BU LEUX
L’ÉGLISE
L * église de Buleux, paroisse de la commune de Cerisy-Buleux, comprend une nef et un chœur à chevet rectangulaire, plus étroit que la nef.
La nef accompagnée de deux étroits collatéraux embrasse trois travées. Deux piliers monocylindriques bas et trapus, reliés par des biseaux à des bases également cylindriques délimitent chaque travée. Les piliers sont couronnés de chapiteaux très bas dont la corbeille surmontée d'un tailloir rectangulaire est chargée au Sud de quatre grandes feuilles méplates que des crochets terminent et que des palmettes d’acanthe séparent. Du côté Nord, les corbeilles n’offrent aucune décoration.
Les grandes arcades en tiers points présentent une double voussure biseautée.
Contre les revers de la façade elles reposent sur des pilastres dont les doubles ressauts ont les arêtes abattues et sont couronnés de tailloirs.
Des demi berceaux couvrent les bas côtés. Les murs latéraux sont percés de grandes fenêtres en plein cintre sans aucun style
Deux larges contreforts de o,25 de saillie flanquent la façade et accusent la division intérieure. Un petit glacis en amortit le sommet et deux ressauts biseautés les coupent horizontalement. Ils encadrent une porte contre les piédroits de laquelle se dressent deux colonnettes.
Les curieux chapiteaux qui couronnent celles-ci ont été soigneusement décrits par M. Enlart.
Le chœur ne présente aucun intérêt.
La façade peut remonter, suivant M. Enlart (i), au xie siècle. Quant aux arcades elles datent de la fin du xne siècle ou mieux peut-être du commencement du xme.
Les fonts baptismaux présentent à chacun de leurs angles trois colonnettes engagées, sur les chapiteaux desquelles repose une tablette rectangulaire. Ils sont contemporains des grandes arcades de la nef. L’église voisine de Wiry-au- Mont possède une cuve de même style et de même dimension, que la Picardie historique et monumentale a publiée
Un minuscule seau à eau bénite en dinanderie mérite une mention spéciale. Il semble être la réduction du seau de Notre-Dame d’Airaines qui
date de 1 5 1 6 ; mais ni le seau d’Airaines, ni celui de Buleux, ne valent le seau de l’église d’Embreville (3), beaucoup plus beau et mieux conservé.
M. Prarond a publié les inscriptions de deux cloches qui ont précédé la cloche actuelle :
« J AY ETE BENITE PAR MAITRE GABRIEL FOUCART, CURE DE CERISY-BULLEUX ; J AI POUR PARRAIN MESSIRE NICOLAS DE BELLENGREVILLE, MARQUIS SEIGNEUR DE BULLEUX ET AUTRES LIEUX, POUR MARRAINE, DAMOISELLE MARIE LYVER. . . ET DE BANCOURT, l’an I y3 1 . LOUIS LEGAY, FONDEUR. »
« j’aY ÉTÉ NOMMÉE CHARLOTTE PAR NICOLAS TERNISIEN , CHEVALIER SEIGNEUR DE BOISVILLE, BELLEPERCHE, ANCIEN CAPITAINE D’iNFANTERlE ET NOBLE DAMOISELLE MARIE, CHARLOTTE DE BELLENGREVILLE, DAME ET PATRONNE HONORAIRE DE CETTE PAROISSE DE BULLEUX, ET BÉNITE PAR MAITRE NICOLAS POIRÉE. CURÉ DUDIT BULLEUX. TOUSSAINT VERDURE MARGUILLIER, 1778(4). »
(1) C. Enlart. Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picarde , Amiens et Paris, 1895, in-40, n° 90.
(2) La Picardie historique et monumentale, tome III, 1905, p. 162.
(3) Embreville, canton de Gamaches.
(4) E. Prarond. Histoire de Cinq villes et de Trois cents villages (3e partie); Saint- Valéry et Cantons voisins t. II, Paris, Abbeville, 1863, pp. 31 1, 312.
T..JÏ
DARGNIES
L'église moderne de Dargnies renferme, scellée dans le mur du collatéral gauche une curieuse plaque de cuivre commémorant un legs fait en iq33, dont M. Darsy a reproduit le dessin dans son histoire du canton de Gamaches. Au dessous du donateur à genoux sur un prie Dieu se lit, en caractères gothiques, cette inscription rimée :
Cnn i>c grâce iiii r yyyiii mnifirc Hoiiifl'c Ce Jfnufcqunir vraicmt natif ©argny cÇanoinc très courtois: en fo tâps vivat fjoneftemet ©ffïciaf bamir fut foguemet : eu fou bcrnicc an cure bc cljccns a fegate beuto bimagej au vtay birc t£>rc6ctmaigny et fc Jfofic pour fuy et pour fes ficus 1 II font frans fans y point cotrcbire mais fc cure fera tenu bc birc et ccfeBrcr trois meffes en fa frpmniur fes anucÇier cor befire fc fieu, fa cljofc et a fjcurc rljartainc roc c/l areffe par fcntcncc Çauftainc bouée amies bc p fofficinf cotre uug cure quy bit en gcncraf q fes mcfTej pfus if ne cfantccoit mais fut juge bit eu cfpcciaf coc fes autre avoiet fait if feroit pourtant prions cijin en fon cnbroit a tout cure; en faire feur bc6voic et bc prier pour fuy apte; tous bis que fon a aine puift fa trinitc voit bictcj pour fuy cÇin beprofunbis ÛTffy gift jflbuifl’c fc jfaufcqiicur ncveuy bubit maiftre lguillc a fegatc a fcgfc bc ©atgny trois jouruoeuv bc terre a fc rljnrgc bc ccfeBrcr iiii meffes tous fes ans et boi6vrt birc tos fes vcnbrcbis bcs quatretaps et fes anucÇcr. p.
M AISNI ÈRES
L’église de Maisnières s’élève au pied d’une motte longue de 35 mètres et haute de 8 mètres vers le Sud-Ouest. Le château était démoli entièrement en 1 38 1 , car à cette époque Jean Cœuret, écuyer, dans un aveu rendu au comte de Ponthieu parle de la place où il avait été bâti (i).
(i) R. de Belleval. Les fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimei
Paris, 1870, in-40, p. 208.
Une nef précédée d’un porche, un chœur à chevet plat, une chapelle ouverte au Sud sur le chœur, un clocher en charpente à l’entrée du chœur et dans Taxe de l’édifice, tels sont les éléments qui composent le plan de l’église.
La nef que flanquent des contreforts larges et peu saillants en grès, en constitue la partie la plus ancienne. Elle ne fut jamais voûtée et remonte à l’année 1100 environ.
M. Enlart l’a décrite dans son architecture romane (i).
Une porte en tiers point et à double voussure de grès s'ouvre dans la façade occidentale de la nef. Une frise décorée de palmettes d'acanthe méplates court entre deux boudins à hauteur des impostes. L’archivolte intérieure, ainsi que les piédroits qu’elle surmonte, est arrondie. L’archivolte extérieure porte sur son arête un cavet. Cette porte appartient au commencement du xme siècle.
De la même époque datent deux des contreforts à glacis qui épaulent le chevet plat de l’église.
Au xivu siècle, fut construite la chapelle dont la base est en silex et la partie supérieure en moellons blancs, ainsi que le mur en silex élévé entre les deux contreforts du chevet, dans le but de ménager un réduit derrière le chœur. Une fenêtre divisée par un meneau central, et dont un oculus ajoure le tympan, occupe le pignon de la chapelle.
Un siècle plus tard, on remania le chœur
qu’on se proposait de voûter, comme l'attestent des culots feuillagés logés dans les quatre angles. Dans la pensée de l’architecte, le chœur aurait servi sans doute de souche à la tour d’un clocher.
Au xve siècle également, appartient le joli porche voûté, dont la porte en tiers point est surmontée d’une archivolte avec retours horizontaux.
Les fonts baptismaux affectent la forme d'une courte colonne couronnée par un chapiteau (2). Des feuilles d’érable détachées les unes des autres ornent la corbeille du chapiteau que surmonte un gros dé de pierre octogone, dépourvu de toute moulure. Ces fonts appartiennent au xive siècle.
La chaire du xvne siècle, provient, d'après la tradition, de l’abbaye du Lieu-Dieu.
MARTAINNEVILLE
Le plan très simple de cette église comporte une nef indigne d’une description et un chœur. Celui-ci qui date de l’époque flamboyante, est séparé de la nef par un
(1) C. Enlart. Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picarde , Amiens et Paris, 1895, in-40, p 141.
(2) C. Enlart. Etude sur quelques fonts baptismaux du nord de la France, dans le bulletin archéologique du
comité des travaux historiques et scientifiques. Paris, 1890, in-8°, tirage à part, p. 20. 10
grand arc en tiers point refouillé par des moulures prismatiques qui s’arrêtent sur de petites bases. Il comprend trois travées droites et trois pans coupés égaux. Des formerets surmontent les fenêtres dont les meneaux et les remplages sont modernes. Ils se raccordent à des demi colonnes qui auraient recueilli les nervures si la voûte avait été construite. Ces demi colonnes s’arrêtent sur des culots finement sculptés, dont le style rappelle celui des consoles de Tours-en-Vimeu (i). On y reconnaît une sirène, un dragon, des animaux fantastiques ailés soutenant un écusson, des oiseaux se jouant dans les feuillages. Un bandeau profilé en larmier court tout autour du chœur se reliant au glacis des fenêtres. Au dessous de la troisième fenêtre méridionale, une jolie piscine redentée s’ouvre sous une archivolte en accolade ornée de crochets. Deux petits pinacles l'encadrent de chaque côté.
Dans le dallage du chœur, sont engagées deux pierres tombales dont voici les inscriptions :
IC Y REPOSE LE CORPS DE DAME MARIE ANNE DE MALORTIE DE BOUVILLE COMTESSE DE HOMBOURG, DAME DE MARTAINNEVILLE ERVELOY, ÉCOTIGNY ET AUTRES LIEUX, VEUVE ET DOUAIRIÈRE DE MESSIRE ANTOINE ÉLÉONOR JEAN FRANÇOIS DE GAUDE COMTE DE MARTAINNEVILLE, MESTRE DE CAMPS DE CAVALERIE, DÉCÉDÉE A MARTAINNEVILLE LE 28 DÉCEMBRE 1774 ÂGÉE DE 8l ANS.
Quando ullatn invenient parem.