‹ La pierre de toucheChapitre 173 sur 295 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les Mêmes, PAULIN E, en chapeaa, outrant par le fond. LE MARQUIS.

Vous arrivez bien, ma nièce; nous parlions de voire strass et nous nous étonnions des progrès de la chimie.

PAULINE, dtant son chapeau et son ch&le, au fond de la scène.

Le fait est qu'on imite le diamant à s'y. méprendre.

le MARQUIS.

Montrez-nous donc cette rivière?

PAULINE

Je ne l'ai plus... je l'ai renvoyée au marchand.

LE MARQUIS

Pourquoi donc?

PAULINE

Madame m'a fait comprendre que la comtesse de Puygiron ne pouvait pas porter de bijoux faux,

LA MARQUISE

On vous tend un piège, mon enfant.

HENRI

Ma tante !

LA MARQUISE

Non, je ne veux pas qu'on la pousse plus avant dans son petit mensonge. Nous savons que vos diamants sont fins.

PAULINE

Ah!... eh bien, j'avoue...

LE MARQUIS

Que vous ne les avez pas renvoyés au marchand?

PAULINE

Mon Dieu, si! j'ai craint que ma ruse ne se découvrit... et j'ai mis fin à cet enfantillage ridicule.

HENRI

Combien le marchand vous a-t-il pris?

PAULINE

Rien du tout.

HENRI

Rien du tout?

PAULINE

Sans doute.

HENRI

Pas même la valeur de cette perle !

n la lui montre.

PAULINE, à part.

Ciel! (Haut.) Je voulais vous cacher... je comptais payer sur mes économies...

HENRI

Où demeure-t-il?

Ne vous eu occupez pas, je m'en charge.

ACTETROISIEME 269

HENRI

Où demeure-t-il?

PAULINE

Mais, monsieur, cette insistance...

HENRI

Répondez sans chercher de subterfuges î

PAULINE

Que soupçonnez-vous donc?

HENRI, avec éclat.

Je soupçonne que ces diamants vous ont été donnés par M, de Beauséjour.

PAULINE

Oh! Henri!

LA MARQUISE

Vous outragez votre femme !

HENRI

Si je me trompe, qu'elle me dise l'adresse du marchand, et je vais m'assurer sur-le-champ...

PAULINE

Non, monsieur, je ne descendrai pas à me justifier. Vos soupçons ne méritent pas que je les dissipe. Croyez tout ce qu'il vous plaira.

HENRI

Vous oubliez que vous n'avez pas le droit de le prendre de si haut.

PAULINE

Pourquoi, s'il vous plaît? Je vous défie de le dire.

HENRI

Vous m'en défiez?

LE MARQUIS

Tu es fou, mon ami. Ta femme a tort de s'obstiner dans une cachotterie puérile, j'en conviens; mais, que diable! pense donc à l'infamie dont tu l'accuses.

LÀ MARQUISE, à Pauliae.

Ayez pitié de cet insensé, mon enfant ; ôtez-lui cet horrible soupçon.

PAULINE

Non... madame... non, je ne dirai pas un mot.

HENRI

Misérable ! — Elle s'est vendue !

LE MARQUIS

Henri, votre conduite est indigne d'un gentilhomme. Demandez pardon à votre femme.

HENRI

Ah ! c'est à vous que je dois demander pau"don... Cette

femme, c'est Olympe Taverny! (Le marquis reste atterré, immobile; la marquise près de lui, Pauline à droite de la scène, Henri à gauche. — Henri s'approchant de son oncle et mettant un genou en terre.) Pardonuez-moi,

mon père ! pardonnez-moi d'avoir déshonoré le nom que vous portez! d'avoir consenti aux impostures de cette femme, d'avoir souillé votre chaste maison de sa présence !

LE MARQUIS

Je ne vous connais plus !

LA MARQUISE

Il l'aimait alors! il la croyait digne de nous, puisqu'il la croyait digne de lui... Ce mariage a été la faute de son enfance et non le crime de son honneur... Ne le repoussez pas, mon ami, il est bien malheureux !

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