‹ La Picardie historique et monumentaleChapitre 28 sur 109 · Arch. di‘ la fabr. St-Gcrmain, compte de · texte numérisé non relu

Arch. di‘ la fabr. St-Gcrmain, compte de

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(51 Arch. de la fabr. St-Cfermain, compte de 169179^.

(fl) (ioze. Rues ii'.\iiiii‘/is. Ht, 15,5.

17) Oüze. Riu-s J’Aiiiic'i:s. Il, iii ; Itl, 1.59.

le (Conseil municipal d'Amiens vota l'acquisition des dix échoppes pour le prix de 8.964 tr., et dans celle du 12 mai i855, il adoptait en principe le projet de restauration du monument. Les travaux furent conduits et dirigés avec le plus

grand soin par M. Henry Antoine, notre confrère, alors architecte de la ville, et qui en confia 1 exécution à M. \'ast-Gaillet, et, après la mort de celui-ci, à M. Guénard, tous deux entrepreneurs des travaux de la cathédrale et formés, par ViolIet-le-Duc, à la restauration des monuments du Moyen-Age. La dépense totale pour la restauration du gros œuvre, s'est élevée à 270.000 fr., dont les deux tiers furent fournis par la ville d'Amiens, et le troisième au moyen de dons volontaires recueillis par MM. Solente et Daveluy, successivement curés de St-Germain. Exécutée lentement, au fur et à mesure des ressources, la restauration ne fut terminée qu'en 1877.

Nous avons dit que l’église était dans le plus déplorable état. Les voûtes, entièrement déformées, menaçaient une ruine prochaine, 011 les relit presque

entièrement, en ayant soin de réemployer les clefs et les nervures chaque fois que cela était possible ; quelques clefs furent refaites en s'inspirant des anciennes. Lors de travaux de décoration , on avait habillé les piliers du chœur de boiseries derrière lesquelles l'humidité s'accumulant avait entièrement rongé la pierre qu il fallut remplacer à plusieurs endroits ; d'autres piliers, notamment dans la nef, abimés par d'autres causes, durent être repris en sous-œuvre. Enfin, pour raccorder l'ancien ouvrage avec le nouveau et pour faire disparaître les traces de badigeon et d'autres légères avaries, l'église fut entièrement ravalée à l'intérieur.

A 1 extérieur, tous les pinacles qui ornaient les contreforts, toutes les balustrades, étaient complètement effrittés à la surface et s'en allaient en poussière : tout a été remplacé ; plusieurs arcs-boutants ont été consolidés, d'autres presque entièrement refaits, des tirants en fer sont venus à leur aide pour parer à

1 écartement des voûtes. On refit des remplages à plusieurs fenêtres qui n en

avaient plus.

Le clocher qui penche vers le Nord d'une façon très sensible, avait produit en faisant son mouvement, entre la masse de la construction et lui, une déchirure profonde qui a été bouchée et ne s'est pas renouvelée depuis, (ij De plus, toute la maçonnerie de la partie haute de la tour, y compris les ouïes et la flèche en charpente en entier, emt été refaites, (^uant aux combles des bas-côtés, ils furent entièrement supprimés et remplacés par des terrasses zinguées.

1 els sont en résumé, d'après les renseignements gracieusement • communiqués par M. Antoine (2), les principaux travaux qui furent alors exécutés.

(..omme elle se comporte actuellement, l'église Saint-(jermain, orientée à peu près de 1 ouest à i est, mesure hors œuvre 43 m. de longueur, depuis le grand portail jusqu au fond du chevet; dans sa plus grande largeur, c'est-à-dire à la nef et au transept, elle porte 19 m. et 16 m. au chœur, qui est sa partie la plus étroite, soit une superficie totale d'environ 765 m., non comprise la saillie des contreforts.

toute entière conçue dans le style gothique flamboyant, elle présente dans son ensemble une grande homogénéité, bien qu’elle n'ait pas été construite absolument d un seul jet, ainsi que nous l’avons vu, mais les époques auxquelles ont été élevées ses différentes parties ont été assez rapprochées pour que le même plan d'ensemble ait pu être parfaitement suivi.

(t) Cette lézarde exL'^tait déjj'i du temps de Pa^és (1, 9SI.

(z) M. .\nt(jine a aussi , (gracieusement mis à notre disposition scs relevés d'après lesquels ont été faits les dessins qui accompagnent cette notice.

ii8 —

l-’llc comprend une nef large de (S m. d'axe en axe des piliers, danquéc d un bas-côté mesurant au sud 3 m. 12 de large de Taxe des piliers au nu intérieur de la muraille ; celui du nord, le long des quatre travées qui suivent le transept, est de même largeur que le premier, mais dans la partie qui le précède, il a sans doute été rélargi par la suite et porte 6 m. 5o. Lin transept large de 8 m. 5o d'axe en axe des piliers, partage la nef en deux parties égales : la première, qui lorme la nef proprement dite, comprend quatre travées larges chacune de 4 m. 25 d'axe en axe des piliers, sauf la plus voisine du grand portail, qui n a de largeur que 2 m. 75, du nu du mur de façade à l'axe du pilier le plus voisin. Le cheeur renferme trois travées de meme largeur que celles de la nef, plus une abside peu profonde à cinq pans, dont deux parallèles. Nous avons vu que les collatéraux se prolongent le long du cheeur, y compris la travée parallèle de l'abside, avec laquelle iis communiquent par une arcade semblable aux autres, mais plus étroite, 2 m. 75 seulement. A cet endroit les bas-côtés se terminent carrément, en sorte que l'église, avant l'élargissement du bas-côté nord de la nef, formait un tout parfaitement symétrique, un carré long divisé exactement par son milieu par un

transept, avec trois travées égales, plus une plus petite de part et d'autre, les trois pans de l'abside faisant seuls saillie à l'extérieur.

La dernière travée du bas-côté, à droite et à gauche de l'abside, forme chapelle,

de même que le saillant formé par la différence de largeur entre le croisillon nord

et le collatéral du chœur du même côté.

Remarquons en passant que la façade principale, qui suit l'alignement de la rue Hasse Saint-Lermain, n'est pas absolument d'équerre.

.A l'angle nord de cette façade s'élève le clocher, en grande partie enclavé

aujourd'hui dans le bas-côté nord de la nef, mais étant entièrement hors œuvre avant l'élargissement de celui-ci. Il ne fait sur la façade occidentale qu'une très légère saillie.

Il est facile dès maintenant de se rendre compte de la partie suivant laquelle l'église a été agrandie en 147S : l'acte du 3o octobre 1487 pour l'ascenccment des logettes est parfaitement clair. Ln prenant 55 pieds depuis une petite maison « faisant le coing d'une petite ruelle qui maisne derrière le canchel de ladicte église », on a juste l’espace compris entre les cinq piliers buttants de l'église depuis l'angle est de la façade méridionale, jusqu'au transept exclusivement. C'est donc exactement le chœur qui fut construit alors sur l'emplacement des maisons acquises vers 1470, et qui constitue le " nœuf ouvrage » dont il est parlé dans la pièce précitée.

Il est probable que la construction de la nef, dont malheureusement on ne connaît pas la date, avait dù précéder de bien peu de temps celle du chœur, car il est impossible, nous l'avons dit, de découvrir soit dans l'ensemble, soit même dans la décoration, des différences notables entre ces deux parties de l'édifice, au point que, si l’on n'avait pas les textes, on pourrait à peine se douter que l'église n'a pas été élevée d'un seul jet : il y a meme dans le plan général une régularité telle et une si parfaite symétrie, qu'on doit supposer qu'il était déjà arrêté dans son ensemble dès la construction de la nef, et que, dès ce moment, l'acquisition des maisons pour l'agrandir était sinon déjà faite, du moins décidée en principe. Il faut donc croire que. vers le milieu du x^•'' siècle, c'est-à-dire dans la période de paix qui marqua la lin du règne de Lharles \’II, on se sera décidé à construire une église de dimensions plus vastes que la précédente, laquelle remontant sans doute à une époque fort ancienne, serait devenue insuffisante pour la population : on aura commencé par élever la nef sur l'emplacement de l'ancienne

église, réservant à plus lard, lorsqu’on aurait de nouveaux tonds, la construction du chœur.

Cette première partie de l'église devait pourtant être terminée, ou à peu près, vers 1455, car, à cette époque, l'église fut dotée d'un orgue assez considérable, et en 1457, d'une chaire à prêcher ; il faut croire que c'était précisément pour meubler le nouvel édifice, car il est difficile d'admettre que l'on aurait placé des meubles si importants dans une église qui allait être démolie.

Il faut observer la manière dont ie transept est percé de deux grandes fenêtres séparées à l'extérieur par un contrefort exactement de même épaisseur que ceux des bas-cotés, et qui ne paraît pas avoir une bien grande utilité. vSi nous nous transportons à l'intérieur, nous verrons entre ces deux mêmes fenêtres s'élever un pilier engagé exactement semblable à ceux des bas-côtés de la net, lequel, arrivé à environ i m. au-dessus de l'appui des fenêtres, s'arrête brusquement. On l'a terminé de nos j(Hirs par un cul de lampe supportant une statue. Ce transept se trouve donc divisé en deux parties exactement de même largeur chacune qu'une travée de bas-côté (4 m. 25). Ces considérations nous portent à penser que ce transept n'appartient pas au plan primitif, et qu'en 1478, ayant eu la facilité d'élargir un peu vers le nord à la hauteur des deux dernières travées de la partie de l'église déjà construites, le maître de l'œuvre n'aura rien trouvé de mieux que d’y placer un transept, qui avait de plus l’avantage de couper agréablement par son milieu, une nef un peu trop longue pour sa largeur. (h>mme on ne pouvait pas empiéter sur la rue Saint-fiermain, on se sera contenté, par économie, de conserver de ce côté le mur d'appui, le glacis et les assises inférieures des fenêtres des deux dernières travées du collatéral converties en transept, en prolongeant ces fenêtres jusqu'à la hauteur de la maîtresse voûte, le pilier intérieur n'ayant plus aucune utilité restant interrompu ; du côté du nord, pour éviter aussi de nouvelles coupes de pierres, en même temps que pour conserver la symétrie, on aura reculé de quelques mètres l'appui des fenêtres tel qu'il était, en le terminant de la même manière que l'autre.

Remanjuons combien ce plan est heureusement combiné pour ne pas perdre un pouce d'un terrain précieux resserré entre trois rues, un cimetière et des maisons, formant en tout un parallélogramme extrêmement étroit pour sa longueur ; les bas-côtés ont été prolongés jusqu’à l'extrémité du chœur, ne laissant d'autre saillie que celle aussi peu prononcée que possible des trois pans de l'abside. Alin de ne pas donner à la nef l'aspect d'un long boyau, le maître maçon a sacrifié le bascôté qui a été réduit à la plus petite largeur possible. Dans d'autres régions on l'aurait supprimé complètement, et avec raison à notre avis ; mais les habitants du nord de la France ne paraissent pas avoir jamais eu beaucoup de goût pour les églises d'une certaine importance à une seule nef.

(ic plan très bien conçu pour reU’et architectural, n’eiait cependant pas celui auquel les maîtres maçons des xv*-' et xvi'-' siècles s'arrêtaient principalement pour les églises paroissiales dans lesquelles ils cherchaient autant que possible à se rapprocher du plan carré, de manière à grouper les auditeurs auprès de la chaire, comme par exemple, pour ne pas sortir d'Amiens, dans l'église Saint-Leu de cette ville et probablement aussi dans les anciennes églises de Saint-Remi, de Saint-Michel, de Saint-Mariin-au-Bourg et dans d'autres encore. Ici. on était commandé, il faut le dire, par la forme du terrain. Le transept placé juste au milieu de l'église, donne au chœur une trop grande importance relative, qui, justifiée dans une église cathédrale, collégiale ou monastique, est absolument inutile dans une église

paroissiale, dont le clergé est toujours assez restreint, si bien que ce chœur a dù être de bonne heure, comme il I est encore de nos jours, envahi par les paroissiens.

L élargissement du bas-côté nord de la nef a dû être fait à une époque assez voisine de la construction de l'église, car il porte exactement les memes caractères architectoniques. C'est à croire que, comme nous avons vu qu'il avait dû être fait pour le transept, on aura tout simplement reculé le mur extérieur jusque sur 1 alignement du transept nord, et qu'on aura seulement recouvert l'espace ainsi élargi par des voûtes neuves. Plusieurs documents des archives de la fabrique, font allusion à des terrains acquis dans le courant du xvi' siècle aux alentours de 1 église et à des travaux assez considérables faits à cette époque, mais ils ne nous paraissent pas assez explicites pour préciser exactement les travaux auxquels ils font allusion, et on ne peut pas dire s'ils se rapportent plutôt à des ouvrages faits à 1 église elle-même, qu'au cimetière, au presbytère ou aux sacristies. M. Guérard présume cependant que l'élargissement dont nous parlons n'aurait eu lieu qu'après 1 acquisition faite par la fabrique en iSSSjSg de la maison du Plat d'argent, l'acte disant expressément qu'elle l'avait été pour l'augmentation et eslargissement de la fabrique (i). » Mais une délibération de l'échevinage d'Amiens rendue sur la requête des marguilliers et paroissiens de Saint-Germain, ne laisse aucun doute sur l'usage que ceux-ci entendaient faire de l'emplacement de la susdite maison qui venait d être détruite par un incendie : par ladite requête, ils demandaient l'autorisation d en taire « ung chimetière pour inhumer les corps des petitz enffans d'icelle paroisse 12). » D'ailleurs, comme nous le verrons plus loin, le Saint-Sépulcre placé dans une petite chapelle ajoutée aux flancs de ce bas-côté élargi, porte la date de i5o6. Faisons enfin observer que le mot fabrique employé dans l'acte de i558/5g, n'a jamais eu le sens restreint que lui donne M. (}uérard. Il a toujours désigné un édifice entier ou un ensemble d'édifices, mais jamais, à notre connaissance « la partie de 1 église où le peuple se rassemblait, et dans laquelle les administrateurs de la fabrique exerçaient leurs fonctions », c'est-à-dire la nef. C'est précisément au contraire parce que le conseil de fabrique avait la charge de l'entretien des édifices paroissiaux, autrement dit de la fabrique, qu'il en a pris son nom, mais ce n'est pas lui qui a donné son nom à telle ou telle partie de l'église (3). Nous serions très fortement inclinés à croire, pour notre part, que cet élargissement du bas côté nord aurait été tait en même temps que le transept lui-même, c'est-à-dire de 1478 à 14S6.

foute l'église est voûtée sur croisées d'ogives simples qui s'élèvent à environ 14 m. a la net, et à 9 aux bas-côtés. Seule la voûte du carré du transept est augmentée de liernes et de tiercerons. Le profil des nervures, à peu près partout semblable, même dans la partie élargie du bas-côté nord, est extrêmement remarquable. D un équarissage très étroit et allongé, il se compose d'un boudin avec méplat a la partie inférieure, d une large platebandc et d'une petite gorge en quart de cercle. Les ogives ne sont que le diminutif des doubleaux. Doubleaux et ogives sont en cintre brisé. Les archivoltes des fenêtres tiennent lieu de formerets; celles-ci, également en arc brisé, ont leurs clefs placées un peu plus bas que celle des doubleaux et des ogives.

Toutes les clefs de voûtes sont sculptées.

(U .4rch. de la fabr. St-Germ. Inventaire de 1641, entes E I. II, 3, 4, 5, 0 et H VUI à E XII. au compte de 1640-41, f" 14, v”.

(2) Échevin. des 27 juillet et 26 octobre 1559. .\rch. de la v. d'Amiens, BB 32, fol. [28 v® et 183.

(3) Voy, Ducange, vbo Fabn'ca.

Nous mentionnerons particulièrement celles des bas-côtés du chœur, ornées pour la plupart de sujets sculptés à personnages, d'un excellent style et d’une exécution parfaite. Les deux premières de chaque côté représentent les quatre évangélistes, chacun debout ou assis devant un pupitre et accompagné de l'animal ailé qui le symbolise : du côté nf)rd, saint Mathieu, avec un homme ailé, et saint Jean, avec une aigle; du côté sud, saint Luc avec un bœuf, et saint Marc avec un lion (mutilé). Sur

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