, la polarité disparait; et si l'on ne chauffe la tourmaline que sur une partie de sa longueur, elle ne prend qu'une seule des deux électricités. Si on la brise en plusieurs fragments, chacun d'eux peut acquérir des pôles par la chaleur, comme la tourmaline entière. Enfin , pour chaque tourmaline il y a deux limites de chaleur, au delà et en deçà desquelles la polarité né se manifeste pas.
342. Disons ici, pour terminer, quelques mots des divers électroscopes.
Le plus simple est le petit pendule électrique , Électrocomposé d'une petite boule de moelle de sureau , éiectrosuspendue à un fil de soie. La petite boule est at- "*''*** tirée par tout corps électrisé , puis repoussée après le contact : l'électroscope à cadran, qui se monte sur les conducteurs des machines, rentre dans ce système; car il est tenu constamment repoussé après le premier contact. La répulsion qui suit l'attraction donne le moyen de reconnaître la na-
los PHTnooB ne Aunoif.
ture d'une étectrîcitë problématique* Si Ton présente au petit pendule un bâton de cire à cacheter frotté sur la manche d'un habit de drap, il y aura attraction d'abord, et répulsion ensuite; or, si pendant l'état de r^ulsion on présente l'électricité inconnue, selpn qu'elle maintiendra la répulsion ou la changera en attractions, elle sera de ipéme nature que celle de la cire à cacheter, ou de nature différente. Or, on sait que celle delà dre à cacheter est alors négative.
Deux petites boules de moelle suspendue^ à un fil de chanvre ou de lin , à cheval sur un conducteur, forment un électroscope analogue à celui de la machine. Quand le conducteur s'électrise, les petites boules divergent, et leur écart indique la tension de la source. Toutefois , le petit pendule est préférable.
Si, dans l'appareil du condensateur de Volta, on supprime le plateau supérieur, on aura un électroscope fort sensible. La moindre quantité d'électricité donnée au plateau fixe fera diverger les lames d'or, à cause de leur extrême légèreté. Quelquefois on leur substitue deux petites pailles qui sont moins mobiles, et, dans certains cas, plus commodes.
Ces appareils indiquent la présence de l'électricité, et, si l'on veut, le plus ou le moins; mais ils n'en sauraient donner la mesure précise. Ce dernier but est atteint par l' électroscope de Coulomb, qui n'est autre chose que l'aiguille de la balance. Un fil de verre, revêtu de laque, est sus-
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pendu à un fil de soie sans torsion, et porte k l'une de ses extrémités un petit cercle de clinquant. La moindre tension électrique présentée à ce petit cercle l'attire, et le fait tourner en tordant le fil de soie ; et il vient un moment où la réaction élastique produite par la torsion du fil balance la puissance électrique qui produit celte torsion. Par l'angle d'écart horizontal, on pourra mesurer cette puissance, tandis que, dans les appareils précédents, l'effet était combattu et altéré par la pesanteur. On peut d'ailleurs agir sur le cercle de clinquant par répulsion après contact, et mesurer l'angle d'écart, ce qui revient au même. C'est ainsi, comme on sait d'ailleurs, que Coulomb a établi cette loi des actions électriques, que leur intensité est inverse du carré de la distance.
L'électroscope de Haûy agit d'une manière analogue; toutefois, il est moins sensible et moins précis. Il se compose d'une aiguille de cuivre tournant horizoqtalement sur un pivot aigu, et garnie à l'une de ses extrémités d^un petit cristal de spath d'Islande. Ce petit cristal a été électrisé par pression entre les doigts. Si on lui présente même à distance un corps électrisé, il sera attiré ou repoussé, selon la nature du fluide en épreuve, et l'aiguille tournera dans un sens ou dans un autre.
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