DE DIEV LE CRÉATEVR SON AME REPOSER
ET SON CORPS AV TOMBEAV Qv’ELLE s’eST FAIT POSER.
LAQVELLE DÉCÉDDA LE .... MARS l’aN IÔ20.
PRIEZ DIEV POVR SON AME (2)
Dans la baie parallèle à celle-ci, sous l'arcade au fond du sanctuaire, du côté de l’épître, près de la piscine, un mausolée qui paraît plus ancien, attire l'attention du visiteur. Ici ce ne sont plus des « priants », mais des « gisants ». Sur un massif rectangulaire le chevalier et sa femme sont couchés, selon l'usage généralement suivi dans les monuments funéraires jusqu'au xvie siècle. Le guerrier porte une longue épée au côté gauche et ses gantelets sont placés à sa droite. Le lion mutilé couché à ses pieds symbolise la force physique et morale, la vaillance et l’ardeur dans les combats (3), tandis que le chien qu'on remarque aux pieds de la dame est l’emblème de la fidélité conjugale.
(1) Eglise et Château de Tilloloy, loc. cit , p. n.
(2) Dans la notice sur Corbie, que contient «la Picardie liist. et mon. », on voit, à la page 454 du tome Ier, une représentation du tombeau d’Albert de Belleforière, fils de Ponthus et de Françoise de Soyecourt. Cet enfant, mort à 22 mois, le 25 février 1586, était couché au fond d’un petit arcosolium, dans la chapelle dite de Soyecourt de l'Abbaye de Corbie.
131 « Le lion est de toutes les images symboliques qui se rencontrent sur les tombeaux anciens, la plus fréquemment représentée *. (Dusevel, Lettre sur quelques sculptures de lion, dans la Revue de l'Art Chrct., 1862, t. VI, p. 114).
Au fretté que Ton voit sur le surcot de ce chevalier, on reconnaît un Soyecourt. D’après les données fournies par l’histoire généalogique de cette famille, il est extrêmement probable — nous pourrions dire certain — que ces deux personnages sont François III de Soyecourt, le fils unique issu du premier mariage avec Jean III de Soyecourt, d’Antoinette de Rasse, fondatrice de l’église, et Charlotte de Mailly-Tupigny, son épouse (i). Malheureusement les têtes et les mains, qui devaient être aussi en marbre blanc, ont disparu depuis la Révolution (2).
Tombeau t/e l'ra/ifots t/e Soyecourt e/ t/e (’/iar/oUe t/e Mat //y .
François III de Soyecourt, seigneur du Grand-Manoir près de Lihons,
Régnière-Ecluse et Tilloloy, fut l’un des plus grands hommes de guerre de son temps. D’abord page du roi François Ier, il accompagna le cardinal de Lorraine, son parent, dans le voyage qu'il fit à Rome vers la fin de 1549, après la mort du pape Paul III, pour l’élection de son successeur qui fut Jules III.
Il fut au nombre des seigneurs qui, en i55a, s'enfermèrent dans Metz dont
ils firent lever le siège à Charles-Quint. Chevalier de l’Ordre du Roi, il assista, en i554, au combat de Renty, étant alors guidon de la compagnie des gens
(1) Ce sont les père et mère des trois chevaliers Maximilien, Charles et Abdias, et de leur sœur Françoise de Soyecourt, femme de Ponthus de Belleforrière, représentés à genoux sur les deux autres monuments funéraires précédemment décrits.
(2) Une tête sculptée en marbre blanc que l’on croit être celle de ce chevalier, a été achetée, il y a environ 25 ans, à Montdidier, nous a-t-on affirmé, par un châtelain de l’Oise qui l’aurait utilisée pour le mausolée qu’il faisait alors ériger à son père. — Le casque que l’on remarque sur cette statue de François de Soyecourt, à la place de la tête absente, a été retrouvé en 1875, dans la cour d’une ferme du village, par celui qui écrit ces lignes. Il servait à caler les roues des voitures !
^ .-UvA-U.
d’armes du seigneur de Humières. Il servit en Piémont et dans le duché de Milan, sous le maréchal de Brissac, en 1 5 55 et 1 556, et prit part aux sièges de Quiers, Yvrée, Ulpian et autres places fortes. Capitaine de deux compagnies de gens de pied, il continua de servir en diverses occasions jusqu'en 1571. Le 24 mai de cette année 1671, il s'empara, avec Ludovic de Nassau, frère du prince d’Orange, de la ville de Mons en Hainaut. Il s’y enferma avec le capitaine de la Noue, dit Bras de fer, et pendant 24 jours ils soutinrent vaillamment le siège contre le duc d’Albe, qui battit la place avec 47 pièces de canon II ne capitula qu'après avoir épuisé les vivres et les munitions.
François III de Soyecourt contracta mariage, le 3o mars 1 5 5o, avec Charlotte de Mailly, veuve de Jean de Taix, capitaine de Loches, colonel général de l’Infanterie et grand maître de l'Artillerie de France; elle était fille et héritière d’Antoine de Mailly, seigneur d’Auchy, le Neuvilleroy, Tupigny et Hallencourt, et de Jeanne d'Eaucourt (ou Yaucourt), dame dudit lieu. Se voyant sans enfant mâle (1), François fit son testament le 10 avril 1 5g 1 et son codicille le 3i juillet i5g5, par lesquels il institua son héritière universelle sa fille aînée Françoise, mariée, comme on l’a vu, à Ponthus de Belleforière.
N’oublions pas de signaler, de chaque côté du sanctuaire, deux autres grandes niches cintrées, creusées aussi dans l’épaisseur des murs pour abriter des tombeaux. Ceux qu’elles renfermaient disparurent pendant la Révolution; l’on gratta les fleurs de lys qui décoraient les plafonds, et les deux baies ont été depuis dissimulées par des boiseries.
Mais l'une de ces niches — celle du côté de l’évangile — vient d’être rendue à sa première destination, et l’austère parure de monuments funéraires de notre église vient de s'enrichir d’un nouveau joyau. C'est un cénotaphe élevé à la mémoire de M11' Henriette d’Hinnisdal, morte à Paris, le 4 mai 1897, victime de l’incendie du Bazar de la Charité (2).
La face antérieure de ce tombeau, qui est en pierre blanche de l’Yonne, ressemble beaucoup à celle du mausolée de Raoul de Lannoy qu’on admire dans l’église de Folleville (3). Quatre génies donnant les signes d’une profonde douleur et placés deux à deux, soutiennent des écussons en losange aux armes de Hinnisdal ; deux d’entre eux tiennent d’une main des torches renversées. Les deux groupes sont séparés par un cartouche en marbre blanc sur lequel on lit l’épitahe de la défunte, dont l’effigie, gravée au trait, se voit sur la couche funèbre.
Celle-ci est formée d’une pierre grisâtre très dure, dite a pierre de Tonnerre ». L'ornementation en est sobre et du meilleur goût. La tête et les mains, en marbre blanc, sont incrustées dans la pierre. Ces pièces de rapport font saillir les parties nues sur celles qui représentent les vêtements ; elles donnent ainsi plus de relief au dessin.
Les initiales de la « gisante », sculptées sur la pierre blanche et séparées par des flammes, tapissent le fond de la niche. Au milieu, émerge d’un lis épanoui la Sainte Vierge qui abaisse son doux regard sur le visage de la défunte. Le front ceint d’une couronne ornée de fleurons, Marie tient de la main droite une branche de lis et de la gauche un livre fermé.
(1) Après la mort prématurée de ses trois fils Maximilien, Charles et Abdias.
12) Le jour même où nous écrivons ces lignes, 15 Octobre 1902, on achève d'ériger ce monument funèbre exécuté par M. Chapot, sculpteur parisien très connu, d’après les dessins de M. Danjoy, architecte des monuments historiques pour la Picardie.
(3) Voir la description détaillée qu’en a fait M. E. Soyez dans sa remarquable notice sur Folleville, p. 115 et suiv. du présent volume.
L’arcade elliptique qui forme l’ouverture de la niche est ornée de moulures ; une guirlande de roses parcourt la gorge centrale. La voûte ogivale surbaissée est sillonnée par des nervures prismatiques reposant sur des culs-de-lampe délicatement ciselés.
Du côté de l'épître, au-dessous de la baie parallèle à celle qui abrite ce monument funéraire, existe un caveau découvert en 1860, lorsqu’on établit en cet endroit un échafaudage pour la restauration des verrières. Le 24 juillet 1877, lors du dallage du chœur, étant descendu dans ce caveau, nous y trouvâmes trois cercueils en plomb : deux reposant sur un carrelage en briques, et le troisième, supporté par des traverses de bois, posé sur les deux autres.
Les feuilles de plomb étaient dessoudées et disjointes ; l’on pouvait voir les squelettes avec des restes de cheveux et de barbe. Nous avons remarqué dans cette sépulture quatre vases en terre cuite contenant un peu de cendre.
Sur le cercueil supérieur, vers le milieu, était une enveloppe cordiforme, aussi en plomb, portant cette inscription :
C'est icy le cœur de Maximilien de Belleforière, lequel est décédé le 22 de mars de 1649 (1).
Détails particuliers
Carreaux émaillés. — Lorsque, dans le cours de l’été 1877, M. le comte d’Hinnisdal fit daller en marbre le chœur et le sanctuaire, on trouva trois ou quatre carreaux de terre rouge émaillés, de onze centimètres carrés, sur lesquels se détachent en blanc les initiales F. A. reliées par une sorte de cordelière. Nous avons déjà rencontré, au portail et à la piscine de la chapelle Saint-Nicolas, ce chiffre, qui semble désigner François de Soyecourt et sa mère, Antoinette de Rasse.
Eglise de Tilloloy. — Pièce du carrelage primitif.
(1) L’histoire de la maison de Belleforière de Soyecourt confirme cette indication. Fils de Ponthus, Maximilien de Belleforière fut, comme son père, gouverneur de Corbie. Il fonda le couvent des Minimes de Roye et commença, en 1645, la construction du château actuel de Tilloloy achevé par son fils, Maximilien-Antoine, grand veneur de France. Il mourut au couvent des Jacobins de la rue du Bac, à Paris, où il s’était retiré.
Voici ce qu'on lit sur ce sujet — à la suite de la relation de la pose de la première pierre du château, -- dans un manuscrit contemporain que nous avons découvert, il y a une vingtaine d’années, dans une vieille masure de Tilloloy :
« En l’année mil six cens quarante nœuf est deceddé le vingt deuzième jour de mars, lendemain de la Passion, à Paris, Messire Maximilien de Belleforière, comte de Tillioloy, baron de Souecor et de la Neufvilleroy le Roye, pendant le siège de Paris fais par Monseigneur le Prince (de Condé) ; et son cœur apporté à Tillioloy et inhumé dans ladite église le vingt sixième jour d'apvril en ladite année par Me Anthoine Bonvarlet, Curé dudit lieu, et en présence de tous les Curés circonvoisins des villages appartenans à mondit seigneur. — Toussaint Le Roy, clercq et greffier du temps audit Tilloloy, le tout certifie estre véritable et syncôre. »
(Signé) : x Toussaint Le Roy *.
Objets mobiliers. — Le mobilier de notre église, dévastée et convertie en grange pendant la Terreur, n'offre plus guère d'objets intéressants au point de vue de l’antiquité et de l’art. Signalons toutefois une clochette mesurant om,i5 de diamètre à sa base, et om,i5 de hauteur jusqu'à la poignée. Autour de cette grosse sonnette on lit, entre deux rangées d’ornements composés de fleurons alternant avec des fleurs de lys : i6o3 J FAICT POVR HASBROVCQ.
Instrument de paix ayant appartenu à l'église de Tilloloy. — M. R. de Guyencourt, secrétaire de la Société des Antiquaires de Picardie , a bien voulu nous communiquer
une photographie d’un instrument de paix (i) qui, d’après la tradition de la famille qui le possède, provient de l’église de Tilloloy. Cette « paix », devenue la propriété de Madame Bourdrel, d'Amiens, est extrêmement remarquable ; on peut en juger, du moins dans une certaine mesure, d'après l'héliogravure ci-jointe.
Des notes dues à l’obligeance du collègue dont nous venons de citer le nom. nous permettent de donner une description sommaire de cet instrument de paix. Il se compose d'un bas-relief en nacre représentant la Résurrection et d'une monture en argent dont une partie était peut-être autrefois dorée. Cette monture est ornée de quatre perles fines et de quatre grenats. Une turquoise décore le soubassement ajouré. Les arabesques du fronton sont fort élégantes. Ainsi que nous le faisait justement remarquer M. de Guyencourt, c’est une très belle pièce d'orfèvrerie du xvT siècle comme il y en a fort peu, et la tradition d’après laquelle elle viendrait de l'église de Tilloloy se trouve corroborée par l'analogie du style de cette paix avec celui de notre église.
Dans sa courte notice sur cet édifice religieux de la Renaissance, Dusevel signale, page 9, « les beaux vases et les riches parements d'autel » que possédait l'église de Tilloloy, ainsi que ses « beaux et anciens missels que l'on citait encore, à la fin du xvine siècle, comme les plus curieux des environs de Montdidier ».
Pourquoi faut-il que ces richesses aient disparu pendant le cours de la tourmente révolutionnaire ?
Ii) Hauteur om, ii, largeur om,o8.
A. ODON, Curé de Tilloloy, Chanoine honoraire.
VERPILLIERES
On trouve en différents endroits du terroir de Verpillières des silex taillés et des débris qui révèlent la période préhistorique. Parmi les lieux dits se rencontrent La Borne Fondue, ancien menhir; les Terres Noires où s’éleva une habitation gallo-romaine ; le Champ à Luseaux et la Sole des Marais qui ont fourni de nombreux cercueils en pierre. Des chemins gaulois et romains sillonnent la région, notamment le Sentier de Beauvais qui devint la voie de Beauvais à Vermand ; et le chemin de la Barbarie, le Barbâtre f barbarum iter) qui traversait Amiens et Soissons.
La disposition des rues du village ferait même supposer une castramétation romaine sur laquelle les habitations se seraient établies, comme cela a eu lieu dans beaucoup d'endroits.
Néanmoins les plus anciens documents écrits qui fassent mention de Verpillières ne remontent qu’au xns siècle Wermond de Welpillières signe en 1167 une charte de donation à l’Abbaye d’Ourscamp. (1). Radulphus de Gerpillières figure comme seigneur du lieu, dans un titre de iig5 du même établissement (2).
Gautier de Gerpillières est dit homme lige de Jehan de Nesle dans le dénombrement de i23o au roi Saint Louis. Il portait : d’or à la croix de gueules, à une molette de sable au premier quartier.
Il est parlé de Verpillières dans une bulle du Pape Alexandre III, en 1179, concernant le prieuré de Saint - Thaurin, à propos des terres sises apud villam de Verpillières (3)
Un grand nombre de personnages et d’établissements possédaient des fiefs sur le terroir et s'intitulaient seigneurs de Verpillières en partie; ainsi Hue de Laucourt, Alix de Clermont-Nesle, Jehan de Poix, Pierre Oger de Cavoye, la maison de Soyecourt de Tilloloy, François de Broyés seigneur de Hautavesne, François de Hangest, Jean de Dieu de Haussy de Robécourt et ses fils, la maison de Belloy d’Amy, l’Evêché de Noyon, le Chapitre de Roye, la Chapelle de Saint-Gilles de Carrépuits, et d’autres encore. Mais, en fait, il n’y avait de véritables seigneurs que les possesseurs du château de Verpillières.
Ce château est un précieux spécimen des manoirs du moyen-âge. Il a conservé dans ses formes rajeunies le caractère de l’époque féodale.
C’est un bâtiment carré, flanqué aux quatre angles de tourelles en poivrières. Il fut entouré de murailles et de fossés formant une enceinte continue. Autrefois la porte principale était flanquée de tours avec mâchicoulis et précédée d’un pont-levis.
La fondation primitive est attribuée aux Templiers, qui avaient à la Tronquoy un établissement important dont celui-ci était le lieu de gîte et de refuge.
Le style du château actuel de Verpillières se rapporte au xvie siècle ; il a
II) Cartulaire d' Ourscamp, charte 332omo, page 203.
(2) Cartulaire d'Ourscamp , charte i52cme, page 108. Une autre charte parle aussi de Walterus de Welpeiller.
(3) Ces renseignements et plusieurs de ceux qui suivent sont tirés de la Notice sur Verpillières , par M. E. Coët, Compiègne, 1880.
conservé les curieuses cheminées, dites gentilhommières , avec leurs dispositions de briques espacées. Les fenêtres du premier étage, bien que retouchées et défigurées, portent encore un caractère architectonique qui n'est pas sans mérite.
Un titre de 1 563 indique que ce manoir possédait un pigeonnier, privilège seigneurial, et qu'il était entouré de quatre journaux de terre.
Un siècle plus tard, vers i65o, le château était dans un grand état de délabrement; l'habitation tombait en ruines, et les murs d’enceinte étaient abattus en plusieurs endroits, ainsi qu’il résulte d'un procès-verbal dressé par maître Goufier assisté de maître Lorins Prévost, procureur au siège de Roye, au nom et comme fondé de pouvoir de Robert du Chesne, acquéreur du manoir.
Le 3 Juin 1737, dans une autre vente, la désignation est ainsi faite : « La » seigneurie de Verpillières consistant en une habitation et bâtiments sur » quatre journaux enclos de murs, un colombier et cent soixante journaux de » terre labourable ».
La paroisse de Verpillières a pour patron Saint Martin de qui la fête est fixée au 11 Novembre, mais elle se célèbre ici le Dimanche qui suit le 4 juillet, jour de la Translation des Reliques du Saint. L'Evêque de Noyon nommait à la Cure et prenait un tiers de la grosse dîme, les deux autres tiers étant au Prieur de Lihons.
L’église de Verpillières est une reconstruction du xvn' siècle, ayant conservé des caractères du xvi“. La façade est en pierre, offrant une porte cintrée avec frise soutenue par deux colonnes doriques. Le reste de l'édifice est en briques. La nef comprend trois travées reposant sur six colonnes rondes sans chapiteaux. Chaque travée a son pignon particulier à l'extérieur, ce qui fait de chaque côté une suite de trois pignons au-dessus des collatéraux. Les arcs des fenêtres sont en cintre très aplati. Le clocher s’élève au bas de la nef, dominant la façade; c’est un beffroi carré surmonté d'une flèche aiguë, couverte d’ardoises. L’intérieur est garni de boiseries, et les stalles du chœur sont ornées d’écussons armoriés L'une des stalles porte la date de 1763.
A gauche du chœur se trouve la chapelle de la Sainte Vierge. Au-dessus de l’autel, le rétable encadre une toile représentant l’Adoration des Mages.
Du côté droit, l’autel est dédié à Saint Jérôme, docteur de l'Eglise, de qui la fête se célèbre le 3o septembre. C’est une ancienne chapellenie transférée qui avait ses revenus particuliers, à la collation pleine et entière de l’Evêque de Noyon.
A l'autel majeur, on remarque un tableau intéressant : La Descente de Croix.
Les fonts baptismaux, en forme de ciboire, sont fort bien sculptés, c'est un travail du xvi' siècle.
L’église est placée au milieu du cimetière; et dans celui-ci se voit une croix en pierre dont la tige offre la représentation de Sainte Madeleine debout, entourant la croix de ses deux bras. Ce petit monolithe n’est pas sans mérite. La base de la tige est à quatre faces, ornées chacune d’une rosette; une moulure en baguette sert d’amortissement au départ d’un fiât rond, semé de fleurs de lys en relief. Sainte Madeleine est représentée debout, le visage levé vers le Crucifix. Elle embrasse la tige de la croix; ses mains sont très fines et très délicates; une draperie large et retombante l'enveloppe presque entièrement, laissant entrevoir le corsage et l’extrémité des manches de sa robe. Les plis sont bien traités, et l’ensemble est aussi bien conservé que possible après son long séjour au dehors. La partie supérieure de la colonne se termine par une tablette carrée et chanfreinée que surmonte une croix moderne en fer. Le socle sur lequel la colonne s élève a été
restauré tout récemment. Ce petit monument est d’autant plus digne d’intérêt que le modèle en est rare. Il n’a d’analogue dans toute la région que la croix de Bouchoir reproduite à la page 68 du tome II de la Picardie Historique et Monumentale.
Verpillières comptait deux cents habitants en 1698, cent soixante en 1875, à peine cent quarante aujourd’hui. Il ressortissait au Bailliage et au grenier à sel de Roye, à l'Election de Montdidier, à l’Intendance d’Amiens et au Doyenné de Nesle.
Ch. DUHAMEL-DECÉJEAN.
Croix de Verpillières
MONTDIDIER
Notice par M. le B°" X. de Bonnai.lt d’Houet
Situation . i
Histoire . 4
Description . 8
CANTON DE MONTDIDIER Notices par M . de Gu y en court
Andechy . 26
Becquigny . 28
Bouillancourt . 31
Davenescourt . 33
Faverolles . 45
Guerbigny . 47
Laboissfère, Le Mesnil-Saint-Georges . 52
Marestmontiers . 55
Piennes . 5°
CANTON DE ROSIÈRES Notices par M Cu. Duhamel-Decéjean
Beaufort-en-Santerre . 63
Bouchoir . 68
Caix . 6g
Chilly . 74
Fransart . 75
Harbonnières . 76
Maucourt . 79
CANTON D'AILLY-SUR-NOYE Notices par MM. J. Roux, le B°" X. de Bûnnaui.t d’Houet, R. de Guyencourt, et E. Soyez
Ailly-sur-Noye .
Castel . 92
Chaussoy-Epagny . 98
Folleville . 102
La Faloise . 123
Lawarde-Mauger . 125
Mailly-Raineval . 126
CANTON DE MOREUIL Notices par M. de Guyencourt
Moreuil . 131
Hangest-en-Santerre . 136
CANTON DE ROYE Notices par MM. Ca. Duhamel-Decéjean et le Chanoine O don
Roye . 143
— Eglise St-Gilles . , . 149
Beuvraignes . 152
Champien . 158
Curchy . 160
Dreslincourt . 162
Ercheu . 164
Fresnoy-les-Roye . 171
Herly . ï 75
Laucourt . 179
Moyencourt . 182
Saint-Thaurin . 188
Tilloloy . 191
— l’Eglise . 192
— — Extérieur . 194
— Façade Principale . 196
— Intérieur . 198
— Vitraux .
Vitraux des Transepts .... 205
Verrières du chœur . 208
voûte . 216
— Monuments funèbres . 219
Détails particuliers . 227
Verpillières . 229
’5 u':- 'II' 'J' .v ./ ■