‹ La pierre de toucheChapitre 235 sur 295 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les Mêmes, JOULIN, entrant par la droite. JOULIN.

Deux mots, Philippe.

PHILIPPE, à Hubert, sur la porte.

Va, je suis sur tes talons.

Hubert sort, Philippe rentre en scène.

Quelle mine hignbre !

JOULIN.

Ah ! mauvaise nouvelle !

PHILIPPE

Comment ! n'est-il pas sûr que l'adversaire appelle ?

JOULIN.

Si fait, mais il a phs le bâtonnier.

PHILIPPE

Tant mieux !

Le combat en sera d'autant plus glorieux, Et, vainqueur ou vaincu, l'honneur de cette lutte Achève de poser un homme qui débute.

JOULIN.

Oui, mais votre client, vous craignant inégal A ce rude jouteur, a pris Léon Duval.

Philippe s'assied accabla.

Courage, mon ami, courage ! ce déboire Des jeunes avocats est la commune histoire. Le coup est difficile à porter, c'est certain ; Mais c'est votre jeunesse et non vous qu'il atteint.

PHILIPPE, se relevant violemment.

lia jeunesse! — Quand donc finira ma jeunesse?

JOULIN.

Cela n'empêche pas qu'on ne vous reconnaisse Un vrai talent; on sait tout ce que vous valez, Et c'est pour mieux sauter qu'ici vous reculez.

PHILIPPE

Non! ne me leurrez pas de fausses espérances. Faites-moi nettement le bilan de mes chances. J'ai besoin de savoir juste à quoi m'en tenir.

JOULIN.

J'ai foi dans votre force et dans votre avenir.

PHILIPPE

Vous ne répondez pas.

JOULIN.

Que voulez-vous qu'on dise?...

C'est vrai; ma question est vague. Je précise :

Supposez que l'on m'offre une position

\ia dehors du Palais... l'administration,

Par exemple ; au barreau faut-il que je renonce?

JOULIN.

Vous l'offre-t-on?

PHILIPPE

Je dois rendre aujourd'hui réponse.

JOULIN.

Eh bien, n'hésitez pas, acceptez haut la main.

PHILIPPE, avec angoisse.

Je n'ai donc nul espoir de faire mon chemin?

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