ACTE QUATRIÈl^E
MATHILDE
Il n'attend pas de toi grande félicité,
S'il croit la trop payer d'un peu de pauvreté.
HUBERT
Qu'il s'explique. S'il t'aime et sans toi ne peut vivre, C'est lui qu'il faut sauver des combats qu'il se livre ; Et, s'il n'est pas au fond autrement amoureux. C'est toi qu'il faut sauver d'un espoir dangereux.
UAXHILDE.
L'occasion, d'ailleurs, vient sans qu'on la commande : De monsieur Maniignon soumets-lui la demande, Comme une sœur qui cherche un conseil fraternel, Certe, à sa loyauté ce n'est point faire appel ; Tu laisses à son choix entière latitude. Et ne contrains par là que son incertitude.
HUBERT
Sil te dit d'accepter ou refuse conseil,
— C'est tout un, n'est-ce pas, en un sujet pareil? —
Tu sais sur quoi compter, tu sais quel parti prendre.
SIATUILDE.
L'instant est bien choisi pour rompre sans esclandre, Notre départ étant pour ce soir arrêté.
HUBERT
Au lieu de ne passer chez nous qu'un mois d'été. Tu restes, tout est dit; et, si quelqu'un y songe. Madame Huguet se charge aisément d'un mensonge.
CYPRIENXE.
Vous êtes bons tous deux :
HUBERT
Nous te consolerons I Ce sera du malheur, si dans nos environs
374 LA JEJQNESSE.
Il ne se trouve pas quelque brave jeune homme
Plus noble au fond du cœur que ton faux gentilhomme.
CYPIUENNE.
Je ne me marîrai jamais, mes bons amis ; Je mourrai près de vous, si cela m'est permis,
A Matbilde.
Et laisserai mon bien à ta petite Edmée, Afin qu'elle soit riche assez pour être aimée! Mais nous calomnions peut-être mon cousin.
HLBIÎRT.
Hum! nous verrons bientôt.
LA. CUISINIÈRE, eatre-bàillant la porle de di'oite.
Voici monsieur Joulin.
MAiniLOB.
Qu'il entre.
A Hubert.
Reçois-le.
A Cyprienne.
Viens achever nos caisses.
ULBERT.
Enfant! je vois des pleurs dans ces yeux que tu baisses. Du courage!
CYPRIENNE
J'en ai..., mais laissez-moi pleurer.
Elle «ort avec Mathilde par la gaucha.