ACTE PREMIER
FRANTZ
Tu ne vois guère loin, mon ami!
SPIEGEL
Ah! oui^ les enfants, n'est-ce pas? Tes enfants feront comme nous; ils se porteront liien sans se douter qu'ils sont pauvres... C'est l'âge riche, l'enfance!... S'ils ne mangent que pour dix kreutzers par jour, ils dormiront pour cent mille florins par an, et, quand ils seront grands, parbleu! ils travailleront. — Qu'en pensez-vous, Frédérique?
FRÉDÉRIQL'E.
Je suis de votre avis, Spiegel : nous sommes riches puisque nous sommes jeunes.
FRANTZ
Eh bien, donc, à la grâce de Dieu! Mon amour sera aussi courageux que le tien, chère Frédérique. Bien fou qui sacrifie sa jeunesse à sa vieillesse ! Mangeons notre bonheur en herbe, de peur de la grêle.
SPIE6EX.
Va, va, c'est une plante vivace qui repousse du pied.
FRATTTZ, à Frédérique.
Dans huit jours, tu seras ma femme.
FaÉOÉniQUE.
Bon Spiegel!...
SPIEGEL, à part.
Eh bien,... j'ai un poids de moins sur la poitrine.