‹ La physique moderne: études historiques et philosophiquesChapitre 15 sur 108 · Voir la cinquième étude · texte numérisé non relu

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silion en proposition, il faudrait remonter à l'infini. La physique, en poussant ses théories aussi loin que possible, arrivera toujours à un état de choses, ou à un comment dont elle ne cherchera pas le pourqiioi. Que cet état de choses tenu pour primitif existe par lui-même, ou qu'il soit la manifestation d'une puissance créatrice, c'est une question de philosophie qui sort du programme de la physique. Dans les deux cas, le point d'arrêt est le même. C'est ce que méconnaissait le sayant athée qui a dit un jour : < Si Dieu existait, le fil de la science serait à jamais coupé. » Le fil de la science n'est pas plus coupé par l'idée du Créateur que par celle de la nature des choses, et il faut, quoi qu^on fasse, que la pensée s'arrête à un point de départ qui rendra raison de tout le reste, et dont il ne sera, pas rendu raison, par cela même que ce sera un point de départ. La question est de savoir où se trouve le point d'arrêt. C'est à ce sujet que se produisent en physique deux doctrines opposées. La physique ancienne, qui est la plus conforme aux données immédiates de l'expérience, s'arrêtait à chaque classe de phénomènes distincts, en supposant pour les expliquer des propriétés particulières ou des lois spéciales. De là des points d^arrêt en nombre indéterminé; chaque fait nouveau tendait à introduire dans h science un nouveau principe d'explication. A cette conception s'oppose celle de la physique moderne, pour laquelle toutes les explications doivent être ramenées aux principes de la mécanique, ce qui fait que la pensée a des points de départ d'une nature précise et en nombre limité. De nouveaux exemples, joints à ceux qui précèdent, feront comprendre l'opposition fondamentale de ces deux points de vue.

On admettait, au commencement de ce siècle, que le simple contact de deux métaux produit de l'électricité. C'est un fait auquel on s'arrêtait, on le formulait comme une loi fournissant l'explication du phénomène qu'elle exprimait. Quelques physiciens poussèrent les recherches plus loin.

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