‹ La pierre de toucheChapitre 11 sur 295 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

FRÉUKRIQUE.

Un secret... même pour Spark?... Il est pourtant discret.

SPIEGEL

Il s'agit de savoir si vous aimez votre cousin.

FRÉDÉRIQUE

Singulière question, mon ami! Je serais bien ingrate de ne pas l'aimer. C'est son père qui m'a recueillie et élevée ; quand il est mort, il m'a dit : « Je te lègue à Frantz. » Je suis venue à Munich, et Frantz m'a fait une place dans son cœur et à son foyer.

SPIEGEl,.

Ne fallait-il pas vous laisser dans la rue ? Frantz n'a fait là que le devoir d'un parent.

FRÉDÉRIQUE

Et pour vous, Spiegel, était-ce aussi le devoir d'un parent? car vous avez votre part dans le bienfait : vos deux pauvretés se sont cotisées pour recueillir l'orpheline.

SPIEGEL

Pardieu ! quand il n'y a pas pour deux, ça n'est pas plus ruineux d'être trois.

Mais ce dont je serai f >ernellement reconnaissante, ce qui me touche au fond du cœuf , depuis que je suis en âge de réfléchir et de comprendre, c'est la ùignité que vous avez mise tous deux dans votre existence déjeunes gens, par respect pour votre fille. Votre maison d'artistes est devenue maternelle dès l'instant que j'y ai posé le pied, comme si le tapage de votre jeunesse était sorti par une porte tandis que j'entrais par l'autre.

SPIEGEL

C'est là ce qui vous acquitte et au delà envers nous. Vous avec installé ici l'ordre et le travail ; votre innocence s'est

emparée du' logis, et nous nous sommes mis à marcher sur la pointe du pied comme dans la chambre d'un enfant qui dort.

FRÉDÉRIQUE

Comment donc ne vous aimerais-je pas, et que veut dire votre question ?

SPIEGEL, à part.

C'est vrai que ma question...

FRÉDÉRIQDE.

C'était là le grand secret que Spark ne peut pas entendre?

SPIEGEL, à part.

Ah ! une idée, (Haut.) Écoutez Frédérique, Frantz est bien triste ; il a un chagrin.

FRÉDÉRIQUE

Et lequel, mon Dieu ?

Il est amoureux.

FRÉDÉRIQUE

Amoureux ! lui?.,. Non, c'est impossible !. ..

SPIEGEL

D'une femme qu'il ne peut pas épouser, parce qu'il est trop pauvre.

FRÉDÉRIQUE

Est-ce lui qui vous a dit qu'il était amoureux ?

SPIEGEL

Oui, tout à l'heure. '

FRKDIÎRIQUE.

Il vous l'a dit? Alors, c'est donc vrai !

SPIEGEL

Qu'y a-t-il là d'étonnant ?

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